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Zootopie : les animaux parlent de vous

Zootopie : les animaux parlent de vous
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  • On 18 mars 2016
  • http://milletandy.tumblr.com

Plus de deux ans après le vif succès de La Reine des neiges, Disney nous dévoile Zootopie, une nouvelle bombe dans le box-office du cinéma d’animation. Bien loin de l’intrigue amoureuse usuelle, cet animé se démarque par cette volonté de proposer un regard critique et universel sur notre société actuelle.


 

Zootopia est une ville qui ne ressemble à aucune autre : seuls les animaux y habitent ! On y trouve des quartiers résidentiels élégants comme le très chic Sahara Square, et d’autres moins hospitaliers comme le glacial Tundratown. Dans cette incroyable métropole, chaque espèce animale cohabite avec les autres. Qu’on soit un immense éléphant ou une minuscule souris, tout le monde a sa place à Zootopia ! Lorsque Judy Hopps fait son entrée dans la police, elle découvre qu’il est bien difficile de s’imposer chez les gros durs en uniforme, surtout quand on est une adorable lapine. Bien décidée à faire ses preuves, Judy s’attaque à une épineuse affaire, même si cela l’oblige à faire équipe avec Nick Wilde, un renard à la langue bien pendue et véritable virtuose de l’arnaque…

 

Buddy movie sont les deux termes employés par le réalisateur Rich Moor pour qualifier Zootopie. Cette expression américaine désigne une spécialité cinématographique où deux personnages à priori antinomiques sont rassemblés pour collaborer ensemble. C’est ainsi que Nick, le renard fripon, va aider la frétillante lapine policière Judy dans son enquête, posant dans un premier temps un certain nombre de problèmes en réalité nécessaires pour que les deux personnages s’apprécient mieux par la suite. Néanmoins, il s’avère important de signaler que Zootopie ne tombe ô combien jamais dans le traditionnel Disney à l’eau de rose ; mais qu’ici, l’intrigue amoureuse est totalement annihilée, et croyez-nous, ça fait du bien.

 

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Poils et féminisme

 

Le parti pris des réalisateurs apparaît dans cette volonté de dépasser les préjugés, notamment vis-à-vis de certains personnages qui sont représentés comme les « tares » de la société. Judy est un personnage intéressant et novateur en tant qu’elle dépasse la contrainte autoritaire parentale qui lui est imposée, taxée d’un déterminisme social qui voudrait que la jeune lapine devienne, à l’instar de ses géniteurs, marchande des légumes comme tout bon lapin. Mais Zootopie nous présente un personnage féminin absolument libéré, qui croit en lui et réussit dans son choix professionnel qui n’est pas celui dicté par la norme. Nous est offerte une vision à la fois fondamentalement optimiste et existentialiste sur le potentiel personnel de chacun dans la société et sur la volonté de se construire véritablement, en tant qu’individu propre. Qui plus est, la jeune lapine qui devient l’amie de Nick (le renard arnaqueur se révèle être finalement un cœur tendre), nous prouve de cette façon que tout est possible à Zootopia. Dans le même temps, le personnage enthousiasmant qu’est Judy nous invite à dépasser nous aussi nos idées préconçues pour mieux vivre avec l’autre et avec nous-même.

Dans cette ville utopique, où chaque espèce vit en harmonie avec les autres, les mammifères les plus minuscules côtoient aussi bien leurs compères que les fauves les plus redoutables. D’ailleurs, si le film s’apparente à une véritable utopie, il peut nous faire penser, ne serait-ce que par son nom, à l’ouvrage utopiste fondateur majeur : la fameuse Utopia de Thomas More.

 

Dystopie animale

 

Mais la présumée utopie est vite brisée, puisqu’un dangereux virus se répand en masse et touche bientôt toutes les espèces animales. Les animaux contaminés par le virus deviennent violents, assoiffés de sang, et la situation devient rapidement incontrôlable. Les prédateurs subissent alors une importante stigmatisation car ceux-ci sont considérés comme étant plus dangereux que les autres espèces, compte tenu notamment de leurs attributs physiques, alors même qu’ils ne sont pas les seuls à être touchés pas ledit virus. Les prédateurs sont donc discriminés socialement dans les lieux publics, dans les transports en commun et au travail, en raison même de leur statut de « prédateur », à cause duquel ils seraient plus propices à la violence.

 

C’est ainsi qu’à la vision de cet animé américain, on ne peut que faire le parallèle avec la situation sociale actuelle aux États-Unis, un pays en pleine période électorale et sur fond de racisme ambiant. Et ce d’autant plus parce que la ressemblance physique entre Bellwether, la brebis xénophobe et adjointe au maire, et le personnage politique candidat à l’élection présidentielle américaine qu’est Donald Trump est évidente sur au moins un point : les cheveux. Et si ce n’est là qu’un détail, il est tout de même légitime de se poser la question, puisque l’accent est curieusement mis, durant toute une scène et non sans insister, sur cette « moumoute » non anodine qui nous en rappelle étonnamment une autre.

 

Capture d’écran 2016-03-06 à 16.07.57

© 2016 Disney Enterprises, Inc.

 

 

Ce film, qui dresse continuellement des parallèles avec nos problèmes sociétaux actuels, est un miroir vivant de l’Occident à travers lequel nous percevons les défauts les plus rebutants de l’homme civilisé, à savoir la discrimination de tout type qu’elle soit et la xénophobie. C’est pourquoi Zootopie n’est pas seulement un film d’animation divertissant pour les enfants (il l’est bien sûr, mais il est aussi bien plus ambitieux que cela). Il se révèle également intéressant pour les plus grands qui pourront davantage saisir le propos social, essentiel, dont il serait dommage de passer à côté. Ainsi, en même temps qu’il rit et qu’il s’amuse, le spectateur de Zootopie est gentiment poussé à la réflexion sur le monde qui l’entoure.

 

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=eOJKgmAZAo8]

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Étudiant en Master 1 Ingénierie des Métiers de l'Information à Dijon, je suis passionné par le journalisme, l'actualité, la photographie et l'écriture.

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