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[Conte] « Refonder l’école », éternelle utopie ?

[Conte] « Refonder l’école », éternelle utopie ?
Laure
  • On 8 juillet 2012

Il était une fois une petite fourmi qui travaillait dur pour pouvoir survivre. Pendant que son amie la cigale chantait et que l’écureuil recueillait ses provisions, elle se préparait pour affronter la dure loi du monde en obtenant le titre suprême de reine fourmi. Mais les reines fourmis elles-mêmes essayaient de la décourager car ce titre ne valait rien dans le monde sauvage. Une jambe humaine peut les écraser sans même s’en rendre compte. La petite fourmi était découragée mais ayant un esprit combattant, elle ne lâchait pas l’objectif qu’elle s’était fixé. Et effectivement, elle obtint le précieux sésame et put effectuer le travail qu’elle s’était fixé.

Mais malheureusement, l’égalité des chances face à la survie n’existe pas. Alors que les Lions se pavanent au soleil, les fourmis travaillent sans repos. Alors que les Lions ne trouvent que peu d’hostilité dans la jungle, les fourmis risquent de perdre la vie à chaque seconde. Le simple fait de naitre fourmi les désavantage pour la vie. On les pousse à obtenir le titre de reine fourmi pour cacher leur impuissance mais en réalité quoi qu’elles fassent, elles n’ont pas les moyens de survivre.

Un jour l’esprit de la jungle décida de réunir un représentant de chaque race animal afin de pouvoir réorganiser de manière plus juste la formation des animaux face à la survie. L’esprit avait des rêves en tête et pensait pouvoir trouver une organisation optimale de la répartition des chances face à la survie. Mais la réalité en a fait autrement, les animaux puissants face à la survie n’avaient aucun intérêt à permettre à ce que les animaux plus faibles deviennent plus résistants. De plus, les animaux les plus fragiles n’avaient pas les moyens de peser dans le choix étant donné leur pouvoir faible. Au terme de ce dialogue, l’esprit des animaux était dépité. Il n’avait pu décider que de mesures faibles qui pouvaient seulement redonner espoir aux animaux en cachant la réalité de l’injustice mais en ne résolvant rien au problème de fond.

Il autorisa les fourmis à désigner plus de reines pour s’organiser, il interdit les lions d’avoir plus de trois rois de tribu. Mais le problème subsistait. La possibilité de faire face au futur était un peu meilleure mais l’inégalité de chances au départ persistait.

L’aboutissement décevant du débat créé par l’esprit n’avait finalement rien de surprenant. Il avait peur de perdre son pouvoir s’il prenait trop de décisions. Et malgré sa volonté plus fermement établie qu’auparavant de réunir les représentants des animaux pour s’accorder tous ensemble, afin de réformer le système de survie animal, rien ne changeait par rapport aux réunions précédentes. Même si les rassemblements antérieurs étaient moins représentatifs du système de survie, la réflexion plus démocratique établie par l’esprit en réunissant tous les représentants des animaux n’aboutit à rien tant le consensus était impossible.

La morale de cette histoire est que les fourmis continueront à risquer leur vie chaque seconde alors que les lions se la couleront douce comme ils avaient l’habitude de faire auparavant.

Le status quo en matière de survie des animaux est semblable à celui trouvé dans les discussions sur l’éducation au cours des années précédentes. Vincent Peillon a lancé une concertation sur l’éducation jeudi dernier à la Sorbonne. Et si la volonté de prendre une décision collégiale après une concertation élargie est bonne, il semble peu probable que les changements profonds soient opérés tant les intérêts des différents acteurs sur le sujet divergent et tant la peur des conséquences de réformes profondes a toujours été présente chez les ministres de l’Education.

 

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Comments

  1. pandoramaruis

    Bien imagé et une vérité qui malheureusement se confirme a chaque instant.

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