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Conflit israélo-palestinien : l’hypothétique cessez-le-feu

Conflit israélo-palestinien : l’hypothétique cessez-le-feu
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Depuis les années cinquante, les nationalismes arabe et juif forment le ciment d’un conflit territorial qui dure depuis sept décennies. Le Proche-Orient est devenu la poudrière du monde. Aujourd’hui, même si le Hamas y semble plus réticent que Benyamin Netanyahou, les récents affrontements entre la bande de Gaza et Israël peuvent aboutir à un cessez-le-feu. Prémisses d’un apaisement ou illusion d’une résolution ?

 

Roquettes palestiniennes versus raids israéliens

 

L’équilibre fragile qui s’était installé entre le Hamas à Gaza et l’État d’Israël est aujourd’hui rompu. Aux roquettes du Hamas, Israël a répondu par des raids aériens. Mais la portée des frappes palestiniennes a pris de court Israël : des roquettes ont été tirées en direction de Tel-Aviv et de Jérusalem en représailles des attaques israéliennes. Les offensives du Hamas n’avait jusqu’alors jamais été capables de parcourir d’aussi longues distances. À l’origine du conflit, l’enlèvement puis le meurtre de trois jeunes israéliens en Cisjordanie le 12 juin dernier par des militants du Hamas. La découverte des corps de ces jeunes victimes a exacerbé la colère des Israéliens, à tel point que des extrémistes juifs sont même allés jusqu’à kidnapper puis assassiner un palestinien en représailles. Mais ces affrontements sont encore une preuve du caractère asymétrique de ce conflit qui dure depuis des années. D’un côté, les roquettes palestiniennes tirées depuis Gaza sont pour la plupart interceptées par le système de protection israélien Dôme de fer ». De l’autre, les tirs israéliens sont beaucoup plus précis et aboutissent à de frappes réelles et meurtrières.

Tristement, on peut relever un seul bilan de ce début de conflit : depuis le 8 juillet, date de la contre-offensive israélienne, près de 350 palestiniens ont perdu la vie, alors que moins de dix israéliens ont été victimes de ces affrontements. Le soir du lundi 14 juillet, l’Égypte a proposé un cessez-le-feu entre le mouvement islamiste gazaoui et le gouvernement israélien. Israël a accepté la proposition, tandis que le Hamas a rejeté catégoriquement l’idée d’un cessez-le-feu, exigeant des actes symboliques de la part d’Israël, tel que la levée du blocus de la bande de Gaza, en place depuis 2007.

Après une trêve de quelques heures où les Gazaouis ont pu sortir dans les rues, les frappes ont mécaniquement repris des deux côtés, continuant d’alourdir le bilan de ces rivalités qui perdurent depuis déjà des années. Après dix jours de conflit, Israël passe de l’air à la terre et a lancé des opérations terrestres au soir du jeudi 17 juillet, dont l’objectif est de détruire l’arsenal palestinien et d’empêcher l’acheminement d’armes dans la bande de Gaza.

 

Une solution introuvable

 

Yitzhak Rabin, Bill Clinton et Yasser Arafat (OLP) lors des accords d’Oslo en 1993

Si la situation au Proche-Orient a toujours été tendue et complexe, à certains moments pourtant, un processus de paix a été mis en œuvre. En effet, en 1993 les dirigeants palestinien et israélien de l’époque, Yasser Arafat et Yitzhak Rabin, se rencontrent à la Maison Blanche sous l’égide de Bill Clinton. Les accords stipulaient une plus grande autonomie des territoires palestiniens à Gaza et en Cisjordanie, jusqu’alors sous l’autorité du dirigeant de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP).

Et c’est là que tout change. Car le succès du Hamas, groupe islamiste radical, en 2006 entraîne de facto le contrôle de la bande de Gaza par le mouvement islamiste. Ainsi, les accords d’Oslo ont toujours été rejetés par le Hamas. La prise de pouvoir du Hamas sur Gaza au détriment de l’OLP a ainsi provoqué la mise en place d’un blocus israélo-égyptien humain et matériel sur la bande de Gaza, alors que l’Égypte est au premier abord un allié des populations arabes.

Hors, le Hamas n’est pas prêt à reconnaître l’État d’Israël en tant que tel, dans ses frontières actuelles, comme indiqué dans la Charte du Hamas. Si l’OLP semble prête à discuter avec Israël et à emprunter un chemin de paix, le Hamas est quant à lui moins prompt à être conciliant avec le gouvernement israélien.

Une situation de cessez-le-feu retardera la reprise d’attaques aériennes de la part des deux parties, comme ce fut le cas lors des vaines trêves de 2006, 2009 et 2012. La reprise des attaques a inlassablement radicalisé les positions tant du côté du Hamas que du côté d’Israël, Benyamin Netanyahou allant même jusqu’à déclarer : « Quand il n’y a pas de cessez-le-feu, notre réponse est le feu ».

Ces points de vue radicalisés et parfois biaisés entraînent des réactions disproportionnées et incongrues, parfois même en dehors des frontières du Proche-Orient, à l’instar des slogans et actes antisémites ayant eu lieu lors de manifestations pro-palestinienne.

Sous mandat de l’ONU il y a déjà soixante-dix ans, le territoire israélo-palestinien est aujourd’hui devenu irrémédiablement la poudrière du monde, aux proies des nationalismes les plus violents et en proie à de perpétuelles nouvelles attaques fratricides.

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Steve Domer

Responsable de la rubrique Politique. Étudiant à Sciences Po, amoureux de musique rock, cinéphile de temps à autre.

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