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Cosmojazz Festival 2015 (4/4) : André Manoukian, le fondateur

Cosmojazz Festival 2015 (4/4) : André Manoukian, le fondateur
Rémy Chemla

Est-il vraiment nécessaire de vous présenter André Manoukian ? En réalité, la réponse n’est pas si évidente. Celui qui a travaillé avec un panel d’artistes s’étendant de Charles Aznavour à Janet Jackson, plus connu du grand public pour son rôle de juré phare dans la Nouvelle Star, a toujours cultivé un amour inconditionnel pour une musique trop souvent considérée comme inaccessible : le jazz.


 

Après la grande première de 2010, c’est aujourd’hui la sixième édition du Cosmojazz qui se termine. Êtes-vous fier de ce que vous avez accompli à Chamonix en créant ce festival ?

Je suis surtout fier de partager les musiques que j’aime. Vous savez, quand on est musicien, on veut gagner sa vie, on accompagne parfois des chanteurs de variété alors qu’au fond, il n’y a une musique que l’on aime passionnément : le jazz. De nombreuses personnes m’ont dit « ça marche pas le jazz, c’est trop compliqué… ». J’ai entendu ça toute ma vie, sans pour autant démordre de l’amour que je porte à cette musique. Plus on rentre dans ce monde, plus on s’aperçoit que c’est un monde de spécialistes. Et puis vient le moment où l’on parvient à transmettre ces sonorités à une foule de 4.000 personnes… Ça, c’est ma plus grande victoire. Ici, le jazz a la chance d’être présenté dans des décors somptueux, avec des artistes ouverts, pratiquant une forme de jazz lyrique et généreux, reposant essentiellement sur l’incantation, le chant et l’ethnique.
Le plus beau compliment qu’on m’ait fait, c’est un montagnard qui m’a dit « J’ai éprouvé un vertige horizontal ».

André Manoukian et Yaron Herman en pleine discussion

André Manoukian et Yaron Herman en pleine discussion

 

Comment s’effectue la sélection des artistes ?

En fait, on choisit les artistes en fonction des sites. Lorsque l’on est passionné, on suit toutes les sorties, les nouveaux émergents. Carine Zuber, qui fait la programmation avec moi, s’occupe aussi de l’un des plus grands festivals d’Europe, le Cully Jazz Festival, qui draine 100.000 personnes en Suisse. Nous avons une programmation qui se veut cosmopolite, encore une fois, ethnique. Par exemple, je voulais avoir depuis un certain temps les Violons Barbares, qui font du chant mongol. On recherche les chamans de Chamonix.

Une aquarelle réalisée pendant le concert de Dan Tepfer

Une aquarelle réalisée pendant le concert de Dan Tepfer

 

Vous avez choisi de vous installer dans cette vallée, qu’est-ce qui vous y a plu ?

C’est une ville qui n’est pas très loin de ma ville d’origine, Lyon, et il s’agit des plus belles montagnes du monde, tout simplement. J’ai souvent l’habitude de dire que c’est « la plus belle vallée du monde ». J’y viens depuis que que suis enfant, la première fois à 4-5 ans, puis tous les ans… J’ai fait le tour du Mont Blanc avec mon père à l’âge de 13 ans, mes plus beaux souvenirs de vacances sont dans cette vallée.
Quand je suis venu habiter ici il y a 8 ans grâce à ma femme qui a tout plaqué, je me suis dit que ça allait être compliqué pour la musique… J’ai été voir le maire avec un projet de festival pour remédier à ça. Il m’a répondu qu’il n’avait pas de salle, ce à quoi j’ai rétorqué que je ne voulais pas de salle puisqu’il y a déjà les plus beaux sites de nature. Je n’y croyais pas vraiment… Et c’est passé !
Les dotations n’étaient pas énormes, c’est pour ça qu’il fallait d’autant plus trouver les bonnes personnes pour que l’édition de 2010 soit une réussite. Là encore, Carine Zuber m’aide énormément dans la gestion des bénévoles et l’organisation. Sans elle, rien ne serait là.

Yaron Herman et Ziv Ravitz

Yaron Herman et Ziv Ravitz

 

Avez-vous connu des éditions moins réussies que les autres ?

Evidemment, il y a un facteur fondamental qu’on ne maîtrise pas : c’est la pluie. Les groupes n’ont qu’une envie, c’est de jouer en pleine nature. On a donc décrété depuis cette année que tous ceux qui jouaient sur une scène couverte, et pas en altitude, reviendraient l’année prochaine jusqu’à ce qu’il fasse beau. En moyenne, on a seulement 2 jours de mauvais temps sur 9 concerts.

 

Après l’édition 2015, vous êtes en vacances… Jusqu’à quand ?

On finit en débriefant sur les améliorations pour l’année prochaine, puis on se remet à la programmation en octobre pour avoir un rendu final en février. On compte une dizaine de personnes dans l’équipe, en-dehors des 80 bénévoles qui sont sur le festival.

Le Cosmojazz Festival 2015 est terminé, rendez-vous l'année prochaine !

Le Cosmojazz Festival 2015 est terminé, rendez-vous l’année prochaine !

 

Enfin, des nouveautés à venir pour l’année prochaine ?

On voudrait faire quelque chose d’assez important, avec une centaine de saxophonistes amateurs. C’est une pièce écrite par Andy Sheppard, un saxophoniste anglais. Pour ça, il faut faire travailler toute la vallée, et un peu d’argent pour faire répéter les pièces. Celles-ci étant conçues pour une déambulation dans les villes, vous imaginez si on faisait ça en pleine nature ?

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Rémy Chemla

Etudiant en Droit et Science Politique

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