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Super-héros : patch anti-crise ?

Super-héros : patch anti-crise ?
Hugo Travers

Aujourd’hui, le monde n’est plus tant en crise économique mais plutôt en pleine crise « iconomique ». Faute de nouveaux modèles à suivre, on remet au goût du jour les hommes masqués, les millionnaires philanthropes et les mutants bienfaiteurs. Pourquoi ? Spiderman a dit : « Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. » Cette maxime est devenu un hymne chez les super héros que le public voudraient sûrement retrouver chez ses politiques. Décryptage d’un phénomène générationnel qui en dit long sur l’état actuel de notre société.

Qui sont-ils ?

L’affiche du dernier Spiderman, sorti en juillet

Hormis dans le dernier Batman, le super-héros n’a pas de réels problèmes financiers. On ne le voit jamais entrer dans une banque, sauf si celle-ci menace d’exploser, il ne semble pas avoir le temps de manger ou de s’acheter des vêtements. Bref, il est humanoïde mais pas vraiment humain. Il ne semble pas se préoccuper des besoins primaires et matériels qui régissent beaucoup la vie de son public. Et cela fait rêver : le héros ne vit pas d’amour et d’eau fraîche mais d’adrénaline et de sentiments, ce qui n’est pas très coûteux. Ces derniers temps, trois grandes catégories de super-héros séduisent le public. Le millionnaire (Batman, ou Iron man ), l’étudiant insouciant et génétiquement modifié (Spiderman) et enfin l’animal ou le demi-dieu exclu de notre société (Thor ou Hulk). A côté de ça les femmes, elles, sont d’agiles voleuses : Black Widow ou Catwoman ont en commun de splendides combinaisons ultra-moulantes qui révèlent simplement une grande sensibilité, je vous rassure. Elles sont belles mais aussi intéressées qu’inintéressantes. Les femmes semblent, elles, faire cas de l’argent : la dernière Catwoman de « Batman Rises », voleuse émérite, est séductrice d’hommes fortunés. Si l’homme trouve donc justice aux yeux du public, la femme super-héros, elle, ne fait pas rêver.

Pourquoi font-ils rêver ?

Le super-héros est donc avant tout un concept. Mais un concept bien agité, qui rêve, qui se

Batman, l’autre super-héros de l’été

surpasse et surtout qui se bat pour des idées. Ce qui semble de plus en plus rare et surtout de moins et moins glamour dans la réalité fait frissonner dans les films. Les super-héros, s’ils ne sont pas toujours humbles, sont toujours engagés. Qu’ils se battent contres des monstres extraterrestres, des fous ou l’ordre établi parfois, ils affrontent avant tout les préjugés. Ils luttent pour une vision juste du monde. Cela les amène à se frotter à des politiciens véreux, des forces de l’ordre bornées. Dans Batman – The Dark Knight Rises, le jeune inspecteur de police finit par jeter son insigne au-dessus du pont de Brooklyn et va enfiler son futur costume de super-héros. Robin se dévoile au grand jour après avoir tourné le dos à l’armée et à la politique. Le super-héros se place au dessus de la justice, des hommes politiques et de la corruption. La loi, il la fait seul et sans se fier aux système en place car partout il permet aux «méchants» ennemis de se soulever. Le public est aussi un brin nostalgique, surtout le public américain qui a trouvé en Captain America un super-héros digne de ses instants de gloire. Dans « The Avengers », Colson, un général de l’armée, déclare à Captain America : «  Les gens ont besoin d’un modèle, de nostalgie avec ce qui arrive actuellement ». En fait, le public veut voir des gens exceptionnels se sacrifiant pour faire avancer le monde à leur place.

Finalement, le super-héros qui évolue souvent en période de crise dans les Comics, séduit dans les mêmes conditions dans la vraie vie. Fatigué de la politique, des envolées des prix du pétrole et des conflits, quand le peuple souffre, qu’il n’a plus de repère, que fait-il ? Il se réfugie dans l’imaginaire, c’est bien connu. Les super-héros sont des vendeurs de rêves, des patch anti-crise.

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Hugo Travers

Fondateur de Radio Londres, lycéen de 17 ans, curieux insatiable.

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