Image Image Image Image Image Image Image Image Image Image
Scroll to top

Top

No Comments

Fais pas ci, Fais pas ça : la thérapie familiale de France 2 

Fais pas ci, Fais pas ça : la thérapie familiale de France 2 
mm

« Fais pas ci fais pas ça ! Viens ici mets-toi là ! Attention prend pas froid ou sinon gare à toi… ». Chaque année, ce sont ces paroles de la chanson de Jacques Dutronc qui annoncent le retour des Bouley et des Lepic, deux familles bien différentes mais dans lesquelles chacun de nous a fini par s’identifier. Alors que la huitième saison de la série phare de France 2 Fais pas ci, Fais pas ça vient de s’achever, un bilan des 62 épisodes de ce qui s’avère être l’un de programmes préférés des Français s’impose, afin de comprendre le phénomène.


 

Deux familles, deux éducations

 

Tel est le credo de la série démarrée en 2007 : on y suit le quotidien de deux familles totalement opposées : les Lepic, « cathos » de droite prônant une éducation stricte et les Bouley, « Bobos » de gauche cherchant à être « à l’écoute » de leurs enfants. Certes la description peut paraître caricaturale, mais chaque téléspectateur s’identifie très vite au caractère de ces personnages que ce soit la flemmardise d’Eliott, l’ « hystérie » de Fabienne… Les acteurs, parents comme enfants, contribuent d’ailleurs à la réussite de la série car ils parviennent à « jouer vrai ».

Ainsi, le mariage de Christophe Lepic et Tiphaine Bouley a marqué au cours de la saison 6 le summum du rapprochement entre les deux familles, désormais liées à jamais et qui, au fil des saisons, ont assoupli leur mode d’éducation.

Au générique de fin, on devrait d’ailleurs ajouter une mention « toutes les familles du monde entier » dans la catégorie « Remerciements », tant les situations quotidiennes de la série sont celles que nous vivons tous : ainsi, quel parent n’a jamais appelé gentiment ses enfants dix fois pour qu’ils viennent dîner avant de finir par hurler, excédé, tel Fabienne Lepic, un épique « A taaaaaaable ! » ?

 

C’est notre vie

 

La clé du succès de la série est donc, en plus de ces situations quotidiennes cocasses, le choix des sujets abordés, sujets que chacun de nous a connu, connaît ou connaîtra peut-être un jour, de près ou de loin. Du chômage des jeunes et des quadras à la phase de « restructuration professionnelle » en passant par l’adultère, les thérapies de couple et la peur de vieillir, les créateurs ont su reproduire la vie, les galères, les peines et les joies des quelques dix-sept millions de Français qui se réunissent en moyenne devant chaque saison de la série… Fais pas ci, Fais pas ça tente donc, à sa manière, d’apporter des réponses à ces questions d’actualité.

Ainsi, lorsque le personnage de Charlotte avoue son homosexualité à ses parents au cours de la saison 6, la France vient de voter la loi sur le mariage pour tous et ce après des mois de débats et de manifestations. 

 

12325380_1569558860029927_831879680_n

L’actrice Valérie Bonneton interprète Fabienne Lepic (crédit photo : france2.fr).

 

Du sérieux et moins de gags ?

 

Telle est la question que certains téléspectateurs se sont posés au cours des deux dernières saisons de la série. En effet, le changement de scénaristes a été perçu de deux manières totalement différentes : certains trouvant les épisodes bien meilleurs qu’avant ; d’autres, au contraire, regrettant le manque de comique. En effet, en abordant des thèmes plus sérieux, le programme laissait moins de place aux traditionnels gags. « Fais pas ci », ce serait plus ça ? Si l’on peut certes noter des changements dans les caractères des personnages, il est peut-être plus juste de penser que ceux-ci devaient, comme nous, évoluer un jour ou l’autre pour permettre à la série de continuer. Ainsi, après sept saisons de grand doute, Denis a enfin trouvé sa voie et semble s’être, un peu, « responsabilisé », quand Renaud, lui, s’est transformé en syndicaliste pour lutter contre la politique de travail chinoise au sein des Robinets Binet. En inversant les codes familiaux, la série a donc trouvé un nouveau souffle.

 

12769477_1569558853363261_1474473531_n

Denis Bouley (Bruno Salomone) a rendu son costume de Médusor au cours de cette saison 8 (crédit photo : France 2.fr).

 

Ainsi, aujourd’hui, on regarde Fais pas ci, Fais pas ça comme si l’on était un de ses personnage car, après huit saisons, l’impression de faire partie de la famille « Boulepic » est bien là, preuve que le pari de faire une série qui nous ressemble est plus que réussi. 

A l’année prochaine, donc, pour de nouvelles aventures avec nos deux fratries préférées, puisque la saison 9 étant d’ores et déjà en préparation.

The following two tabs change content below.
mm

Hortense Crépin

Étudiante en Droit à l'Université de Lille 2 et à l'Académie ESJ Lille.

Submit a Comment