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De doux et mérités adieux

De doux et mérités adieux
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Review Overview

Note sur 10 :
7.5
7.5

Mélodieux et remarquable

Un dernier album réussi de la part d'un groupe mythique. Savoureux et mélodieux comme il le fallait et comme on l'attendait.

En lumière et en douceur ; c’est ainsi que s’éteint Pink Floyd, avec un ultime album, The Endless River. Le groupe de rock progressif a choisi un album instrumental pour rendre hommage à son défunt claviériste Richard Wright. Un délicat épilogue à une carrière de près de soixante ans.

 

 

Multiples visages

 

Honnêtement, critiquer un album comme celui-ci n’est pas facile. Ce n’est pas un album classique. Il est à la fois un hommage, un point final et une œuvre en elle-même.

Une chose est certaine sur cet album : il s’écoute d’une traite. Aucune chanson singulière ne ressort de cet album – et c’est à la fois remarquable et dommageable. Cet album n’est pas une collection de chansons, mais une ambiance, pour lui-même. À vrai dire, c’est cela l’essence d’une œuvre : un album est une histoire, c’est un tout, non pas une collection.

Il faut aussi dire que l’esprit de Rick Wright est définitivement présent à chaque instant de l’album. Les nappes de clavier, les voix calmes, une guitare apaisante… L’hommage est là, Nick Mason et David Gilmour font cela remarquablement bien et c’est fascinant. Cela frappe dès la première écoute s’il on connaît la discographie du groupe. En effet, l’album est formé de maquettes enregistrées par Wright, mais aussi de chansons composées par Gilmour et Mason en la mémoire de Wright.

 

The Endless River n’est pas un intrus dans la discographie du groupe. Cet album complète The Division Bell à merveille ; l’esprit est le même, toujours aussi reposant, profond, lié et apaisé. Évidemment, il n’y a pas les sonorités des années soixante-dix, pas de chansons monumentales, de solos de guitare grandioses. L’atmosphère du groupe est néanmoins toujours là, l’album enveloppe simplement les oreilles, merveilleusement même. Un moment apaisant, rempli d’histoire, de symboles, où il n’y a que la musique et soi, un moment simple et doux.

Comme toujours avec ce groupe, je ne peux qu’être satisfait. Cette musique est douce, c’est un moment particulier, où l’on se retrouve avec soi-même. Rien n’est en trop, tout est juste ; rien à enlever, rien à retirer.

 

 

Multiples attentes

 

Si l’album est très agréable, il y a comme un goût de trop peu en l’écoutant. C’est certain, l’album n’apporte rien de neuf, ni au style du groupe ni à sa discographie. Il est difficile d’être surpris, tout a déjà été entendu. C’est subtil, comme d’habitude avec Pink Floyd, c’est beau et pur, mais l’album en lui-même ne réussit pas nous donner plus. Il n’y a pas d’histoire inédite, pas de singularités qui rendraient l’album réellement intéressant.

Mais était-ce vraiment ce que le groupe recherchait ? Avec une œuvre complète comme la leur, après avoir expérimenté, inventé, déconstruit et fomenté tant de choses en quinze albums tous uniques en leur genre, fallait-il s’efforcer de faire à deux quelque chose de neuf quand ni Barrett, ni Waters, ni Wright n’étaient là ? Après tant de choses, je comprends qu’on puisse attendre beaucoup, surtout après dix ans d’absence. Mais il faut bien voir les choses telles qu’elles sont : Rick Wright n’est plus, rien ne pouvait plus être pareil.

 

Pink Floyd restera tel qu’il est, cet album le prouve bien. Cette atmosphère unique et propre au groupe demeurera. The Endless River n’est pas une œuvre comme on peut l’attendre ; c’est un adieu, c’est un hommage. Une belle et douce manière de mettre fin à une longue histoire qui n’avait plus lieu de continuer. Alors évidemment, des déceptions émergent ; mais elles sont bien vides de sens, selon moi.

Il ne reste qu’un style, le leur, imprégné de longueurs, de sobriété, de douceur. Bel épilogue pour un groupe qui a su se réinventer et résumer son histoire en un peu plus de cinquante minutes, tout en magnifiant les claviers du temps de Rick Wright. Et qu’est-ce que c’est bon de faire ressentir ces choses-là sans aucunes paroles – mise à part la chanson « Louder Than Words », unique single de l’album.

 

 

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Steve Domer

Responsable de la rubrique Politique. Étudiant à Sciences Po, amoureux de musique rock, cinéphile de temps à autre.

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