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Mutilator Defeated At Last, la dernière pépite des Thee Oh Sees

Mutilator Defeated At Last, la dernière pépite des Thee Oh Sees
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Review Overview

Note sur 10 :
8.5
8.5

Rassurant, surprenant, intelligent

Les Thee Oh Sees signent un excellent album, presque monumental. Un album qui ne laisse pas indifférent, qui étonne, qu'on réécoute et qu'on aime aimer.

Le groupe californien Thee Oh Sees revient ce mois de mai avec un nouvel album, Mutilator Defeated At Last. Analyse d’un disque paradoxal, classique et novateur à la fois, livrant une très bonne surprise.


 

Thee Oh Sees est un groupe de rock psychédélique qui ne laisse pas indifférent – comme beaucoup du même genre en fin de compte. La discographie du groupe est une véritable mine d’or pour les amoureux de lourdes guitares, de solos aux balancements binaires et d’énergie débordante. Depuis 2003 et leur premier album, le groupe américain est ultra-productif : il a publié pas moins de quatorze albums depuis douze ans.

J’ai personnellement découvert le groupe vers 2013 en écoutant Carrion Crawler/The Dream, sorti en 2011. Une claque psyché en pleine face, comme on en trouve peu. Certains critiques disent que c’est ce qui se fait de mieux en rock psychédélique aujourd’hui – et même si je ne m’aventurerais pas à affirmer cela, je dois avouer que c’est sûrement vrai.

Une chose est cependant indubitable, c’est que Thee Oh Sees fait partie des groupes qui s’apprécient réellement en concert. C’est ce qui m’a frappé à l’écoute de Mutilator Defeated At Last : une folle envie d’écouter leur rendu en live, de vivre leur musique. Les rockers californiens étaient programmés lors du festival « Villette Sonique » ce mois de mai aux côtés d’autres groupes géniaux comme les Blacks Angels, Battles et Shamir pour ne citer qu’eux. Même si j’ai manqué de les voir le mois dernier, il reste en moi cette impression que Mutilator Defeated At Last donne plus que ce qu’offrait Carrion Crawler/The Dream.

 

Fidèle à lui-même

 

Mutilator Defeated At Last est un album qui reste fidèle au style du groupe. Sur aucune chanson on ne reconnaît pas la patte du groupe. On peut penser que c’est louable ; néanmoins, c’est là où le bât blesse. Certaines chansons de l’album restent cantonnées au style du groupe sans forcément apporter du neuf. Évidemment, on trouve son compte, c’est jouissif, dansant, efficace. Mais c’est comme s’il y avait trop de punk, que l’effet était trop fort et après tout, trop facile.

« Withered Hand » et « Poor Queen » sont de ce genre-là. On sent que le groupe s’amuse, c’est renversant, c’est du très bon psyché ; mais Thee Oh Sees peut faire mieux et on le sent. Mais si l’on prend « Web » et « Turned Out Light », elles fonctionnent sans que l’on sache expliquer pourquoi. Sur « Web », qui ouvre l’album, les guitares sont plus lourdes, moins insouciantes, la mélodie est plus mesurée. Les paroles sont presque chuchotées, donnant une force et une lourdeur qu’il n’y a pas sur la deuxième et troisième piste de l’album.

« Turn Out Light » et « Lupine Ossuary » sont une énigme pour moi. Les morceaux sont dans la même veine que ceux critiqués plus haut, mais avec ça en plus qui fait que cela fonctionne. En les écoutant, je me vois irrésistiblement danser d’avant en arrière dans la fosse pendant un de leurs concerts.

 

Du neuf et du mieux

 

C’est ainsi qu’arrive « Sticky Hulks » et ses sept minutes de douceur. Le morceau détonne après ce que l’on vient de se prendre dans les tympans. C’est mélodieux, c’est nouveau ; même au sein du morceau, les lourdes notes de guitares saturées tranchent avec les nappes de synthé. Rien que de la folie en musique. Un moment hors du temps. « Holy Smoke », seul morceau instrumental de l’album, continue dans cette foulée d’une façon assez perturbante.

Seule « Rouge Planet » décale de nouveau cette atmosphère apaisée. Le plus punk revient et cela fonctionne quand même, comme sur « Lupine Ossuary ». C’est comme si le son sorti du fond du garage ne changeait rien et devenait mélodieux après les deux morceaux évoqués plus haut. Et presque sans que l’on ne le remarque, « Palace Doctor » finit quand à elle magistralement l’album, synthétisant paroles à demi-chuchotées, notes douces de guitare, choeurs apaisés, solo simple et pourtant plein de puissance.

 

 

On sort de l’écoute de Mutilator Defeated At Last lessivé, repu et plein d’interrogations. Est-ce que ce ressenti durera dans le temps ? Pourquoi est-ce que je trouve ces chansons magistrales ? Je pensais que cet album serait une compilation de nouvelles chansons, sans âme singulière, comme c’est souvent le cas dans le rock psychédélique. J’ai finalement cette impression de découvrir une nouvelle facette d’un groupe que j’ai incroyablement envie d’aller voir en concert.

Après tout, la musique n’est telle que lorsqu’il y a des instruments, que lorsqu’elle est jouée ; et les Thee Oh Sees en sont un bien bel exemple.

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Steve Domer

Responsable de la rubrique Politique. Étudiant à Sciences Po, amoureux de musique rock, cinéphile de temps à autre.

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