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Euthanasie : Ma vie, mon choix ?

Euthanasie : Ma vie, mon choix ?
La rédac'

L’Euthanasie. Ce mot effraie autant les médecins que les hommes et femmes politiques, tous deux pour les même raisons : le refus catégorique de l’envisager ou l’omerta qui règne chez ceux qui y voient une forme de dignité.

Que ce soit dans une réunion politique ou un congrès de médecins, impossible d’en parler sans provoquer un débat passionné et idéologique.
C’est d’abord  la réalité de la mort qui se pose comme première barrière psychologique, la fatalité que nous avons tous tendance à taire ou dissimuler. Car décider de l’instant de sa mort, c’est la rendre réelle  et la conceptualiser en nous forçant à imaginer la seconde qui suit : et après ?
Inutile de développer ici les barrières religieuses qui sont évidentes, transcendant plus ou moins chaque débat de ce genre  – ou si l’on ne peut évoquer une barrière religieuse à proprement parler, il y a la sacralisation de la mort que les influences judéo-chrétiennes ont laissé dans notre société – et ses représentants, tels Christine Boutin, qui oppose un refus catégorique de l’envisager en appelant à la barrière infranchissable entre la médecine et le sacré, argument déjà utilisé au temps de Simone Weil et son projet de droit à l’avortement ainsi que pour des débats plus contemporains comme les lois de bioéthiques. On note également la réticence lié à la peur de l’abus.
Entre les personnes fragiles susceptibles d’être trop vite classées « euthanasiables » et la paranoïa du politique et son «  ils vont en abuser », il semble assez compliqué pour les législateurs et le corps médical de trouver une définition commune de l’euthanasie et de ses limites légales. Cependant, dans le présent, la réalité est représentée par cette phrase souvent entendue dans les familles : «  oui, nous l’avons aidé à partir sereinement ». Traduction : injection intra-veineuse d’un mélange de phénergan, largactil et dolosal. Une euthanasie déguisée sous un doux euphémisme, relativement répandue mais impossible à chiffrer, omerta oblige.
De toutes les différentes définitions de l’euthanasie que l’on trouve à travers l’histoire, c’est l’euthanasie compassionnelle qui est plébiscitée dans le débat public, celle qui pourrait être opposée au déni de souffrance auquel feraient face les malades qui souffrent malgré les opiacés, ainsi que les patients qui ne veulent pas atteindre ce stade de la maladie et veulent mourir avec un corps et un état psychologique encore digne.Nous pouvons distinguer cinq réactions face à un mourant ou un malade incurable :- la limitation ou l’absence de traitement de soin ou de réanimation,- l’administration de calmants à des doses plus concentrées que la normale, ce qui accélère éventuellement le décès,- l’arrêt des appareils de survie (respirateur ou rein artificiel par exemple),- le suicide assisté,- l’injection médicale d’une substance mortelleDans la plupart des cas, les trois premières options font consensus. C’est sur les deux dernières que le débat fait rage, avec d’un côté les religieux et les associations qui prônent l’unique solution des soins palliatifs, comme Christine Boutin et l’association SFAP.
De l’autre, les médecins progressistes et l’association ADMD (avec son appel retentissant des 132 de janvier 1999, paru dans France Soir) soutenu politiquement par Jean-Luc Romero.George Thomson, Linus Pauling et Jacques Monod, trois prix Nobel, signaient avec  37 autres médecins, universitaires et hommes de foi un manifeste qui parut dans The Humanist, et dont la traduction fut publiée par Le Figaro le 1 juillet 1974 :« Nous affirmons qu’il est immoral de tolérer, d’accepter ou d’imposer la souffrance. Nous croyons en la valeur et en la dignité de l’individu. Cela implique qu’on le traite avec respect et qu’on le laisse décider raisonnablement de son propre sort… En d’autres termes, il faut fournir le moyen de mourir  » doucement, facilement  » à tous ceux qui sont atteints d’un mal incurable ou de lésions irrémédiables, à ceux qui sont parvenus au dernier stade. Il ne peut y avoir d’euthanasie humanitaire, sauf celle qui provoque une mort rapide et sans douleur et qui est considérée comme un bénéfice pour l’intéressé. Il est cruel et barbare d’exiger qu’une personne soit maintenue en vie contre son gré et qu’on lui refuse la libération souhaitée, quand sa vie a perdu toute dignité, beauté, signification et perspective d’avenir. […] Nous croyons que la conscience morale est suffisamment développée dans notre société pour se permettre d’élaborer une règle de conduite humanitaire pour ce qui est de la mort et des mourants »
Par ailleurs, le sujet contient une question philosophique importante : l’être humain possède-t-il un droit de mort sur lui-même ?Ce sera aux hommes et femmes politique de trancher, à plus forte raison maintenant que la France est présidée par François Hollande, qui a été élu sur la base d’un programme qui comporte la proposition 21 : « Je proposerai […] que toute personne puisse demander […] à bénéficier d’une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité ».
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La rédac'

Comments

  1. Thomas

    L’euthanasie, sujet particulièrement épineux…
    Un patient doit pouvoir décider de sa fin de vie (contrairement aux idées religieuses nous sommes propriétaires de notre corps) mais la question des dérives se posent étant donné qu’en Belgique (pays où est légalisé l’euthanasie) celles-ci sont présentes.
    Maintenant autre problèmes, les médecins. Étant étudiant en médecine, des professeurs et médecins ont traité ce sujet. Certains médecins ont déjà pratiqué l’euthanasie et à force ne ressentent plus rien à la mort d’un patient qu’ils ont provoqué. Un médecin qui peut « tuer » un patient sans rien ressentir n’est ce pas inquiétant ?
    Pour finir, le serment d’Hippocrate, prêté par chaque nouveau médecin énonce clairement quele médecin ne doit attenter à la vie de ses patients (« Je ferai tout pour soulager les souffrances. Je ne prolongerai pas abusivement les agonies. Je ne provoquerai jamais la mort délibérément. »).
    Je suis néanmoins pour l’euthanasie du moment que le cadre légal soit strict et très contrôlé et qu’un médecin soit en droit de refuser d’euthanasier un patient si cela va à l’encontre de ses principes. Qui plus est la médecine palliative ne doit pas s’effacer au profit de l’euthanasie.

    Et bonne continuation à ce jeune site d’information !

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