Image Image Image Image Image Image Image Image Image Image
Scroll to top

Top

No Comments

Karaté : la relève est là

Karaté : la relève est là
mm

PARIS, ce week-end – L’Open Adidas et la Halle Carpentier à Paris ont accueilli plus de 1200 combattants des quatre coins de la France dans les catégories minimes, cadets, juniors et séniors. Plusieurs athlètes de l’Équipe nationale étaient présents parmi les centaines de clubs représentés.


 

Dans l’optique d’une « olympisation » et depuis l’approbation de l’Organisation de Tokyo 2020 pour l’entrée du karaté parmi le cercle très fermé des disciplines olympiques, il est dorénavant important pour la Fédération Française de Karaté (FFKDA) d’établir une sélection fiable, qui puisse évoluer pour sans doute et on l’espère, avoir l’opportunité de remporter un titre olympique. Rencontre avec deux champions aux parcours différents.

 

12207390_10205160956654548_1770175715_o

 


 

Léa Avazéri, 17 ans

 

Léa Avazéri, 17 ans, double championne d’Europe en cadet (-54kgs) et en junior (+59 kgs), qui fait la fierté de sa famille et de son club, le Full Karaté Académie à Marseille.

Une concentration extrême et un regard de tueuse avant son entrée dans la compétition, une attaque et une détermination qui font d’elle l’athlète qu’elle est aujourd’hui, et un élément important de l’Équipe de France. Qualifiée pour les championnats du monde qui débuteront le 12 novembre prochain, Léa tentera de remporter une nouvelle médaille internationale : un défi de taille qui attend la jeune marseillaise avec qui nous nous sommes entretenus dimanche.

 

12200754_10205160956334540_452734226_n

ZURICH, FÉVRIER 2015 – LÉA, DANS LES BRAS D’ALEXANDRE BIAMONTI (ENTRAÎNEUR NATIONAL), DEVIENT DOUBLE CHAMPIONNE D’EUROPE. (CRÉDIT PHOTO : DENIS BOULANGER)

 

Comment se sont déroulées les phases de préparation ?

« Pour les Championnats du Monde, la phase de préparation a commencé depuis les Championnats de France (avril-mai). J’ai eu un stage en juin, un autre en juillet, un début septembre et un fin octobre. »

 

Les compétitions comme l’Open Adidas et les différents open internationaux sont-ils considérés comme des « entraînements » ?

« Effectivement, les Open sont des compétitions de préparation qui nous permettent de se régler et de peaufiner les derniers détails avant de partir en compétition internationale. Par exemple, j’ai perdu en Croatie et l’Open Adidas m’a permis de régler ce qui m’avait fait défaut en Croatie. On fait 3 compétitions de préparation, le Luxembourg , la Croatie et l’Open Adidas. Sinon, pour les entraînements quotidiens c’est dans mon club et quelques fois à Montpellier pour m’entraîner au Pôle. »

 

Que t’apportent les entraînements avec les séniors en Équipe de France ?

« S’entraîner avec les séniors me permet de travailler avec des personnes plus fortes et plus expérimentées qui peuvent nous apporter leurs propres ressentis et nous expliquer leurs propres expériences. »

 

Comment arrives-tu à lier les études et le karaté de haut niveau ?

« À la fac, nous n’avons pas énormément d’heures de cours et ça me permet de m’entraîner tous les soirs de la semaine sauf le mardi où je finis à 20h. Dans ces cas-là je m’arrange avec mon entraîneur pour m’entraîner le matin, 1h30 tous les jours. Après si j’ai des devoirs à faire ou des contrôles à préparer alors que je suis en stage ou en compétition j’apporte de quoi travailler avec moi sur place. »

 

Comment gères-tu la pression des grands jours ?

« Je gère très mal la pression. C’est ce qui me fait le plus défaut, j’ai énormément de stress et ça me bouffe mon énergie et je me mets beaucoup de barrières lorsque je combats. Je me lâche pas assez. »

 

T’entraîner avec ton père, comment est-ce que tu le vis ?

« Cela m’aide beaucoup de m’entraîner avec mon père. C’est vraiment pour le plaisir, pas de stress, pas de pression donc ça fait énormément de bien. »

 

Pourquoi le karaté ?

« Je voulais faire un sport de combat parce que ça me plaisait et comme mon père avait fait du karaté quand il était jeune il m’a inscrite à un cours et cela m’a beaucoup plu. C’est parti de là. »

 

Ce week-end, Léa a su mettre de côté cette pression puisqu’elle a remporté l’or aux termes d’un combat de deux minutes, 1/0.


 

Joachim Tiennot, 17 ans

 

À présent, Joachim Tiennot, 17 ans, récemment médaillé d’or à l’Open de Normandie (surclassé en séniors, catégorie -70 kgs) aux côtés de son frère, Mehdy Cécina, licencié au club de Vernon.

 

Pour lui, la famille est un pilier fondamental. Comme Léa Avazéri, le Havrais est licencié et entraîné par son père David au Okinawa Karaté Club. Présent à l’Open Adidas, l’objectif était de retrouver ses sensations, après un léger passage à vide l’année dernière. Un premier match remporté 3/0, avant une défaite 5/0 en huitièmes de finale. Une déception pour le lycéen qui n’a pas su « trouver les solutions » a-t’il avoué, tout juste revenu de l’Île Maurice : « Mon avion a atterri ce matin et je manque de sommeil, je n’ai pas réussi à récupérer et l’attente a été longue… j’étais venu pour retrouver des sensations, j’aurais préféré aller un peu plus loin mais bon… ça ne passe pas toujours ! »

Pourtant soutenu par son frère, lui aussi inscrit à la même compétition en -84kgs dimanche, qui représente, pour Joachim, une « force ». « Savoir que mon frère est là pour moi m’aide à avancer dans mes préparations et mes entraînements. Parfois, je m’entraîne avec lui et les autres karatékas licenciés à Vernon et qui ont l’habitude des compétitions. Cela me permet de garder un niveau solide. »

 

12200817_10205160956854553_1450866536_n

2013 – ENTRAÎNEMENT AU PÔLE FRANCE DE KARATÉ À MONTPELLIER. CREDIT PHOTO : FFKDA.

 

Le rêve d’un conquête internationale est bien présent. L’année 2013 en cadets fût positive pour Joachim, médaillé d’or à la Coupe de France et aux Championnats de France, qualifié pour les Championnats du Monde à Guadalajara (Espagne) et d’Europe en 2014 à Lisbonne (Portugal).

Sorti dès le premier tour aux « Monde » et (presque) sans regret il s’explique : « J’étais jeune, c’était ma première expérience internationale. J’ai supporté les autres pendant trois jours, je suis arrivé dans ma compétition sans voix et sans aucune énergie. »

À l’inverse de ses Championnats d’Europe qu’il a vécus comme une véritable désillusion : « Si on me demandait un jour si j’ai digéré cette défaite, je répondrai « non ». Mon rêve était de chanter la Marseillaise… à vrai dire, je me voyais déjà sur la première marche du podium et une médaille internationale au cou. »

 

Et pourquoi le karaté ?

« Au départ, j’ai commencé le karaté pour me défouler et ensuite j’ai pris le pli de la compétition en ayant mon père comme entraîneur. ». Son père, professeur d’EPS, qui l’entraîne depuis qu’il a 10 ans met en avant « l’importance de ne pas brûler les étapes » car « le but n’était pas de devenir champion tout de suite. »

 

Quels objectifs et enjeux ?

« Le plus important pour moi est de retrouver ma force physique, multiplier les expériences, et pourquoi pas ensuite, retourner en Équipe de France » affirme Joachim Tiennot. Son père, toujours derrière lui, préfère ne pas précipiter les choses sans nier les exigences que nécessite une qualification : « Il est encore possible pour Joachim de se qualifier pour les prochains championnats d’Europe, à condition qu’il remporte la Coupe de France au mois de décembre. »

« Je serai présent à l’Open International de Belgique à la mi-novembre, ce qui me permettra de retrouver des combattants étrangers, c’est ce que je préfère » se confie Joachim.

 

Quel type d’entrainement ?

David Tiennot : « Il est essentiel pour un athlète d’être au point sur trois plans : le mental, le physique et la technique. Joachim n’a pas un gros volume au niveau de la quantité des entraînements : deux cours par semaine en collectif et un individuel pour la technique. Il tient à se rendre à la salle une fois par semaine pour travailler son cardio. »

 

On souhaite à ces deux étoiles montantes du karaté de confirmer dans de nouvelles compétitions internationales et de remporter des nouveaux titres afin de faire résonner la Marseillaise à travers le monde.

The following two tabs change content below.
mm

Molly Loumikou

Étudiante en licence LLCE anglais à l'Université Lille 3 et à l'Académie ESJ Lille. Éprise du voyage à l'international avec un faible pour le karaté, la danse et la musique.
mm

Derniers articles parMolly Loumikou (voir tous)

Submit a Comment