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Rentrée musicale : découvertes, confirmations et déceptions

Rentrée musicale : découvertes, confirmations et déceptions
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Si les enfants ont repris les chemins de l’école, le 1er septembre dernier, les musiciens effectuent enfin leur rentrée après trois mois passés dans les différents festivals internationaux ou en studio. Des artistes, aux horizons divers, se sont donnés rendez-vous en cette fin d’année 2015 pour nous gratifier de quelques pépites. Mise en lumière sur les morceaux qui pourraient nous donner des frissons, et se retrouver sous les sapins de Noël de tous les amoureux du quatrième art.


 

Un David Gilmour au sommet de son art

 

Mis à part David Gilmour, qui peut reprendre le célèbre jingle de la SNCF pour en faire un tube mémorable ? Personne. Après l’excellent The Endless River, le dernier album du groupe Pink Floyd, c’est en solo que David Gilmour revient avec Rattle That Lock. N’ayant plus rien à prouver et dans une volonté constante de découverte, il nous livre ici un album plus que personnel, aux sonorités très différentes, allant des inspirations funky, avec le morceau titre (dont l’intro est basé sur les quatre notes de la compagnie ferroviaire) aux compositions purement floydiennes avec, entre autres, A Boat Lies Waiting, véritable hommage à Rick Wright, claviériste de génie, décédé en 2008. Si cet album paraît partir dans tous les sens, allant même jusqu’à la valse avec le titre Faces of Stones, il reste néanmoins un album reconnaissable entre mille, symbolisant la véritable prise de risque et le sentiment de liberté voulus par David Gilmour. Un nouvel opus aussi électrisant qu’original et que l’on ne cesse d’adorer au fil des écoutes.

 

Avantage métal

 

Iron Maiden, Lindemann, Motörhead… Les amateurs de métal sont servis. Pour cette rentrée, le groupe Iron Maiden nous livre un bijou, The Book of Souls, cinq ans après la sortie de son dernier album, le très controversé The Final Frontier. Si l’on reste dans une ligne directrice très classique pour du Maiden, cet opus n’en reste pas moins épique. Malgré sa longueur pouvant paraître, au premier abord, fort asphyxiant (92 minutes, record battu pour un album du groupe), avec ses trois titres durant plus de dix minutes chacun, il reste un album aussi lent qu’endiablé, naviguant entre la mélancolie et la tristesse sur The Man of Sorrows ou Tears of a Clown et le festival de guitares sur The Rhymes of the Ancient Mariner. Si Iron Maiden se rapproche doucement du rock progressif sur certains morceaux, il reste bel et bien le roi du heavy métal.

Tim Lindemann tente quant à lui un nouveau défi, en se lançant désormais sous son propre nom. S’il garde la recette ayant fait le succès de Rammstein pendant plus de vingt ans, il évolue également au niveau linguistique, en chantant désormais en anglais. Skills in Pills constitue pourtant une continuité de sa formation initiale, alliant ironie morbide et rock caverneux, sur un fond d’accent berlinois fortement prononcé. Un album peu original, mais qui ravira les amoureux de métal et de la langue de Goethe.                    

Enfin, les « papys » de Motörhead continuent, quant à eux, de rajeunir d’année en année, malgré les différentes substances ingérées et les problèmes de santé du bassiste Lemmy Kilmister. Bad Magic poursuit la lignée entreprise par le groupe avec ce vingt-deuxième album : un métal lourd et puissant, servi par un trio basse-batterie-guitare simplement jouissif. Mais cet opus est parfois très vite expédié, avec des morceaux très basiques, comme Electricity ou Evil Eye, qui durent tous deux moins de trois minutes. La redondance sur certains morceaux finit, qui plus est, par ennuyer, et ce malgré les multiples solos de Phil Campbell, lead guitar du groupe depuis plus de trente ans. Un opus qui n’apporte rien et qui semble destiné uniquement aux fans inconditionnels.

 

Maître Gims, entre rap pauvre et pop commerciale

 

Gandhi Djuna, alias Maître Gims, est au monde du rap ce qu’Hatem Ben Arfa est au football français. Un véritable problème. On ne peut clairement définir son style musical comme un rap franc et pur – celui prôné, par exemple, par IAM. Si cette volonté de changer constamment d’univers lui est louable, elle devient dérangeante lorsqu’elle n’est motivée que par l’argent ; l’objectif étant de créer des titres aux mélodies et aux textes primaires, répétés à tue-tête dans les cours de récréation puisque passés en boucle sur les radios jeunesse. Son dernier album Mon Cœur Avait Raison (ou M.C.A.R) traduit cette volonté de contenter tout le monde. Y est-il arrivé ? Non. A trop vouloir essayer d’associer un rap aux textes durs, dans le premier CD Pilule Rouge, mettant alors en avant des thèmes comme la violence et le manque d’argent, il finit par être en totale contradiction dans son deuxième CD Pilule Bleue, dans lequel il traite de l’amour ou des relations hommes-femmes. Un second opus ponctué de textes faibles et de mélodies au rythme binaire, censés parler au plus grand nombre. Finalement, alors qu’il cherche à effectuer une synthèse, à réunir amoureux du rap et de la pop, il (et on) s’y perd complètement.  

 

Et pour 2016 ?

 

Bien que cette année 2015 ne soit encore terminée, de nombreux artistes sont déjà sur le pont pour 2016. Après le retour du groupe Blur et l’excellent The Magical Whip, sorti en avril dernier, Damon Albarn nous gratifiera enfin d’un nouvel album de Gorillaz, six années après The Fall, album conçu, à l’époque, uniquement sur iPad. Deux ans après Native, OneRepublic reviendra également avec un nouvel opus durant l’année. Espérons que ce nouvel album les fera entrer définitivement dans la cour des grands, bien que des titres comme Counting Stars aient déjà confirmé l’étendue de leurs talents. Enfin, la variété française devrait elle aussi connaître un nouvel élan avec le retour du génialissime Renaud, auteur entre autres de la chanson préféré des français, Mistral Gagnant. Ce disque tâchera (peut-être) de rompre définitivement avec les déboires traversés par le chanteur depuis de nombreuses années et permettra (on l’espère) à l’artiste de revenir au firmament de la chanson française.

Cette année 2016 devrait, elle aussi, être basée sous le signe de l’éclectisme, avec on l’espère d’aussi jolies découvertes que Benjamin Clementine ou BigFlo et Oli, dont les premiers albums, sortis cette année, ont déjà rencontré un formidable succès.

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Simon Wautier

Étudiant en Sciences Politiques à l'Université de Lille 2 et à l'Académie ESJ Lille. Aime l'ironie et Maître Gims.

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