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Pourquoi Steve Jobs est un flop

Pourquoi Steve Jobs est un flop
ZB
  • On 5 février 2016

Review Overview

Note sur 10 :
6
6

Imparfaitement percutant

Steve Jobs est un faux biopic percutant tout en rhétorique et interprétation, souffrant cependant d'un manque de nuances et d'esthétisme.

Steve Jobs, c’était l’une des principales sorties de 2016 que j’attendais avec l’impatience d’une gamine. Une réussite inévitable, portée par un engouement cinéphile lors de sa production, puisque, après avoir pressenti David Fincher à la direction, on décide étonnement d’y mettre Danny Boyle, le maestro de Slumdog Millionaire. Début février, le film sort dans les salles obscures. Incognito. Un départ en flop total, pourtant si peu mérité.

 

Dans les coulisses, quelques instants avant le lancement de trois produits emblématiques ayant ponctué la carrière de Steve Jobs, du Macintosh en 1984 à l’iMac en 1998, le film nous entraîne dans les rouages de la révolution numérique pour dresser un portrait intime de l’homme de génie qui y a tenu une place centrale.

 

On connaissait Aaron Sorkin pour l’excellent biopic sur la vie de Mark Zuckerberg. A nouveau, le scénariste s’attaque à un monstre de la Silicon Valley. Le casting modèle réunit des acteurs aux facettes multiples, capables du meilleur : Michael Fassbender en génie de la pomme, la vénérable Kate Winslet en fougueuse assistante, et un Woz barbu incarné par Seth Rogen.

Plus qu’un biopic, loin d’une hagiographie, Steve Jobs est un véritable tribut, et Boyle dirige non pas un récit de vie mais bien un tableau sur les relations humaines. Au delà de la vénération, il signe un portrait psychologique de Steve Jobs, connu pour son génie, mais dépeint ci pour ses errements sociopathes et instables. Excepté le succès international de l’entreprise que l’on pourrait croire uniforme, s’articule sous nos yeux un tableau de trois moments-clés de la vie de Jobs – la genèse et son Macintosh, la débâcle Next, et enfin l’expiation à travers son révolutionnaire Imac. Le scénario se répète, trois fois : rapports intimes avec sa famille et paternalité refusée, relations professionnelles houleuses, presque pernicieuses et toujours effervescentes. Une scène marquante et magistrale ponctue le film d’un dialogue avec son patron, entrecoupée de flashbacks qui se complètent et se répondent. On alterne les flots de dialogue dont la théâtralité est teintée de quelques touches d’humour caustique mais surtout de verve, d’audace, et d’une rhétorique flamboyante. A peine le temps de souffler, le moment-clé s’achève, Steve Jobs est adulé, vénéré, comme une star du rock par ses fans en transe. Avec l’excellent Fassbender, le personnage mythique du créateur d’Apple que l’on imaginait imperturbable, se fissure en douceur, se transfigure, s’humanise.

Même si la facilité de la réalisation est bel et bien exclue, cette dernière surfe sur une timidité beaucoup trop classique : il manque un coup d’éclat pour transcender Steve Jobs, le mégalomane à l’égoïsme exacerbé qu’on ne présente plus. Sans spécialement manquer de rythme, le film, qui se déroule pendant quasiment 2h dans le même décor – des bureaux grisâtres, blafards ou sombres, pose un peu la monotonie. Accompagnée de plans fixes dont le côté épuré et simpliste pourrait presque rappeler l’identité d’Apple si sa platitude ne primait pas, la photographie en devient presque banale. Malgré quelques séquences rythmées par un scénario somme toute brillant, il manque une bande son porteuse de génie pour transformer le biopic en un portrait tout en nuances et esthétisme. L’Apple Addict est en transe, le cinéphile, lui, reste sur sa faim, presque à regretter Fincher.

 

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