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Procès Kesha vs. Dr Luke : les stars prennent la parole

Procès Kesha vs. Dr Luke : les stars prennent la parole
Marie Zafimehy

Vendredi 19 février, la Cour Suprême de Manhattan a décidé que Kesha resterait liée contractuellement à son producteur Dr. Luke. La chanteuse pop avait en effet attaqué son producteur en justice pour « abus sexuel, physique, verbal et émotionnel » et demandé la rupture de son contrat l’obligeant à collaborer avec lui et sa maison de disque Sony, pour au moins six albums. Une décision de la Cour très vite jugée abusive : beaucoup d’artistes féminines ont fait entendre leur voix pour défendre l’interprète de la chanson « Tik Tok », et plus globalement dénoncer une industrie musicale sexiste.


 

« Quand j’ai lu la décision de la Cour, j’ai eu la nausée. »

 

Cette semaine, c’est Léa Dunham qui a pris les devants de la mobilisation en publiant sur son blog un article intitulé « Pourquoi l’affaire Kesha est bien plus que l’affaire Kesha ». Réputée pour ses prises de position féministes, la scénariste de la série Girls dépeint le portrait d’une justice américaine encore trop laxiste concernant les affaires de viols ou d’abus sexuels.

What’s happening to Kesha highlights the way that the American legal system continues to hurt women by failing to protect them from the men they identify as their abusers.

Lena Dunham à la 24ème édition du "Women in Entertainment Breakfast" hosted by The Hollywood Reporter at Milk Studios on December 9, 2015 in Los Angeles, California.

Lena Dunham à la 24ème édition du « Women in Entertainment Breakfast » hosted by The Hollywood Reporter at Milk Studios on December 9, 2015 in Los Angeles, California.

Cette affaire concerne aussi bien les « pop stars » que les « mères célibataires » victimes de violence conjugale. En mettant en doute les propos de Kesha, la juge en charge légitime le fait qu’un homme – Dr. Luke – contrôle financièrement une femme – Kesha. Certes, un contrat a été signé, mais pourquoi ne pas permettre à Kesha de ne plus dépendre de cet homme qui l’aurait abusée sexuellement ? Sans compter, l’éternelle difficulté de « prouver » que l’on a été violée, pourquoi ce ne serait pas à Dr. Luke de prouver qu’il ne l’a pas violée ?

Selon Lena Dunham, encore trop d’artistes féminines se trouvent oppressées par une industrie musicale sexiste, et des collaborateurs abusifs.

 

Taylor Swift et son chèque de 250 000 dollars

 

D’où une mobilisation d’ampleur chez les stars. La manifestation de soutien la plus réactive – et la plus commentée – a sans doute été celle de Taylor Swift. La chanteuse aux multiples Awards a ainsi fait don à Kesha de 250 000 dollars pour « l’aider à combler ses besoins financiers le temps du procès ».

Un cadeau qui n’a pas été du goût de tout le monde : selon Demi Lovato, « ce n’est pas donné à tout le monde de donner 250 000 dollars comme ça ». La chanteuse a également appelé à « initier une discussion à propos des femmes violées » en critiquant les femmes « utilisant les mots ’empowerment’ ou ‘féminisme’ sans vraiment prendre part aux débats ».

Cette diatribe publiée sous forme de commentaires Instagram faisait suite à une série de tweets publié quelques jours avant.

https://twitter.com/ddlovato/status/701134345545748480

Très vite, le hashtag #FreeKesha a envahi les réseaux sociaux. Plus encore, de multiples artistes féminines ont elles aussi manifesté leur soutien à Kesha comme Lady Gaga ou Kelly Clarckson. Les fans se sont mobilisés et ont même créé un site internet intitulé « Free Kesha » où il est possible de signer une pétition intitulée « Tell Sony not to force her to work with her alleged abuser ».

 

Mais que s’est-il réellement passé ?

 

En 2006, Luke Gollworth approche la jeune Kesha, alors âgée de 18 ans. Il lui promet de faire d’elle une grande chanteuse pop.

Et cela ne rate pas : en 2008, après avoir interprété le single « Right Round » en featuring avec Flo Rida, elle sort son premier single « Tik Tok » en 2009. Son premier album Animal est diffusé la même année et connaît un succès retentissant. Trois autres singles en sont tirés – « Blah Blah Blah », « Your Love is my Drug » et « Take it Off ». Ils atteignent tous le Top 10 dans plusieurs pays.

Mais le revers de la médaille n’est pas aussi glorieux. Rapidement, Kesha accuse Luke Gollworth de ne pas la laisser s’exprimer artistiquement. En octobre 2013, elle avoue au magazine Rolling Stone « ne pas vraiment avoir de contrôle sur sa créativité ». Plus important, Kesha accuse son producteur de l’avoir abusée sexuellement après l’avoir droguée. Là, l’affaire se corse : c’est alors sa parole contre celle de Luke.

De son côté, le producteur se défend – évidemment – de tout abus de quelconque nature. Sur Twitter, il assure ne pas avoir violé Kesha. Une preuve ? Il a été élevé par une mère féministe.

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Marie Zafimehy

Responsable de la rubrique internationale. Étudiante à Sciences Po Paris, en échange à Uppsala, en Suède.

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