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Sur les terres anglaises #6

Sur les terres anglaises #6
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Alors voilà, vous avez rendez-vous dans les prochaines semaines, chaque dimanche, sur Radio Londres. Vous pourrez lire des comptes rendus sur ce qui se passe pendant la Coupe du Monde de Rugby, de l’autre côté de la Manche, du 18 septembre au 31 octobre.
« Chéri(e) tu notes ? »



L’événement phare : le niveau monte d’un cran

Il ne fait aujourd’hui plus aucun doute que certaines équipes, et notamment européennes, n’auraient pas pu faire le poids dans ce carré final. Lors de la demi-finale de la Nouvelle-Zélande face à l’Afrique du Sud, les soigneurs se sont bien ennuyés. Aucun blessé grave, même pas de nez cassé des deux côtés dans un match d’une rudesse pourtant impressionnante.

Dans la demi-finale qui voyait s’opposer l’Australie et l’Argentine, les casses ont été nombreuses du coté argentin. Le rythme physique imposé par les Australiens était bien trop important pour les pumas – qui ont certes montré énormément d’envie mais ont laissé de nombreux soldats en chemin. Après la sortie de Juan Imhoff puis du capitaine Creevy, l’Argentine a très fortement été déstabilisée par de telles pertes.

 

Le match important : Nouvelle-Zélande – Afrique du Sud (20-18)…

 

La Nouvelle-Zélande n’a pas toujours dominé ce match. On a même longtemps cru que les sud-africains allaient s’emparer du ticket pour la finale. Mais à force de volonté et d’acharnement, les Blacks sont venus à bout des sud-africains. Les néo-zélandais s’adaptent, ne se blessent pas, à vrai dire, on a même l’impression qu’ils ne se fatiguent pas, ou du moins pas autant qu’ils le devraient vu l’intensité du match. S’ils « n’écrasent » pas les sud-africains, on sent bien que dès qu’ils ont des chances, ils savent les saisir et surtout, marquer. Les sud-africains sont davantage sous pression et manquent parfois de précision. Mais les deux équipes n’ont jamais été à plus de 5 points d’écart. Le match n’a jamais été plié et à la dernière seconde, les portes des finales étaient encore ouvertes aux Spingboks ; la défaite n’en a alors été que plus amère. Mais les Blacks sont les Blacks. Comprenez bien, Jour de coupe du Monde, l’émission de Canal +, révèle que les Blacks sont ressortis plus tôt des vestiaires à la mi-temps. La raison ? La pluie avait commencé à tomber sur Twickenham, alors ni une, ni deux les néo-zélandais ont voulu s’entrainer à faire des passes sous la pluie pour être sûrs de maitriser les ballons mouillés. C’est sur ce genre de détails qu’on devient champions du Monde et les Blacks restent favoris à leur propre succession, à une semaine d’un possible troisème sacre.

 

… et Argentine – Australie : 15-29

 

L’entraineur argentin était en larmes à la fin du match, les joueurs en sang. Le combat a été rude mais l’Australie a dominé les Argentins qui ont donné tout ce qu’ils avaient. Ils y ont cru jusqu’au bout. Après avoir perdu leur joueur phare Juan Imoff, après avoir perdu leur capitaine Creevy, après s’être retrouvés à 14 contre 15, et après avoir encaissé trois essais en première mi-temps, c’est un fait : les Argentins y croyaient encore. Ils ont donné tout ce qu’ils avaient, ils sont allés chercher au plus profond d’eux même pour cette demi-finale et pour tenter de réaliser l’exploit. L’Australie, bien plus réaliste, rejoint les all Blacks qu’ils ont battus lors du Four Nation il y a quelques mois, remportant par ailleurs la compétition. Quelque soit le gagnant de cette finale, une chose est sûre, il rentrera dans l’histoire en étant le premier à remporter trois fois la Webb Ellis.

 

La semaine des bleus (en France) : la déroute fait jaser…

 

Encore et encore. Les figures du rugby français se sont gentiment renvoyés la balle quant à la raison d’une telle défaite face aux Blacks (62 à 13), mais ils en ont surtout tous profité pour vider leurs sacs. Petit récapitulatif…

C’est Pascal Papé qui a ouvert les hostilités. Jeune retraité bleu, il a déclaré sur BeINsport dans l’émission L’Expresso : « La finale de 2011, c’est un résultat en trompe l’œil car il y avait déjà des maux profonds dans le rugby français ». Il en a ensuite profité pour accuser le calendrier français, le nombre d’étrangers dans le Top 14 qui ne permettait pas l’éclosion de certains jeunes, tout en reconnaissant que c’était aussi la force du championnat. Il a ensuite loué, dans la même émission, le modèle anglais et ses 50 internationaux salariés, puis il est revenu sur les déclarations de Maxime Mermoz qu’il a trouvé déplacées. Le joueur du RCT s’est en effet directement attaqué à la stratégie du staff du XV de France dans Libération en dénonçant : « un projet de jeu fictif depuis quatre ans. ». Et puis ce sont les mêmes reproches, le temps de jeu des joueurs internationaux beaucoup trop important, la perte du French Flair… Et il continue en avançant la nécessité d’un projet commun aux clubs français pour arriver à un XV de France central et fort.

Du côté des managers et des présidents, les déclarations fortes sont venues de Toulon. Bernard Laporte a déclaré à BFM, que selon lui, « Le mal est beaucoup plus profond qu’un mauvais sélectionneur ou des mauvais joueurs ». Et a remis en cause la préparation de bleus, bien trop axée sur le physique. « Il faut jouer, aussi ». Il a bien entendu à son tour critiqué le fameux calendrier français. Et au RCT, on est solidaire, il a donc a rapidement été soutenu par Mourad Boudjellal, son président. Celui-ci a déclaré en conférence de presse à propos de la Fédération et de son président Pierre Camou : « Quand on est face à un problème comme celui du rugby français et que la réponse est « J’assume ». Déjà si on assume on s’en va. On nous parle d’un manque d’argent, ça veut dire qu’on ne sait pas gérer la Fédé, et en réunissant un bureau extraordinaire ça montre un manque de réactivité. On a besoin d’hommes avec des idées, pas de réunion… ». Les hommes avec des idées ? On a comme l’impression qu’il connaît quelqu’un de très bien…

En soi, la volonté générale est celle d’un rugby français qui devrait s’articuler autour du XV de France, une grosse révolution donc. Quant à comment arriver à cet objectif, c’est le jeu de la patate chaude…

 

L’adversaire du XV de France : la FFR

 

Ils ont quitté la coupe du Monde, mais les bleus doivent maintenant affronter leurs déficiences. Première mesure : une cellule technique qui va devoir « étudier les mesures à prendre pour donner au XV de France les moyens d’être plus performant ». Une sorte de conseil en soi, annoncé après qu’un Bureau Fédéral exceptionnel de la FFR se soit tenu le 22 octobre, suite à la défaite du 17 face aux Blacks.

Deuxième mesure : de nombreuses idées « révolutionnaires » ont fait leur apparition. Entre autres, les contrats fédéraux. Qui dit révolution dit inquiétude, et certains se sont fait entendre sur ces possibles changements radicaux opérés par les plus hauts postes de la fédération. Personne n’est à l’abri et s’il y en a certains qui l’ont compris, ce sont bien les entraîneurs et présidents des clubs français qui ont tour à tour fait savoir leur appréhension quant aux conséquences d’une telle défaite. Nombreux sont ceux qui ont remis en question le travail de la FFR et donc de ses dirigeants.

Il est vrai qu’après le naufrage français en mer noire, les supporters français ont demandé des têtes. Mais il ne suffit pas de changer les personnes en poste, le problème est plus profond, bien plus profond.

 

Il ne fallait pas rater ça : l’image « valeur du rugby »

 

On en parle souvent, on ne sait pas toujours ce que ça signifie, voir si ça existe encore. Durant tout le match, les joueurs se sont tapés dessus, découpés et ont essuyé leurs crampons les uns sur les autres. Et puis ils vont se retrouver en fin de match, se congratuler et se consoler. C’est le cas de Sonny Bill Williams, le trois-quarts centre néo-zélandais est allé chercher l’arrière sud-africain, Jesse Kriel, inconsolable au fond du terrain après la défaite de son équipe en demi-finale.

 

La polémique du moment : l’Écosse aurait dû être demi-finaliste

 

« La décision appropriée aurait été d’accorder une mêlée favorable à l’Australie », comme ça, c’est dit. La pénalité de fin de match qui permet à l’Australie de se qualifier pour les demi-finales n’avait pas lieu d’être. Et c’est le World Rugby qui le dit. C’est une mêlée qui aurait dû être sifflée au niveau des 22 mètres écossais et celle-ci, à 2 minutes de la fin, ne garantissait pas de points encaissés. Maintenant qu’on sait que l’Australie est en finale de cette coupe du Monde…

 

La déclaration : « C’est ma quatrième Coupe du monde et je n’ai jamais disputé la finale ! »

 

C’est Dan Carter qui a prononcé ces mots, rappelant pour ceux qui l’avaient oublié, que lors de ses 4 coupes du Monde (2003, 2007, 2011 et 2015) il n’était sur aucune des feuilles de match. La raison ? En 2003, l’Australie, alors hôte de la coupe, avait éliminé les Blacks en demi. La Nouvelle-Zélande a tout de même fini 3ème de cette coupe en battant en petite finale… la France. En 2007, et on ne risque pas de l’oublier de si tôt, les bleus mettent un terme au rêve de Carter, le chemin des néo-zélandais s’arrête à Cardiff. En 2011, Dan Carter s’était blessé à l’entrainement et avait quitté la coupe, qui se jouait chez lui, avant même le dernier match de poule. À savoir qu’il fut quand même sacré champion du monde puiqu’il a participé aux premiers matchs de la coupe.

Alors après sa victoire face aux Boks, l’ouvreur néo-zélandais va enfin pouvoir tenter de ramener son unique et dernière coupe sous le maillot noir, et de ses propres mains cette fois-ci.


 

Les résultats :

 

Nouvelle-Zélande – Afrique du Sud : 20-18

Argentine – Australie : 15-29

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Anouk Espiasse-Cabau

Anouk, 18 ans, étudiante en journalisme qui a vite découvert que, le sport, il n'y a pas besoin de le pratiquer pour être passionnée...
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