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[Opinion] La visite de l’inspecteur d’académie

[Opinion] La visite de l’inspecteur d’académie
Christophe

Rappelez vous de vos années d’école, souvenez vous de ce rituel traditionnel français : la visite en classe d’un inspecteur de l’académie.

Déjà, une semaine auparavant, le professeur des écoles, fébrile, nous annonçait la venue d’une personne extérieure à l’établissement afin de voir si tout se passait bien dans la classe. Il nous demandait alors d’être nous-mêmes, mais pas trop, en tentant de nous faire comprendre que cette visite était importante pour lui, qu’il avait confiance en nous, que nous ne ferions pas de bêtises.

Il était alors drôle de voir, selon les années et les profs, les enjeux qui se tramaient derrière cette inspection : certains , sûrs d’eux, n’y voyaient qu’une forme de reconnaissance de l’Etat et la possibilité d’améliorer leurs méthodes. Beaucoup plus souvent, une pression insidieuse consistait à mettre en balance le confort de l’élève tout au long de l’année et son comportement lors de la venue de l’inspecteur, « si vous donnez une mauvaise image de moi, pourquoi vous ferais-je progresser? ».
Puis le grand jour arrivait, une classe mieux rangée, un professeur endimanché, des sourires empreints de fermeté, et un cours globalement plus tenu, jusqu’au remerciement le lendemain pour notre comportement exemplaire, en quelque sorte on a aidé notre prof à « gruger ».

 

Au-delà de la nostalgie d’un souvenir d’enfance anodin se cache le plus grand mal de l’Education Nationale : aucune remise en question des professeurs dans leur professionnalisme.
Cet état de fait, qui subsiste depuis des décennies, a laissé s’installer une très forte dévalorisation du corps professoral, attirant les candidats qui ne voient en l’Education nationale que les horaires et les vacances. Ainsi, vous vous souviendrez aisément d’un prof de CM2 et oublierez la moitié des profs de terminale tant ils furent médiocres.
Oups, que n’ai-je pas dit là : « un prof médiocre » comment osais-je ! Avez vous remarqué cette omertà sur les mauvais profs alors qu’ils sont légion en France. On ne peut pas dire qu’un professeur est incompétent sous peine de souffrir du poids de toute une institution qui le protégera coûte que coûte (même en cas de pédophilie mais, ça, c’est autre chose).

 

Or , c’est le problème de l’Education nationale, trop de professeurs sont mauvais (pas tous, mais certains) et trop peu de moyens sont mis en œuvre pour les contrôler et les remettre en cause. Il y a largement assez de moyens, tant en termes financier, humain, que matériel, on connaît les bonnes méthodes, mais elles sont plus dures à faire appliquer.
Il s’agit d’un réel problème de volonté, pas celle de l’Etat, mais celle d’un corps enseignant qui se complait dans l’excuse d’un manque de moyens, d’un système politique défaillant ou de parent laxistes, mais des enfants sortent analphabètes du CM2 depuis des générations et sous divers gouvernements. Concrètement, il est temps que l’Education nationale se regarde dans un miroir et fasse une analyse objective de ses fondements.

 

En fait, l’ironie de cette histoire est que le seul corps habilité à juger, noter, influencer l’avenir de nos enfants est le seul corps qui n’a pas à être noté, jugé et réformé dans ses méthodes.

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Christophe

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Comments

  1. Toerdas

    Attention, attention, summun de la nov-langue, depuis le 1er février dernier, les Inspecteurs d’Académie n’existent plus, ils sont devenus des DASEN, Directeur Académique des Services de l’Education Nationale.

    Ca change tout quand même!

    Et en fait, ils n’ont pas de mission d’inspection, ils ne sont que des gestionnaires.

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