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Entretien avec Pierre Larrouturou, du Collectif Roosevelt 2012

Pierre Larrouturou
Hugo Travers

C’est à l’occasion de la soirée en soutien à la Grèce organisée par Mediapart que Radio Londres a eu la chance de rencontrer Pierre Larrouturou, économiste et l’un des fondateurs du Collectif Roosevelt 2012. L’occasion d’en savoir plus sur les objectifs et les ambitions de ce collectif, qui compte déjà plus de 100 000 membres ! 

 

« Ce qui se passe en Grèce est absolument dramatique, que ce soit la fermeture de la télé publique, ou l’état des hôpitaux, ou l’état du chômage, il y a des milliers de Grecs qui quittent le pays tous les mois parce qu’ils n’ont plus de quoi vivre. Ce qui se passe en Espagne, en Italie ou au Portugal n’est pas beaucoup mieux et quand on voit que même en France qu’il y a tous les mois 40 000 chômeurs en plus et 80 000 personnes qui tombent dans la pauvreté, on ne peut pas se résigner.

Si on a crée le Collectif Roosevelt 2012 il y a un an avec Stéphane Hessel, Edgar Morin et plein d’autres, c’est que l’on se dit qu’il faut vraiment que la gauche ouvre les yeux sur la gravité de la situation et qu’elle fasse une autre politique.

 

Vous avez été reçu par Jean-Marc Ayrault plusieurs fois… Pensez-vous que ces rencontres vont avoir une influence sur la politique menée par le gouvernement ?

 

Le but du Collectif Roosevelt est d’informer les citoyens, nous sommes plus de 100 000 aujourd’hui et on fait des débats aux quatre coins du pays pour permettre aux citoyens de comprendre la crise et de comprendre les solutions. Et puis, on fait aussi du lobbying. Oui, je suis allé trois fois à Matignon en quinze jours, j’y retourne la semaine prochaine. On a présenté nos idées à Jean-Marc Ayrault, on a vu ses conseillers et en même temps on fait quatre jours de grève de la faim, peut-être cinq, devant l’Assemblée. Nous sommes 1 300 en France à faire cette grève de la faim pour montrer aux politiques que ce qui se passe est très grave. Après, il faudrait que d’autres jeunes s’engagent. On est déjà 100 000 mais on serait content s’il y avait plus de jeunes qui s’engagent. Quand on nous dit que les jeunes seront une génération sacrifiée, moi je n’ai aucune envie que mes enfants soient une génération sacrifiée.

 

On peut faire bouger les choses. Etre citoyen, ce n’est pas simplement voter une fois tous les cinq ans. Le mur de Berlin est tombé parce que des citoyens sans importance, des citoyens comme vous et moi se sont mis debout. Si l’on avait attendu que les hommes politiques fassent tomber le mur de Berlin, il serait encore là. Ce sont des centaines, puis des milliers d’hommes et de femmes, de jeunes et de vieux qui se sont dit « Ce système est insupportable ». Aujourd’hui, nous sommes dans un système insupportable et il est temps que l’on se réveille.

 

La bonne nouvelle, c’est qu’il existe des solutions. Dans le Collectif Roosevelt, nous nous sommes  mis d’accord sur quinze solutions concrètes pour sortir de la récession, pour créer plus de deux millions d’emplois même si la croissance ne revient pas. Prenez donc le temps de réfléchir et rejoignez-nous, il nous faut être plus nombreux !

 

Vous avez été critiqué au sein du Parti Socialiste ces dernières semaines. Est-ce finalement une bonne solution de rester au PS, lorsque vous voyez la prise de position du gouvernement et de François Hollande ? 

 

Le Collectif Roosevelt rassemble des gens du Modem, du Front de Gauche, en passant par EELV et le Parti Socialiste mais aussi des personnes qui sont dans aucun parti. On a des gens qui sont chefs d’entreprise et on a des syndicalistes. On a des patrons et on a des chômeurs. Et c’est une de nos forces : de montrer que des patrons, des chômeurs, des banquiers et des syndicalistes, des gens du Front de Gauche et du Modem peuvent être d’accord sur quinze solutions concrètes. Après, moi je suis au Parti Socialiste, je ne sais pas si je resterai éternellement… C’est vrai que ça a été assez violent il y a trois semaines lorsque nous étions dans la rue devant l’Assemblée pour montrer les limites de la croissance, et ça n’a pas été apprécié par tout le monde mais ce n’est pas grave, ça veut dire que le débat est lancé. Encore une fois, quand Stéphane Hessel me disait « Bravo pour tout ce que tu fais », je lui disais « Attend tu rigoles ! Vous, vous avez pris d’autres risques ! ». Nous, on se fait engueuler, alors qu’il y en a qui se sont battus pour la liberté de façon beaucoup plus dangereuse.

 

Le PS n’est donc pas le sujet. Au lieu d’attendre un homme providentiel ou en disant « On a voté pour lui mais on est déçu… », Il faudrait que l’on soit plus nombreux à prendre une heure ou deux pour réfléchir, et s’engager un peu plus. »

 

Si vous souhaitez rejoindre le Collectif Roosevelt 2012 ou bien tout simplement en savoir plus, cliquez ici.

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Hugo Travers

Fondateur de Radio Londres, lycéen de 17 ans, curieux insatiable.

Comments

  1. Milan Karell

    « Le Collectif Roosevelt rassemble des gens du Modem, du Front de Gauche, en passant par EELV et le Parti Socialiste »

    Et même quelques sarkozystes !

    Par exemple Cyrille Emery, ancien rédacteur en chef adjoint de la revue Le Moniteur.

    Voici ce qu’on peut lire sur son blog :

     » j’ai décidé de signer le manifeste « Rossevelt 2012″. Suis-je devenu
    socialiste ? Non ! J’ai simplement pris conscience que notre vie
    démocratique interne doit s’incliner devant l’urgence. Les élections
    présidentielle et législatives sont passées. Il ne s’agit plus de
    l’avenir de l’UMP ou du PS, mais de l’avenir de la France. »

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