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Zlatan Ibrahimovic, testament d’un génie

Zlatan Ibrahimovic, testament d’un génie
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« Je ne connais pas beaucoup la Ligue 1, mais la Ligue 1 sait qui je suis ». Voila l’entrée, fracassante, de Zlatan Ibrahimovic au Paris Saint Germain à l’été 2012. Mais le caractériel suédois se serait-il trompé ? Notre championnat est-il vraiment parvenu à cerner le fantasque attaquant ? Avant adulé, désormais nombreux sont ceux qui demandent son éviction du onze parisien, suite à des prestations en deçà de ce qu’il a pu proposer par le passé. C’est la question brûlante du moment, dans une période où l’attaquant parisien semble sur le déclin.


Gravé dans l’histoire du Paris Saint Germain

Terriblement agaçant ou drôlement insolent, le cas de Zlatan Ibrahimovic est loin d’être anodin. Le suédois est capricieux, on le sait. Ce que l’on sait moins, c’est qu’il adore en jouer, en abuser, pour faire parler de lui, encore et encore. Mégalomane ? Sûrement. Mais sans lui, le PSG n’aurait jamais eu une telle aura en Europe. Que serait le projet QSI amputé du suédois ? Le même, peut-être, mais en moins abouti.

On peut détester l’homme, la réciproque est difficilement valable pour le joueur. Avec des statistiques comme il en a, l’attaquant partira du club en juin avec le sentiment du devoir accompli : meilleur buteur de l’histoire du PSG avec 113 buts en 3 saisons seulement, environ 31 points rapportés à lui tout seul au PSG (16 points pour Edinson Cavani en comparaison) et à une longueur d’être le co-meilleur buteur du club en compétition européenne (record détenu par Georges Weah avec 16 réalisations) il est entré, sans conteste, dans l’histoire du Paris Saint Germain. Tout cela en 3 ans. Colossal.

Ce personnage, sans cesse à la recherche du geste ou de la phrase interdite, est indispensable au PSG. Cette affirmation ne fonctionne pas (plus ?) sur le terrain, puisque ses coéquipiers semble libérer d’un poids quand le suédois est absent. En revanche, Zlatan Ibrahimovic est, incontestablement, un produit de marketing fondamental pour l’exportation du PSG. La recette sur la vente de maillot est importante pour le club parisien, toujours sous la coupe d’une nouvelle application du Fair Play Financier qui l’a tant paralysé sur le marché des transferts l’an dernier.

385 000. C’est le total, faramineux, de maillots vendus par le PSG au nom du suédois, soit près d’un quart de la vente totale de maillots pour les parisiens, sans compter les produits dérivés, goodies, etc. Et il est vrai que peu de sportifs étrangers peuvent prétendre avoir leur marionnette aux (regrettés) Guignols de l’info ou même une statue de cire au musée Grévin. Ibrahimovic si. Insignifiant à première vue. Mais plus on parle de Zlatan, plus on parle du PSG, l’équation est simple.

« La France ne mérite pas le PSG »

Mais Zlatan Ibrahimovic est devenu bien plus qu’un sportif en France, c’est un personnage public. Tout le monde le connaît et le joueur ne laisse personne indifférent. Il représente même pour certains la raison ultime de dénigrer le football : arrogant, riche et prétentieux. Heureusement, d’autres poussent l’analyse plus loin.

Sur le terrain, comme partout, Ibrahimovic aime être au centre de l’attention. Gare au partenaire qui ratera sa passe, ou son centre. Mais, logiquement, les victimes préférées du buteur sont ses adversaires. Regards provocants, mots doux à l’oreille, coups de coudes par ci, coups d’épaules par là, on ne peut pas dire qu’il les ménage. Manque flagrant de respect pour certains, intermittent du spectacle pour d’autres, Zlatan divise, et pose problème.

La présence d’Ibrahimovic sur un terrain est garante de spectacle, c’est une certitude. Par ses coups de génies, ses buts hors du commun mais aussi son caractère, insupportable, il faut le dire. Ses rapports compliqués avec les arbitres de Ligue 1 seront éternels. Ils lui ont même valu d’être haï, un temps, par la France entière lorsqu’à la sortie d’un match perdu à Bordeaux, Ibrahimovic sort de ses gonds et déclare « Jamais vu un tel arbitre dans ce pays de merde. La France ne mérite pas le PSG ». Faux pas. Le PSG new look ne serait pas le même sans lui, mais le numéro 10 parisien n’a pas à oublier qu’il doit beaucoup au club de la capitale. Un joueur n’est jamais au-dessus de son club, idée difficile à admettre pour le suédois.

Le statut protégé de titulaire que lui réserve le PSG malgré sa forme déclinante est une véritable preuve de reconnaissance. Laurent Blanc, comme Ibrahimovic, le sait, cette situation ne pourra pas durer éternellement. Cette saison, Zlatan n’a pas encore marqué en Ligue des Champions. Soit l’attaquant retrouve de l’influence dans le jeu parisien (étant co-meilleur buteur du PSG, 7 buts, cette saison avec Cavani, l’argument de l’efficacité ne tient pas), soit l’entraîneur parisien devra faire face à ses responsabilités. Impliqué dans 9 buts lors de ces 5 derniers matchs de Ligue 1, Ibra retrouve des couleurs sur la scène nationale.

L’attaquant, en fin de contrat avec Paris, est plus que jamais, remis en question par les suiveurs. Son manque d’efficacité criant dans les grands rendez-vous comparé à d’autres joueurs de classe mondiale est incessamment évoqué. Sa prestation fantomatique contre le Real Madrid, mercredi soir (0-0) n’est pas faite pour rassurer sur son état de forme. Objectivement, a-t-on le droit d’en attendre autant pour un joueur de 34 ans?

Problèmes physiques à répétition, manque de combativité, d’envie, le poids des ans se fait sentir ces derniers mois quand on observe le jeu du suédois. Mais si l’attente est à ce point palpable autour du géant, il est seul fautif: habitué à répéter qu’il n’y a pas meilleur que lui, on attend du concret, qui, manifestement, tarde à venir en ce début de saison. Zlatan Ibrahimovic est humain, on l’oublie souvent.

Comme à chaque fois qu’on parle d’un footballeur, l’argument salarial revient. C’est bien connu, l’argent est élixir de jeunesse…Oui, il gagne beaucoup d’argent, certainement trop (15 millions par an). D’accord. Mais passons outre cet éternel débat qui divisera à jamais, posant presque un problème sociétal.

Leçons d’arrogance…

« Peut-être que les supporters avaient l’habitude de manger du caviar avant que nous venions. Ils en demandent beaucoup. C’est étrange au regard de ce qu’ils avaient par le passé. Parce qu’avant, ils n’avaient rien. »

Mars 2013.

« Je n’ai pas besoin du ballon d’or pour savoir que je suis le meilleur. »

Novembre 2013.

« Tu connais mieux le football que moi ? Non ? Alors pourquoi tu me parles ? »

Janvier 2015 (à l’attention d’un journaliste qui lui a posé une question sur sa relation avec Cavani).

« Il ne peut y avoir qu’un patron au PSG, et il est assis devant vous. »

Septembre 2015.

« Le problème, c’est que je ne comprends pas le français. Donc je ne leur accorde pas d’importance »

Octobre 2015 (sa réponse aux critiques de la presse française concernant son début de saison).

Il attire les foules, les projecteurs mais surtout les critiques. Non, Zlatan Ibrahimovic n’est plus le même qu’avant. À juste titre, on invoque un rendement insuffisant, et une image dégradée. Pour toujours, le passage de Zlatan Ibrahimovic en Ligue 1 aura révolutionné notre championnat, c’est indéniable et c’est avoir la mémoire courte que de réclamer à un joueur qui a tant apporté de faire « banquette ». On le sait, Zlatan est plein d’orgueil, et le « Z » n’est peut-être pas mort.

Près de 3 ans et demi après avoir débarqué en France, on ne sait toujours pas qui est le vrai Zlatan Ibrahimovic, et on ne le connaîtra certainement jamais.

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Arthur Stroebele

Étudiant à l'Académie ESJ et en Science Politique à l'Université de Lille II. Rédacteur Sport @RadioLondres_fr.
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