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L’Assemblée Nationale, la cour de récré du pouvoir

L’Assemblée Nationale, la cour de récré du pouvoir
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Il est 15h, la sonnerie retentit. Ils sont là par petits groupes à se rejoindre, à discuter… Deux, trois sont même là, dans le coin, en train de se marrer. Le président – ou plutôt le surveillant ?- de l’Assemblée nationale, Monsieur Claude Bartolone, indique que la séance peut enfin commencer.


 

A l’ordre du jour aujourd’hui : la séance hebdomadaire de questions au gouvernement. Dans une période plongée dans la crise grecque, le menu s’annonce forcément copieux. Certains tardent à rejoindre leurs sièges, trop occupés à finir leurs discussions avec leurs camarades. Le président effectue alors un premier rappel « Messieurs, merci de regagner vos places ». Les premières questions se profilent. Tant pis, pour les (nombreux) retardataires…

Sans surprise, le sujet grec n’est pas évité. L’opposition monte immédiatement au créneau. Elle critique une gestion désastreuse de la crise par le gouvernement, accuse les leaders grecs de ne pas réaliser assez d’efforts et s’insurge contre François Hollande qu’elle juge totalement invisible et peu, voir pas, crédible dans les négociations. L’ensemble de ces décharges sont couronnés par de longues huées et applaudissements. D’ailleurs, lorsque Michel Sapin, ministre des Finances s’apprête à répliquer sur le sujet, on peine à entendre sa réponse tant un brouhaha résonne dans l’Assemblée. Certains ont même l’air de s’y amuser. Quand Manuel Valls entre dans l’hémicycle fier comme un coq, pourtant en retard d’une demi heure, c’est toute la droite qui s’insurge à coup de sifflets et de bruits d’animaux. L’ambiance est digne d’un stade de foot. Quand Emmanuel Macron se lève pour répondre à la question de traitements de déchets, il est reçu par quelques députés blagueurs s’amusant à l’acclamer. « Vive le roi ! », lui disent-ils en rapport avec son entretien livré pour le journal « Le 1 » où il défendra l’idée que la figure charismatique d’un roi pouvait apporter à une nation. Enfin, la situation est bien pire, lorsque Philippe Cochet, député pour Les Républicains du Rhône, évoque la mort de Hervé Cornara lors de l’attentat en Isère le 26 juin dernier. Tout au long de son discours, le député rend hommage au défunt et questionne le Premier ministre sur les moyens mis en place pour lutter contre le terrorisme. Au même moment, on retrouve un Claude Bartolone explosé de rire en train de consulter son téléphone portable. Assez déplacé de retrouver le quatrième personnage de l’État hilare vérifiant ses textos au même moment où un élu de la République évoque cette tragédie…

 

« Ici dans cet hémicycle, nous sommes la représentation nationale » rappelle un des députés du parti Les Républicains lorsque le débat s’attarde sur le terrorisme et la menace Daesh. Les 577 élus qui disposent d’un siège dans l’hémicycle ont en effet pour mission de représenter au mieux la voix, les idées et l’opinion du peuple et de celles et ceux qui les ont élu. Les rires et les piaillements émis depuis l’assemblée représentent-ils vraiment la situation que vivent jour après jour le plus grand nombre de français ? Par ces temps de crise, nous pouvons sévèrement en douter. La tâche peine à être réellement accomplie. Pleurez maintenant…

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Pierre Lepelletier

Cosmonaute envoyé dans la sphère politique pour essayer de déceler les "blast", les "super-pêches" et autres "vagues qui montent". Accessoirement étudiant en journalisme.

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