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Deadpool : le rouge lui va si bien

Deadpool : le rouge lui va si bien
Corentin Bemol

Review Overview

Note sur 10 :
7
7

Décalé et brillant

Deadpool est un film qui brille par son décalage et son esprit, venant masquer un scénario cruellement banal, finalement le seul résidu le faisant basculer dans la norme des superproductions.

Combi’ Lycra ajustée, sabres affinés et romantisme affirmé. Cette Saint-Valentin n’a pas été marquée par votre merveilleux repas dans un restaurant 3 étoiles, ni par votre nuit torride dans une luxueuse chambre d’un hôtel californien, mais bel et bien devant cette magnifique histoire d’amour qu’est Deadpool. Critique.

Deadpool, est l’anti-héros le plus atypique de l’univers Marvel. A l’origine, il s’appelle Wade Wilson : un ancien militaire des Forces Spéciales devenu mercenaire. Après avoir subi une expérimentation hors norme qui va accélérer ses pouvoirs de guérison, il va devenir Deadpool. Armé de ses nouvelles capacités et d’un humour noir survolté, Deadpool va traquer l’homme qui a bien failli anéantir sa vie.

 

Suite à la découverte d’un cancer avancé, Wade Wilson, ancien militaire des forces spéciales devenu mercenaire, décide de suivre un programme obscur de guérison, lui proposant en bonus des superpouvoirs, faisant de lui un « mutant » immortel. Mais suite à cette expérience lui ayant attribué un physique de Freddy Kruger, Deadpool va traquer l’homme qui l’a transformé et qui a bien failli anéantir sa vie tant physiquement que sentimentalement.

Là est tout l’enjeu du film. Un film qui, s’il se définit comme une comédie d’action, se révèle être en fin de compte une tendre comédie romantique où un héros fait tout pour retrouver sa vie d’antan et sa dulcinée. Mais trêve de niaiseries ; intéressons-nous à ce film, rouge de sang et noir d’humour. Et pour ce faire, petit rappel sur les origines du personnage.

Deadpool fait sa première apparition en tant que personnage de comics Marvel dans « New Mutants vol 1 » en 1991. Personnage atypique de la saga, créé par Rob Liefield et Fabian Nicieza, Deadpool est l’anti-héros type : psychopathe, mégalomane, arrogant et complétement imprévisible. Il incarne le contraire des valeurs du super-héros Marvel, et représente par ailleurs un rival récurrent de Wolverine dans la série des X-Men. En plus de son pouvoir de guérison et de son immortalité, Deadpool manie l’humour et la répartie en toute circonstance, au grand dam de son entourage. Il est par ailleurs le seul personnage de comics à être conscient d’être un personnage de comics.

Ces deux dernières qualités vont porter le film et le rendre fidèle à l’esprit du comics. En effet, le quatrième mur, c’est-à-dire celui qui sépare le spectateur de la fiction qu’il regarde, se brise toutes les 10 minutes dans ce film. Deadpool a en effet conscience d’être un personnage de fiction et n’hésite pas à en parler directement au spectateur ainsi qu’à le faire savoir aux autres protagonistes, par exemple en demandant quel acteur joue désormais le professeur Xavier. Deadpool nous renvoie donc toujours à notre statut de spectateur tout en nous intégrant dans l’histoire. Il joue avec ces références et joue aussi avec celui qui l’incarne, Ryan Reynolds, pris plusieurs fois à partie dans le film.

 

Copyright Twentieth Century Fox.

Copyright Twentieth Century Fox.

 

Le fait de casser le quatrième mur participe alors grandement au deuxième point fort du film : un humour décapant. S’il reste un film d’action de super-héros, contrairement à ses prédécesseurs, il est surtout une comédie d’action efficace, réalisée « à la blockbuster » malgré un budget des plus humbles pour un film Marvel, avec 58 millions de dollars – alors qu’Iron Man 3 avait par exemple coûté 200 millions de dollars. Une blague largement exploitée dans le film où Deadpool se demande pourquoi il n’y a que deux X-Men dans le film. Dans une interview, Ryan Reynolds ironise même en avouant la chose suivante : « Le budget que le studio nous a donné, c’est celui dédié juste à la cocaïne sur les autres tournages ».  

Mais si Deadpool est un film aussi marquant, c’est avant tout parce qu’il casse tous les codes du cinéma de super-héros que Marvel a pu nous proposer ces dernières années. Le super-héros rouge et noir ne partage pas les valeurs de ses collègues et les méprise durant tout le film.

Le rôle de Deadpool est ainsi contrebalancé par celui d’un autre personnage : Collossus, personnage bien connu de l’univers des X-Men. En effet, si Deadpool représente l’anticonformisme du superhéros, Collossus inspire et transmet toutes les valeurs conformes au super héros : il ne supporte pas la vulgarité, ne tue jamais, se bat pour la noble cause et prône la censure et les bonnes séances. En quelque sorte, Colossus représente l’industrie Marvel telle qu’elle est censée être, telle que Disney veut la voir, ce que Deadpool casse complétement. Ici donc, on assiste à une belle opposition entre le super-héros de « valeurs » et l’anti super-héros. Il est cependant vrai que ce scénario est loin de l’originalité du personnage : une histoire d’amour bidon qui servira de prétexte à la globalité de l’histoire mais qui est compensé par le personnage de Deadpool en lui-même.

 

Deadpool est un film qui brille par son décalage et son esprit, venant masquer un scénario cruellement banal dont les ficelles narratives ultra-exploitées restent finalement le seul résidu le faisant basculer dans la norme des superproductions. En espérant que cette faiblesse scénaristique ne fasse que planter le décor d’une saga Marvel sur la lancée, une belle lancée.

 

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Corentin Bemol

Cinoche et Giscard. Parce que le journalisme est avant tout une affaire de passion.

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