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Ant-Man : grande déclaration d’amour à un petit héros

Ant-Man : grande déclaration d’amour à un petit héros
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Review Overview

Note sur 10 :
8
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Humour décapant et héros attachants

Un film drôle et charmant qui détrompe tous ses détracteurs. Marvel peut définitivement tout faire marcher.

Edgar Wright travaillait sur le projet Ant-Man depuis une quinzaine d’années, puis prit la porte, à seulement quelques jours du début du tournage. Peyton Reed (Yes Man) récupérant la réalisation, quid du verdict final ? 

 

Scott Lang, cambrioleur de haut vol, va devoir apprendre à se comporter en héros et aider son mentor, le Dr Hank Pym, à protéger le secret de son spectaculaire costume d’Ant-Man, afin d’affronter une effroyable menace…

 

Pour la première fois de mon existence – c’est-à-dire depuis Iron Man – j’avais douté d’un Marvel : Ant-Man. Le nom sonnait étrange à l’oreille, et surtout très ridicule. La promotion de la firme, toute en bandes-annonces microscopiques et en affiches miniatures était drôle, et laissait espérer une gestion passable du héros le plus honteux de la galaxie (Un super-héros de la taille d’une fourmi ? Sérieusement ? Même Groot et son leitmotiv paraissaient plus crédibles, à ce stade). Paul Rudd, en héros d’un film marvel ? Formidable ! Mais pour jouer qui ? Scott Lang, l’une des nombreuses incarnations de l’homme fourmi. Lorsque la planète comics a appris la nouvelle, la sauce a tourné vinaigre ; du côté féminin, du moins. Ainsi donc, une fois de plus, le héros allait être un homme blanc dans la tranche d’âge 30-40 ans.

Passons encore. Mais puisque le héros était Scott Lang, qu’allaient-ils faire de Hank Pym, premier personnage à avoir servi sous le pseudonyme ? L’on apprit plus tard qu’il allait être interprété par Michael Douglas. Après la venue de Robert Redford en classieux antagoniste dans le formidable Captain America : le Soldat de l’Hiver, le choix était audacieux, sans réellement être une surprise.

Quelques jours plus tard, la nouvelle tomba : Janet Van Dyne, un des membres fondateurs des Avengers, ne serait pas inclue dans le scénario. Un comble pour un membre éminent de l’équipe, celle qui, dans le canon de Jack Kirby et Stan Lee, les a baptisés, et a été leur leader pendant plus de 70 ans. Une nouvelle qui a arraché un cri déchirant à nombre de fans, et qui a provoqué, chez beaucoup d’autres, un haussement d’épaule désabusé, et un regard tourné vers une Captain Marvel très loin, dans la distance, en 2018.

Grosse entorse au canon, misogynie latente et manque criant de diversité. Des éléments qui sont présents dans tous les autres Marvel (sans que cela ne m’empêche de les apprécier) mais que je n’avais jamais eu autant à l’esprit. J’ai toujours du mal à pardonner pour Janet, et je crois que ça ne passera jamais.

 

Et pourtant, malgré mes grosses appréhensions, malgré le fait qu’il n’y ait que trois personnages féminins dans un film qui ne les fait jamais interagir entre elles et mon dégoût pour le patriarcat, la sauce a pris. Vous vous direz peut-être que je suis prisonnière de Marvel. Qu’il suffit d’incorporer un morceau de bravoure, trois traits d’humours malins et une apparition inattendue qui m’a faite crier dans le cinéma pour me séduire. Probablement. Mais pas seulement.

Car Ant-Man, au-delà d’une production à la pléthore de défauts, est LA véritable bonne surprise estivale. De la même manière que Les Gardiens de la Galaxie avaient créé la surprise l’été dernier, Ant-Man envoie un souffle d’air frais dans une formule déjà sur-utilisée. Il ne faut pas se tromper : le film incorpore bel et bien les mêmes ficelles que les autres Marvel. On ne change pas une formule gagnante. Mais il les mélange avec une innocence et surtout, une humilité qui confinent par instant au génie comique. Paul Rudd, sa dégaine de loser magnifique – et probablement l’ajout de sa plume dans le scénario – y sont loin d’être étrangers.

Si l’enjeu annoncé – empêcher le méchant de commercialiser un costume qui pourrait conduire Hydra au pouvoir – reste semblable à ceux du reste de la saga, Ant-Man se distingue par sa petitesse, au sens propre comme au figuré. Son but est la rédemption de deux hommes auprès de leurs filles respectives – Scott Lang avec sa fille, Henry Pym avec Hope, jouée par une Evangeline Lily rayonnante. Contrairement aux autres Marvel, Ant-Man est également modeste dans son développement ; quand les Avengers, Captain America et a fortiori les Gardiens baladent leurs protagonistes d’un bout à l’autre de la galaxie, il se limite à trois lieux : la maison de Henry Pym – les trois quarts du film -, la firme de Pym, et la maison de l’ex-femme de Scott.

Le héros lui-même demeure modeste : quand Henry Pym lui déclare qu’il doit sauver le monde, son premier réflexe est celui d’un homme de bon sens « Pourquoi ne pas faire appel aux Avengers ? ». C’est un détail simple, mais qui a son importance, lorsque l’on réalise que Scott est le premier à sortir une telle réplique. Ses compagnons le sont également : quand Captain America était accompagné par la Veuve Noire et le futur Faucon, quand Iron Man était accompagné de War Machine et de J.A.R.V.I.S, Ant-Man a pour seuls acolytes une bande de bras cassés qui ne sont pas capables de réaliser un cambriolage correctement.

Bras cassés dont chaque apparition à l’écran sont l’occasion d’une vraie trouvaille comique : les récits interminables de Luis, premier lieutenant, en sont un des meilleurs exemples.

 

Ant-Man est un excellent film estival. S’il n’était pas vraiment nécessaire pour conclure la Phase 2 de l’arc narratif de Marvel, il permet l’introduction d’un – de deux ? – nouveaux héros qui apportent une réelle fraîcheur à un univers parfois en voie d’essoufflement. Bien évidemment, il est loin d’être parfait : l’histoire d’amour avec l’héroïne, dont l’absence avait brillé dans Captain America : The Winter Soldier arrive comme un cheveux sur la soupe ; Scott est sympathique, mais il est un autre homme blanc de 40 ans ; certains gags sont à la limite de l’absurde. Malgré tout, selon moi, il s’agit d’un des meilleurs Marvel de la Phase 2.

C’est peut-être ça, au final, aimer un film : reconnaître qu’il a énormément de défauts, les dénombrer, en avoir conscience, et l’aimer quand même.

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Alexandra Saviana

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