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Municipales 2014 à Saint-Fargeau-Ponthierry : « J’ai un bilan, une équipe et un projet » (1/2)

Municipales 2014 à Saint-Fargeau-Ponthierry : « J’ai un bilan, une équipe et un projet » (1/2)
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À la veille des élections municipales, Radio-Londres a choisi de vous emmener non pas à Paris, à Forbach ou à Bordeaux, mais à Saint-Fargeau-Ponthierry. Ville « rurbaine » – selon les propres termes du maire – de 13 000 habitants, Saint-Fargeau-Ponthierry voit s’affronter Lionel Walker (PS), maire sortant depuis 1995, face à Jérôme Guyard (liste UMP-UDI), conseiller municipal d’opposition et candidat malheureux des municipales de 2008.

Ces deux dernières semaines, les deux candidats ont répondu aux questions de Radio-Londres. Installé sur son siège de maire, Lionel Walker est le premier à y avoir répondu.


Comment pouvez-vous expliquer que Jérôme Guyard vous reproche d’avoir augmenté des impôts déjà élevés quand vous déclarez que les taux d’imposition sont restés fixes depuis 11 ans ?

Tout simplement parce qu’il dupe les Féréopontains ! La loi de Finance 2011 du gouvernement Fillon a décidé le glissement de la taxe professionnelle du département vers la commune. Par conséquent, les taux que nous appliquons augmentent, mais ce n’est pas notre décision. Qui plus est, toutes les communes attestent cette augmentation ! Et encore, sans augmentation réelle pour les habitants, puisque c’est un glissement. Les impôts communaux n’ont pas augmentés, mais, et c’est là que la confusion est entretenue savamment par l’opposition, les impôts locaux, oui. Dans ceux-ci, il y a les impôts décidés par la région, le département, l’intercommunalité, mais pas par le Conseil Municipal.

 

L’Espace Culturel des 26 Couleurs, projet critiqué par l’opposition pour son coût de fonctionnement plus que par sa nature, coûte 720 000 € par an selon M. Guyard. N’est-ce pas démesuré face aux attentes des habitants ?

Ah, la culture… Sujet qui clive la gauche et la droite à tous niveaux. Quand on informe dans une campagne, il faut être juste. L’Espace Culturel coûte plus de 700 000 € par an, c’est vrai. Mais combien nous rapporte-t-il ? Presque 300 000 € l’année dernière. Alors évidemment, nous essayons de réduire au maximum les dépenses de fonctionnement, mais toute dépense dans ce domaine est bénéfique pour notre commune.

 

Comment m’expliqueriez-vous le projet « Pack en Seine » que vous avez récemment lancé ? Une sorte de « pôle de compétitivité de l’impression » ?

Saint-Fargeau-Ponthierry a été, en son temps, un grand lieu de l’impression et du papier-peint (NDLR : la ville est surnommée « Ville des 26 Couleurs » en rappel à la première machine à impression à 26 couleurs, inventée ici). Le but n’est pas nostalgique, il est plutôt de s’axer vers les métiers d’avenir dans l’impression. 18 milliards d’euros de chiffre d’affaire en Europe sont créés dans les secteurs de l’héliogravure et de la flexographie. Créer un centre de formation pourvoyeur de jeunes diplômés, auprès duquel viendrait se greffer des entreprises – quelques 2 000 actives en France – me pense être dans la dynamique de je veux insuffler à Saint-Fargeau-Ponthierry. Et c’est là que le Centre Culturel nous rapporte, car il a permis de rentrer en contact avec le milieu.

 

Aujourd’hui non desservie par des lignes de bus régulières, est-ce que Saint-Fargeau-Ponthierry n’aurait pas à gagner à se rapprocher de la communauté d’agglomération Melun Val de Seine, ce que préconise l’opposition ?

À terme, oui. Saint-Fargeau-Ponthierry ne peut pas rester à deux sur le long terme. Mais pas à n’importe quel prix. Il y aurait beaucoup de questions à régler, notamment celle de la fibre optique, sur laquelle je me suis engagé à la délivrer à chaque habitant de ma commune, celle des impôts, de la gestion… Aujourd’hui, le projet de l’agglomération melunaise n’est pas le mien, donc les négociations sont possibles, mais par un accord bénéfique aux deux parties.

 

La question du Centre Municipal de Santé semble être le marqueur de vos différences avec l’opposition. Quel est votre projet concernant celui-ci ?

Vous avez raison d’évoquer ce problème : Jérôme Guyard a toujours voté contre l’installation de médecins généralistes, gériatres, psychologues… Nous disons qu’il faut développer une politique de santé efficace, qui lutte contre la désertification médicale. Je pense qu’ouvrir une permanence de soins, pour permettre de désengorger les urgences des simples « bobos », serait une bonne solution pour permettre aux habitants de ne pas avoir à se déplacer pour se soigner.

 

Selon le candidat de l’opposition, l’insécurité aurait explosé dans la ville, que vos précédentes mandatures n’ont pas su mener une politique efficace contre celle-ci. Quelles sont aujourd’hui vos mesures pour rétablir la sécurité des Féréopontains ?

Tout d’abord, la problématique ici, notamment sur l’ex-Nationale 7, c’était la sécurité routière. Nous avons ici été efficaces, en aménageant les ronds-points, les routes. Aujourd’hui, chaque endroit qui a vu mourir quelqu’un sur la route a été aménagé. De l’autre côté, les cambriolages ont augmentés dans notre commune, c’est vrai, mais c’est avant tout un problème national. C’est pour cela que je pense qu’il n’est pas inutile de placer des caméras de surveillance dans les endroits sensibles, tels que le marché, les commerces, les zones à risques. S’il est vrai que j’en fais un point important, je n’en fais pas la solution à tout.

 

La réforme des rythmes scolaires, appliquée à Saint-Fargeau-Ponthierry dès la rentrée 2013, n’a-t-elle pas été bâclée, hâtée, comme l’affirme le candidat de l’opposition ?

Très belle réforme. Organiser les temps les plus performants pour l’apprentissage des savoirs, plutôt que de les cumuler sur des temps où l’enfant n’est plus performant. Après, cela coûte et je le comprends. Mais quoi de plus beau que d’engager les moyens nécessaires dans une cause aussi belle que la réussite de l’avenir. Nous étions déjà appliqué un certain nombre d’ateliers périscolaires – arts plastiques, philosophie, … –, mais il est vrai que c’est une réforme compliquée à mettre en place. Je ne pouvais pas m’imaginer l’inimaginable. 25% des enfants pris en charge en périscolaire l’ont été sans inscription préalable, et donc les éducateurs se sont retrouvés débordés. Donc, une belle réforme, de l’argent bien placée, la réussite au bout du chemin : il y a mieux ?

Ne pensez-vous pas que, malgré les enjeux locaux qui priment, l’impopularité du gouvernement vous porte préjudice dans les résultats de cette élection ? Enfin, êtes-vous confiant ?

J’ai formé une liste formée de personnes qui croient, premièrement, en un projet. Je ne suis pas un candidat de parti, j’ai seulement pris ma carte au PS depuis 2012. Alors oui, je suis de gauche et je ne le cache pas, ce sont des projets auxquels je crois. Mais je suis surtout confiant car j’ai les capacités de bien gérer cette ville. Tout d’abord, j’ai un bilan, dont je suis plutôt fier. Il n’y a qu’à prendre deux photos 1995 – 2014 pour voir le chemin accompli. J’ai une équipe, rassemblée et unie. J’ai enfin un projet, innovant et dans la continuité, qui saura je l’espère et je pense, convaincre les Féréopontains.

 

Propos recueillis par Steve Domer, pour Radio-Londres.

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Steve Domer

Responsable de la rubrique Politique. Étudiant à Sciences Po, amoureux de musique rock, cinéphile de temps à autre.

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