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[Opinion] Du Bac à la Fac, plus qu’un fossé

[Opinion] Du Bac à la Fac, plus qu’un fossé
Yann H.

Quelle dure épreuve que l’arrivée dans le monde des études supérieures pour les étudiants. Pour preuve, la première année dans le supérieur enregistre des taux de réussite plutôt décevants. Que ce soit en faculté de médecine – où sa simple réputation suffit à en décourager plus d’un – la faculté de droit, d’histoire ou d’art appliqués, moins d’un étudiant sur deux passe en deuxième année. Selon l’Observatoire National de la Vie Étudiante, 30 % des étudiants repiquent leur première année, 16,5 % choisissent de suivre une autre voie et 6 % arrêtent totalement l’enseignement supérieur. Et ces chiffres varient encore en fonction des baccalauréats passés. « Les principales « victimes » de l’échec en Licence sont les bacheliers technologiques et professionnels. Ainsi, plus de neuf bacs pros sur dix inscrits sortiront sans diplôme ! ». Des chiffres bien tristes quand on sait comment les professeurs du secondaire mettent dans la tête des lycéens l’importance d’avoir le Bac, qui n’est, aujourd’hui, qu’une clé pour pouvoir entrer dans le monde du supérieur.

On touche déjà un premier problème : l’orientation et la pédagogie dans le secondaire. En effets, les futurs étudiants sont mal préparés par leur enseignants à ce ‹‹ nouveau monde ››. L’objectif principal de tout établissement est que ses petits lycéens obtiennent leur Baccalauréat – tout ça pour atteindre les quotas du ministère de l’Education qui tournent autour de 80 % de réussite. Tout lycéen a déjà entendu cette phrase de la bouche d’un adulte : ‹‹ sans Bac, on ne peut rien faire de nos jours ››. Ce n’est pas faux, mais n’oublions pas qu’aujourd’hui, avec le Bac, peu de possibilités leur sont ouvertes, si ce n’est s’inscrire dans le supérieur. Rappelons-nous qu’il y a vingt ans, il était possible de trouver du travail avec le Baccalauréat. Maintenant, à part pour faire des Big Macs, rares sont les entreprises à engager une personne sans qualification, avec uniquement le Bac comme diplôme. La valeur de ce diplôme a donc bien changé, et en un laps de temps relativement court.

Une Bibliothèque Universitaire de Marseille

L’autre problème est l’énorme fossé qui existe entre une année scolaire de terminale et une première année de Licence, et qui leur est pour la plupart du temps, totalement inconnu. Déjà dans la quantité de travail à fournir, la différence est flagrante. Pour l’un, faire le minimum syndical, c’est à dire ‹‹ être attentif en cours et faire ses devoirs ›› suffisait à avoir la moyenne – et donc, si l’on suit la logique, le Bac – pour l’autre, c’est des cours magistraux où l’on passe plus souvent beaucoup de temps à essayer de noter, sans vraiment comprendre, ce que le professeur explique. A côté de cela, il faut aussi s’investir dans un travail personnel conséquent, avec des recherches parfois très approfondies, des devoirs relativement important malgré tout, et où il ne faut pas appréhender les heures passées à la bibliothèque.

Depuis que la gauche est arrivée au pouvoir, on entend souvent parler d’une ‹‹ réforme du système scolaire ››, mais pour l’instant seules quelques propositions plutôt partagées au sein de la population française sont sorties du ministère de Vincent Peillon. Malgré tout, une idée plutôt intéressante s’en démarque : la mise en place d’une ‹‹ année 0 ›› pour tous les départements afin que les étudiants puissent acquérir les connaissances et méthodes nécessaires pour l’Université. Simple expression ou idée en préparation ? Aucune précision n’a été publiée depuis. À vous, Monsieur le ministre de l’Education.

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Yann H.

Étudiant en Histoire et passionné par l''actualité, l'histoire de demain. Seulement un maillon du relai de l'information.

Comments

  1. Jean-Luc Botto

    C’est du délire!
    Il est suicidaire de retarder de plus en plus l’entrée dans la vie active des étudiants. Les années universitaires sont déjà ridicules en durée et rajouter une année de plus ne fera que privilégier les étudiants ayant suffisamment d’argent pour survivre pendant toutes ces années.
    Le problème est pourtant simple: le taux d’échec faramineux de la première année de fac est tout simplement la conséquence du niveau insuffisant des étudiants lors de leur entrée à la Fac, conséquence logique de la démagogie ambiante qui a supprimé toute sélection pendant le collège et le lycée.
    Résultat des courses: des diplômes qui ne servent plus à rien, une sélection par l’argent et un ascenseur social en panne! Bravo, continuez.

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