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Rencontre avec Fakear

Rencontre avec Fakear
Hugo Travers

C’est à l’occasion du festival Solidays que Radio Londres a rencontré Fakear. Étoile montante de la scène musicale française, son « électro sensible » séduit et invite au voyage. 


On a souvent du mal à te classer, et c’est d’ailleurs probablement une erreur de vouloir te classer. Mais comment qualifierais-tu ta musique ?

Je ne la qualifie pas. Justement, si je me mettais à la qualifier je pense que je me perdrais. Si je commençais à me dire « OK, Fakear il fait ça », ça me ferait rentrer dans des clous, et ça j’en ai pas envie du tout. Je pense que c’est mauvais, je pense qu’il faut douter toujours de ce qu’on fait, c’est comme ça que tu sais que t’es honnête.

 

Il me semble qu’avant d’être Fakear, tu étais membre d’un groupe de rock. T’en gardes quoi ? 

Au niveau de la structure des morceaux, beaucoup de choses sont restées, notamment la structure de la musique pop : les couplets, les refrains… L’autre influence c’est le live : finir en sueur, faire un vrai show, donner de soi… Les concerts de rock me faisaient réellement tripper quand j’étais plus jeune et c’est ce que j’essaie de reproduire en live aujourd’hui.

 

 

D’ailleurs, le fait de montrer tes pads pendant tes lives, c’est un des aspects sur lesquels tu accordes de l’importance ?

Carrément, c’est quelque chose qui m’est venu dès le début : je trouvais ça con de mettre tout à plat sur un table sans le montrer. Un guitariste quand il fait de la guitare on voit ce qu’il fait, moi mon instrument c’est une machine et je veux qu’on voit ce que je fais dessus.

 

Comme beaucoup d’artistes t’es actif sur les réseaux sociaux, Twitter Facebook… Quelle place est-ce que tu donnes à internet dans ta musique et ton développement ?

Je donne la place qu’on donne tous à internet dans notre vie aujourd’hui : c’est important, sans l’être vraiment. C’est direct, quelque chose de spontané s’installe, et ça forcément c’est important. Je lis les commentaires assez sporadiquement… À la limite j’aime bien suivre Twitter parce que c’est souvent drôle, ou Instagram parce que c’est un peu plus confidentiel selon moi, on est loin du côté plus officiel de Facebook… C’est moi qui gère tout ça, mais je suis pas tout le temps dessus non plus, et quand j’y vais je vais parler aux 60,000 personnes qui me suivent comme si c’était 60,000 potes.

 

On assiste à l’émergence d’artistes qui se forment de plus en plus indépendamment des grands labels de musique. Comment peut-on l’expliquer ?

Justement, c’est lié à l’explosion des réseaux sociaux, notamment Soundcloud et tous les autres services de streaming. Aujourd’hui un mec peut produire chez lui, poster un morceau en ligne et avoir un million d’écoutes s’il se démerde. Je pense que les grosses maisons de disque ont toujours leur rôle à jouer, notamment au niveau de la pub, du marketing, des clips… Mais au final, des mecs comme FAUVE se sont construits un peu tous seuls et c’est hyper admirable parce que c’est un nouveau modèle de carrière d’artiste. Je pense que les majors aujourd’hui ont besoin de se remettre en question et de redéfinir un peu leur rôle.

 

Pourquoi « Fakear » ?

Parce que c’est fake, c’est fait par ordinateur. En fait c’est un peu une vanne : quand je suis passé du rock à l’électro, mes potes me regardaient un peu chelou et m’ont dit : « Aaah, mais t’as pas un vrai instrument dans les mains, c’est faux ». Du coup ça a donné « Fakear », « fausse oreille » en anglais.

 

Comment est-ce que tes voyages influencent ta musique ?

Via les sensations que ça procure, principalement. En fait, t’as un imaginaire dans tous les pays dans lesquels tu vas aller qui n’est souvent pas le même que ta réalité. Or au final, moi je me base sur l’imaginaire et sur les sensations que le voyage me procure : la faim, la soif. Finalement, c’est plus sur les expériences humaines que tu retiens des trucs du voyage. Y’a donc eu le Japon, mais j’ai aussi beaucoup voyagé en Europe, ma musique est teintée d’Afrique, d’Asie…

 

Comment est-ce que tu expliques ta montée en puissance ces derniers mois ? Est-ce que c’est dû au fait qu’on te représente souvent comme l’un des grands nouveaux noms de l’électro française ?

J’essaie de pas trop l’analyser en fait… Ça me flatte vachement qu’on me dise tout ça, c’est hyper cool. Je ne sais pas si c’est vrai ou non, je prends mais pour moi le fait de passer au Grand Journal ou autre ne va pas changer ma musique, ça ne va pas l’améliorer. Je veux que ma musique reste hyper honnête, je fais tout pour, et au final peu importe l’exposition que j’ai et le nombre de personnes qui me suivent ou qui viennent me voir en live, je douterai toujours de la musique que je fais.

Cette explosion ces derniers temps c’est hyper impressionnant, hyper galvanisant et encourageant, tu te dis que chan-mé, c’est bon t’es sur la bonne voie, ça veut dire que finalement je suis assez honnête et les gens s’identifient au truc mais c’est pas ça qui me fera changer ma manière de composer et ma manière de me nourrir de mes inspirations. J’ai pas changé de mode de vie pour autant et je le prends seulement comme un énorme bonus de la vie.

 

D’ailleurs qu’est-ce qui vient maintenant, au niveau de tes projets, j’imagine que t’enchaînes les festivals en ce moment et que tu as donc peu de temps ?

Effectivement j’ai peu de temps… Maintenant, y’a un album sur le feu qui arrive, qui est quasiment prêt, sur lequel je bosse depuis janvier. J’ai de la chance finalement parce que de l’électro je peux en faire quasiment partout. J’essaie de composer de moins en moins dans les transports entre deux festivals parce que je suis moins objectif avec le bourdonnement du train ou du bus derrière. Mais faire un morceau ça me prend 4-5 heures donc si je suis chaud, en deux jours je peux faire deux morceaux.

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Hugo Travers

Fondateur de Radio Londres, lycéen de 17 ans, curieux insatiable.

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