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« Hé, elle a de ces fesses elle »

« Hé, elle a de ces fesses elle »
Laurie Humbert

Et oui. Un énième article d’une fille/femme/nana/gonzesse/meuf, dégoutée des remarques sexistes. Ecœurée par les regards pervers. Fatiguée d’être sans cesse une potentielle victime. Un énième article qui vient s’ajouter à une – malheureusement et heureusement – trop mais pas assez – longue liste.


 

Malheureusement, parce que ces articles n’existent seulement parce que ce qu’ils dénoncent existe. Heureusement, parce que, s’ils ne les empêchent pas directement, ils permettent de poser des mots sur les actes.

Harcèlement de rue ou sexuel, sexisme, machisme… Autant de mots et de crimes pour une seule victime, la femme. Pas une femme, en tant qu’individu, mais la femme en tant que femme. Parce que oui, cher ami-Facebook-d’ami-Facebook, contrairement à ce que tu commentes sous un partage de la campagne anti-harcèlement de la page du Gouvernement par une de tes « amies », les « moches » aussi, sont victimes de harcèlement. Et, il ne faut pas chercher plus loin que ton commentaire sexiste pour le prouver.

 

gg

 

Une femme ne se fait pas seulement harceler par un homme parce qu’il la trouve « jolie ».

Une femme ne se fait pas harceler parce qu’elle porte une jupe, ou parce qu’elle a mis du rouge à lèvres. Une femme se fait harceler parce qu’elle est une femme.

Et cette excuse récurrente, visant à faire passer la victime pour fautive, est aberrante. Messieurs, en 2015, croyez-vous vraiment aux sorcières ? Pensez-vous les femmes capables de vous envoûter, volontairement qui plus est, armées d’un bâton de rouge à lèvres, ou d’un bout de tissu ? Si je prends les transports pour aller travailler, si je marche dans la rue pour rentrer chez moi, ou encore, si je vais dans un bar avec des ami.e.s, ce n’est pas pour flatter le vice, ou pour exacerber un mâle.

Alors, à toi, l’inconnu au scooter, devant qui j’ai eu l’honneur de traverser pendant que tu attendais à un feu tricolore parisien un lundi soir, et qui a cru bon de commenter ma morphologie tout haut, justifiant ton acte par le fait que je portais une jupe, à toi, l’employé à la mallette en cuir, qui rentrait surement chez toi après une journée de travail, et qui t’es cru permis de te coller à moi dans un métro, qui, une fois n’est pas coutume, n’était que relativement bondé, haletant à mon oreille, à toi, qui t’es assis en face de moi un matin, tôt dans le RER, les jambes écartées, tel un homme lubrique, avant de glisser ta main dans ton jean ; vous ne vous souvenez pas de moi, qui ne suis qu’une femme parmi tant d’autres, mais je me souviens de chacun d’entre vous, et des autres, parce que vous êtes des coupables, avec tant d’autres.

À vous, qui justifiez vos vices parce que nous sommes femmes, et que vous êtes hommes, le siècle de la chasse aux sorcières est révolu, aujourd’hui, on part à la chasse aux machos.

 

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Laurie Humbert

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