Image Image Image Image Image Image Image Image Image Image
Scroll to top

Top

No Comments

Adhérent de l’UMP, on m’empêche de voter

Photo : Thomas Samson. AFP
Steeven Murat

En cette période électorale au sein de l’UMP, Steeven Murat, militant, dénonce l’absence de démocratie au sein de sa famille politique : son témoignage.

 
 

Après la démission de Jean-François Copé en juin 2014, j’ai décidé de reprendre ma carte à l’UMP. Ainsi, le 12 juin, je me suis rendu à la permanence de l’UMP au Havre où j’ai rempli un bulletin d’adhésion sur lequel j’ai inscrit mon adresse mail, ouverte sur Yahoo.

 

Quelques jours avant le scrutin interne à l’UMP, je me suis étonné de ne pas recevoir par voie postale mes identifiants pour voter sur Internet. Je me suis donc rapproché de la Haute Autorité de l’UMP pour l’en aviser. Elle m’a rassuré en me disant que je pourrai récupérer mes identifiants le jour du vote par le biais de l’adresse mail que j’avais renseignée le jour de mon adhésion, en prenant le soin de me préciser qu’il s’agissait de : « [email protected] ». Je méconnais cette adresse. Je me suis donc interrogé auprès de mon interlocuteur. Nul n’a été en mesure de trouver d’où venait l’erreur et l’on m’a indiqué qu’en tout état de cause il n’était guère possible de modifier l’adresse mail. La Haute Autorité d’ajouter que je ne pourrai pas voter le jour J.

 

Je me retrouve donc avec une cotisation acquittée et une impossibilité de voter. Au début, j’ai cru qu’il s’agissait d’une simple coquille. Néanmoins, il est incontestable que la fausse adresse, tellement différente de la vraie, a été substituée volontairement.

 

Considérant que l’UMP violait son propre règlement intérieur et la loi « liberté et informatique » du fait qu’il était impossible de modifier mes données personnelles, j’ai décidé d’engager une action en justice, devant le Tribunal administratif de Paris, qui a rejeté ma demande en se déclarant incompétent pour connaître de ce litige.

 

Dont acte. Je n’ai pas perdu une once de ma détermination. Je me suis directement déplacé au siège de l’UMP, où j’ai menacé de m’adresser aux journalistes qui se trouvaient devant le bâtiment si on ne m’accordait pas un entretien avec la Haute Autorité. J’ai senti un peu de frémissement. Et s’est déroulé alors un spectacle de guignols où l’on m’a demandé de patienter 15 minutes. Durant mon attente, j’ai vu Luc Chatel, secrétaire général de l’UMP et je l’ai interpellé pour l’entretenir de mon cas. Il m’a écouté bien sagement, jusqu’au moment où j’ai donné mon nom. De manière particulièrement mal élevée, ce qui est le comble quand on a été ministre de l’Education nationale, il a tourné les talons et a demandé à un agent de sécurité de me sortir du siège, comme-ci, moi, étudiant en droit bien sage, j’étais un terroriste. Je ne me suis pas rebiffé. J’ai suivi. Ma détermination n’était toujours pas atteinte. À chaque fois qu’un membre de la Haute-Autorité arrivait, je l’interpellais. Visiblement angoissé par l’idée que je sois devant l’UMP à dénoncer la fraude dont j’ai été la victime, un salarié m’a, de nouveau, demandé de rentrer dans les locaux, où j’ai rencontré des membres de la Haute-Autorité.

 

Cet entretien s’est passé dans des conditions assez stupéfiantes. On m’a d’abord indiqué qu’il était possible que j’aie perdu le courrier avec mes identifiant. Malgré la copie de mon bulletin d’adhésion qui mentionne ma bonne adresse mail, un salarié de l’UMP a remis en cause ma bonne foi, tandis qu’un membre de la Haute Autorité m’expliquait qu’il se pouvait que l’UMP ait failli et que si cela était avéré, elle m’adresserait une lettre d’excuses après l’élection. Et le vote ? Toujours pas possible…

 

La Haute Autorité m’a indiqué que de toute façon je ne représentais qu’une voix et que le scrutin n’en serait pas bouleversé. Dois-je rappeler que l’élection interne de 2012 s’est jouée à moins de 100 voix ? Et la Haute Autorité de contre argumenter que cette fois-ci ça ne se jouerait pas à un différentiel aussi faible. Mais, qu’en sait-elle ?

 

Il m’a également été reproché d’avoir « insulté » l’UMP en m’exprimant dans les colonnes du journal « Médiapart » la veille. L’UMP serait-elle devenue une zone de non-droit ?

 

En tout état de cause mon cas, qui est loin d’être isolé au regard de ce que je lis dans les journaux et sur les réseaux sociaux, fait peser un doute certain sur la sincérité et la régularité du scrutin interne à l’UMP.

The following two tabs change content below.

Steeven Murat

Adhérent de l'UMP, passionné de politique, étudiant en Droit à Paris Descartes.

Derniers articles parSteeven Murat (voir tous)

Submit a Comment