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What Went Down, ou l’ambivalence de Foals

What Went Down, ou l’ambivalence de Foals
mm

Review Overview

Note sur 10 :
7
7

Hésitant

Même si Foals se perd à jouer les groupes en quête de sons pop, le style du groupe est indéniable et le rendu est authentique.

Le quintet britannique Foals nous livre fin août son nouvel opus. Un album qui tranche – encore – avec les précédents, preuve d’une reconstruction permanente. Notre avis.


 

2008 et Antidotes sont loin déjà. Le math rock adolescent, énergique, rempli de pulsions est fini. What Went Down ne change rien ; le groupe anglais a tourné la page et a changé de style. On est loin des envolées déconstruites et imbriquées des débuts. Holy Fire avait déjà amorcé cette transformation, faisant la part belle à des titres plus pop, plus doux, plus bondissants.

Au prime abord, j’avais été déçu par Holy Fire. C’est simple, à l’écoute du premier single que le groupe avait sorti à l’époque, « Inhaler », rien n’était bien. Trop de saturations, trop d’effets, trop pop. Une voix torturée, faussement grunge, des guitares saturées ; trop simple. Puis finalement, c’est passé. « Prelude », « Late Night » et « Stepson » sont fantastiques et rattrapent avec brio toutes les tentatives hésitantes auxquelles Foals s’est essayé sur les autres titres.

De leur troisième album, je retenais seulement que le style de Foals et sa singularité avaient disparus. Ce que je trouvais de fantastique chez ce groupe, c’était que dans chacune de ses chansons, il y avait cette superposition de notes. Partir d’une simple ligne de guitare, en rajouter quatre par-dessus et aboutir à une harmonie parfaite. Même si le plus lyrique et calme Total Life Forever avait cette caractéristique que je ne retrouvais que chez Foals.

 

Au fur et à mesure, j’ai appris à aimer un peu ce nouveau son. Un peu plus heavy, plus lourd. Et What Went Down n’est que le prolongement de Holy Fire. De nombreux morceaux sont bien trop mielleux, trop gentillets, trop mignons, même ; comme du Two Door Cinema Club, mais en moins bon. « Night Swimmers » (rien que le titre déjà) et « Snake Oil » sont décalés du reste de l’album. Dans le même genre, seuls « Mountains at My Gates », « Give It All » et « Albatross » réussissent à me faire oublier le côté pop moyenne de l’album. Comme du « My Number » étalé sur quelques titres. Déjà pas entièrement convaincu de cette nouvelle manie de faire des morceaux plus sautillants, j’en suis maintenant repu et un peu dégoûté.

Mais malgré tout cela, Foals réussit tout le reste, sans trop que je ne comprenne comment. « What Went Down », le titre éponyme, me rappelle « Inhaler » mais en cent fois mieux. Puissant et pompeux. Et alors que j’adule Total Life Forever et ses morceaux apaisés, pensifs et plus réfléchis, je retrouve cette athmosphère sur les derniers morceaux, « London Thunder », « Lonely Hunter » et le « A Knife in the Ocean », qui pour le coup, clôt cet album d’une manière majestueuse. Cette dernière chanson tranche tellement lors de la première écoute, que lorsqu’on réécoute l’album en entier, on écoute les autres en attendant le final impatiemment. 

 

Ce que j’aime chez Foals, c’est cette batterie magistrale, c’est la voix rythmée de Yannis Philippakis, c’est cette osmose entre tous les instruments, presque mécanique. Foals excelle dans cette forme de balades qui n’en sont pas réellement, ces morceaux calmes et qui s’écoutent dans le train en revenant chez soi. Dans ce genre-là, « Birch Tree » est parfaite. Morceau intéressant, car il est au contraire plutôt pop, comme ceux que je reniais plus haut. Pourtant, sans trop le comprendre, je le trouve calibré, dansant et divinement mélodieux.

 

 

En somme, un album ambivalent qui prouve bien toute la dichotomie chez Foals ; faire constamment du moyen et du très bon. 

 

Foals sera en concert à l’Olympia les 2 et 3 février 2016. La première date était sold out en quelques jours, pressez-vous pouvoir les voir en concert le 3 février, c’est quelque chose.

 

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Steve Domer

Responsable de la rubrique Politique. Étudiant à Sciences Po, amoureux de musique rock, cinéphile de temps à autre.

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