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Face à l’OM, les amateurs de Granville courront après l’exploit

Face à l’OM, les amateurs de Granville courront après l’exploit
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Jeudi 3 mars (21h00), au stade Michel d’Ornano à Caen, le petit poucet granvillais (CFA 2) défiera l’armada marseillaise, décuple vainqueur de la coupe de France. Avant ce quart de finale historique, Fabrice Clément, co-président du club normand se confie.


 

Il faut remonter à 2011, année où le SO Chambéry se hissait en quart de finale de la coupe de France avant de s’écrouler contre Angers (3-0), pour retrouver la présence d’un club de CFA 2 à ce stade de la compétition. Cinq ans plus tard, c’est au tour de Granville de renouveler l’expérience et de porter haut le flambeau du football amateur. Déjà bourreau d’une formation de Ligue 2, Laval (2-1), en 32e de finale, l’équipe du co-président Fabrice Clément a récidivé mardi 9 février 2016 en s’offrant le scalp de Bourg-en-Bresse (1-0) : « Le seizième de finale était déjà historique pour le club, alors la qualification pour les quarts… », savoure-t-il. 

 

 

Tommy Untereiner, un but dans la nuit 

 

 

Dans son stade Louis-Dior plein à craquer malgré « la grêle, le vent », Granville a longtemps bousculé les professionnels sans pour autant voir sa domination récompensée au tableau d’affichage. Le poteau frappé au début des prolongations aurait pu alimenter des regrets si les locaux n’étaient pas parvenus à trouver le chemin des filets. « Ça montrait que notre volonté mentale était grande, que l’équipe était prête à se surpasser », souffle le co-président. Motivés et plus que jamais désireux d’arracher leur billet pour les quarts de finale, c’est par Tommy Untereiner, à la réception d’un centre venant de la droite, qu’ils ont finalement entrevu le tour suivant. « C’était une délivrance et en même temps le début du compte à rebours ». Vingt minutes à tenir. A laisser couler. Avant la délivrance, la vraie, celle que peu de personnes auraient pronostiqué. « On se demande alors ce qui va se passer, est-ce que nous allons tenir ? », s’interroge-t-il. Si l’attente s’est révélée « insupportable », le co-président salue encore le courage et la détermination sans faille de ses hommes, qui malgré « les douleurs, les crampes », sont parvenus à se surpasser pour toucher un exploit jamais atteint au club.

 

Ce soir-là, il était Marseillais… 

 

Au tirage, Granville est le petit poucet. Le club normand espère tirer une grosse écurie de l’élite.  « On avait envie de faire une belle fête chez nous, pour le public, pour la région, car on voit bien que l’engouement dépasse la ville maintenant ». Le mercredi 10 février, le voeux du président est partiellement exaucé. Le petit papier affiche : « Trélissac ou Olympique de Marseille ». La rencontre entre les deux formations devait se jouer le lendemain. Seulement une division plus bas que Trélissac, les Granvillais tirés en second, savent à ce moment qu’en cas de nouvel exploit du club de CFA, après sa victoire devant Lille au tour précédent, ils devront renoncer à la rencontre à domicile et à l’affiche contre un monument du foot français. Fabrice Clément, ce jeudi 11 février, a supporté l’OM : « Pendant une heure trente ». Il se justifie : « On n’avait pas du tout envie de se déplacer chez cette belle équipe de CFA ». Au final, victoire 2-0 des Olympiens, et la certitude pour les amateurs de Granville de se confronter à une Ligue 1. Ce sera au stade Michel d’Ornano et ses 20 000 places, vendues mardi dernier en moins de huit heures. Elles devraient être en grande partie acquises à la cause du petit poucet. 

 

 

« Pas un match d’entraînement »

 

Face à l’Olympique de Marseille, les Normands défieront un habitué de la coupe. Vainqueur à 10 reprises – la dernière en 1989 contre l’AS Monaco – pour 18 finales, le champion d’Europe 1993 a l’un des plus gros palmarès du foot français. Pourtant, les amateurs, n’ont pas prévu de prendre des photos. Ils y croient : « On va jouer le match pour le gagner. Tout dépendra de la façon dont on l’abordera, lance le co-président. On ne va pas faire un match d’entrainement. Ce n’est pas possible de se dire qu’on y va pour se faire plaisir et on verra ce qui passe après », explique-t-il. 

Deuxièmes de CFA 2, ceux qui ambitionnent une montée en fin de saison avouent être actuellement sous le feu des projecteurs : « La pression, ce n’est pas qu’elle est forte, mais on parle que de ça, pour les billets, dans les médias. Qu’on le veuille ou non, c’est forcement inhabituel ». Le lendemain de leur victoire contre Bourg-en-Bresse, les Granvillais ont même fait la Une de L’Equipe : « Comme des grands », titrait le quotidien sportif. Une belle reconnaissance et des souvenirs impérissables qui seront pourtant amené à se terminer : « Faut profiter de tout ça parce qu’on sait que ça s’arrêtera très vite et puis c’est normal. Du coup, il faut tout prendre comme du bonus et uniquement comme du bonus ». 

 

Des raisons d’y croire

 

Malgré son palmarès doré, l’OM a connu ses dernières années quelques sorties de piste en coupe de France. En 2008, au stade de la Beaujoire, le club était passé à la trappe face aux amateurs de Carquefou, qui évoluaient alors au même niveau que Granville. Les amoureux de la coupe se souviennent encore de ce but rapide inscrit par Papa Idrissa N’Doye, qui, lancé seul dans la profondeur, profitait de la sortie hasardeuse du gardien olympien, pour le crocheter et propulser le ballon dans le but vide.

Quatre ans plus tard, il tombait devant l’US Quevilly, pensionnaire de National, au stade Michel d’Ornano à Caen, là où les Granvillais seront bientôt en quête d’un exploit. L’an dernier, pour son entrée dans la compétition, les hommes de Vincent Labrune, après un match fou (3-3), ont été sortis aux tirs au but par Grenoble, évoluant en championnat de France amateur. Des raisons d’espérer  avant le quart… 

 

« C’était son club, l’OM… »

 

Ce quart de finale, leur gardien Clément Daoudou, héroïque au tour précédent, ne le disputera pas. Agressé dans la nuit du mardi – soir de la qualification – au mercredi, il sera loin des terrains pendant  encore un mois. « Il se repose chez lui en famille à côté de Marseille », précise le co-président. Avant de poursuivre : « Il a la gueule éclatée comme après un combat de boxe. C’est impossible, malheureusement, qu’il joue le match de coupe ». Celui qui a passé toute sa jeunesse à quelques encablures du Vélodrome n’aura pas ce privilège. « C’était son club, l’OM », regrette Fabrice Clément. Ils lui ont privé de ça…

 

Jeudi 3 mars, c’est aussi pour leur gardien qu’ils courront après l’exploit. Pour l’emmener lui, le club, et la Normandie au dernier carré de la coupe de France. Une coupe qui leur va si bien…

 

Photo de couverture tirée de la page Facebook de l’Union Sportive Granvillaise.

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Alexis Vergereau

20 ans, étudiant en Science Politique, passé par l'Académie ESJ Lille. Correspondant pour le Journal du Pays Yonnais et co-rédacteur en chef de l'émission radio Globe Sportif.

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