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Supergirl, une super-héroïne féministe ?

Supergirl, une super-héroïne féministe ?
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Que diriez-vous si la cousine de Superman débarquait sur vos écrans ? C’est ce que vient de réaliser la chaîne de télévision américaine CBS avec la première saison de Supergirl, qui vient tout juste de s’achever. 


 

Synopsis : Kara Zor-El, la cousine de Superman alias Karl Zor-El, est envoyée de Krypton, juste avant que la planète ne soit détruite, pour l’accompagner sur Terre et le protéger. Cependant, son vaisseau a été dévié et le temps qu’elle arrive, il s’est écoulé plusieurs années, Karl a grandi et est devenu Superman. Résultat, Kara a appris à se fondre parmi les humains et à cacher ses pouvoirs, en étant adoptée par les Danvers, une famille de scientifiques habitant à National City. C’est un accident impliquant sa sœur adoptive qui va la pousser à se révéler au monde extérieur et à devenir à son tour une super héroïne. 

 

★★★★☆ – À ne pas manquer

 

Ce qui est étonnant, c’est que Supergirl n’est pas un personnage connu de l’univers des super-héros. Elle a été très peu exploitée dans les films, comics ou séries. C’est pourtant un personnage digne d’attention. Tout d’abord pour sa problématique principale : comment se démarquer lorsque l’on est dans l’ombre d’une célébrité telle que Superman ? Ici, Kara cherche à se faire un nom et à prouver qu’elle vaut tout autant que son cousin, qu’elle n’est pas un faire-valoir et qu’elle aussi peut défendre et protéger une ville.

 

 

Les aliens qu’elle pourchasse viennent pour la plupart d’une prison de Krypton, Fort Rozz, et ont été souvent emprisonnés par sa mère, juge sur Krypton et morte durant l’explosion de la planète. C’est donc un devoir pour Supergirl de les retrouver et de les emprisonner, pour protéger la Terre mais aussi honorer la mémoire de sa mère disparue. La figure de la mère reste importante pour Kara, car c’est un modèle de sagesse et de justice à imiter pour elle. On peut observer que Kara a plusieurs “mères“ : sa mère d’origine, sa mère adoptive Eliza Danvers, sa patronne Cat Grant, dirigeante du grand groupe de médias Catco, exigeante, extravagante mais aussi attachante. Alex est une autre figure importante de l’histoire : à la fois confidente et équipière, elle est l’une des rares à connaître dès le départ l’identité secrète de Supergirl, avec Winn, informaticien chez Catco et meilleur ami de Kara dont il est secrètement amoureux, et Jimmy Olsen, photographe connu pour son amitié avec Superman.

Dès le premier épisode, les principaux personnages sont présentés. Heureusement, au fil de la saison, chaque personnage est approfondi, et avec lui son passé, ses failles. L’efficacité narrative de Supergirl est progressive : il faut voir les premiers épisodes comme une introduction ou une grande scène d’exposition théâtrale pour bien poser les bases de l’histoire, une ouverture nécessaire pour les épisodes suivants. Certains personnages sont aussi très caricaturaux au premier abord comme Cat Grant qui est montrée dans les premiers épisodes comme une patronne insupportable et oppressante mais qui s’humanise au fur et à mesure de la série. Avis aux grands amateurs de cet univers, connaissant les comics, séries et films : vous apprécierez sans aucun doute les clins d’œil propre à cette série, car beaucoup d’antagonistes de Superman sont repris et certains acteurs des films ou séries font de courtes apparitions dans certains épisodes.

L’histoire peut paraître basique au premier abord : une super héroïne, torturée par un passé lourd, qui se cherche et qui sauve les gens de “vilains aliens“. Cependant, lorsque l’on creuse un peu, on se rend compte que cette série explore différentes problématiques. Tout d’abord, celles autour de Kara : le poids trop lourd d’un héritage et d’un nom déjà connu, le dilemme auquel elle fait face (vivre normalement ou assumer ses pouvoirs), l’acceptation de sa différence, le regard des autres sur Supergirl, une alien fascinante et effrayante pour certains, les relations amoureuses qu’elle doit gérer, mais aussi familiales puisqu’elle a deux familles : sa vraie, quasiment entièrement décimée par l’explosion de Krypton, qui représente son caractère surnaturel, et l’adoptive, les Danvers, à laquelle elle est très attachée et qui représente sa part humaine. La série expose aussi au fil des épisodes des problématiques actuelles : le trop lourd pouvoir de l’armée aux Etats-Unis, la tendance actuelle à construire des armes de plus en plus puissantes et de plus en plus sophistiquées mais qui peuvent aussi se retourner contre nous, les sacrifices que doivent supporter les femmes pour leur carrière, la course à l’info pratiquée par les médias, la glorification d’une personne impliquant le devoir d’être irréprochable, le pouvoir grandissant et parfois néfaste de la technologie ou tout simplement l’existence d’une vie extraterrestre (ça paraît si évident qu’on peut l’oublier facilement).

 

© CBS/ Supergirl

 

On peut aussi voir dans cette série une dimension féministe. L’héroïne est une femme qui vit seule, qui travaille et qui assume son rôle de super-héros, sa patronne Cat Grant est une femme de pouvoir reconnue et admirée, on peut observer plusieurs femmes comme Alex ou Lucy Lane (sœur de Loïs Lane, la compagne de Superman) au sein de l’armée. Les femmes ont tout autant de pouvoir que les hommes, elles peuvent exercer des métiers similaires, comme le couple Danvers, qui sont tous les deux d’éminents scientifiques. Les rares points négatifs sont surtout liés à la tradition des séries américaines : il y a forcément une histoire d’amour avec un triangle amoureux (Kara est même prise dans deux triangles amoureux !), la famille est très mise en avant, ainsi que l’amitié et la réussite sociale, des valeurs fondamentales aux Etats-Unis. Les scénaristes créent de temps en temps des moments d’empathie où Supergirl est en difficulté et nous apitoie un peu. Cependant, l’émotion est plutôt bien dosée et la série évite de tomber toutes les dix minutes dans le pathos larmoyant, une qualité peu négligeable.

Le casting est plutôt intéressant avec des acteurs pas forcément connus par le grand public : Mélissa Benoist, le rôle principal, qu’on a pu voir dans Glee, Calista Flockhart, interprète de Cat Grant, ayant été le rôle titre de la série Ally McBeal, ou encore Chyler Leigh, alias Alex Danvers, qui a notamment joué dans Grey’s Anatomy. Les seconds rôles sont aussi soignés avec notamment Jenna Dewan, épouse de Channing Tatum, qui joue Lucy Lane, ou encore Peter Facinelli, qu’on a pu voir dans la saga Twilight, qui a ici le rôle du riche et mystérieux businessman Maxwell Lord.

 

Résolument moderne, autant dans son casting, son esthétique que ses problématiques, Supergirl est un série qui contient tous les ingrédients pour en faire un bon divertissement. Si elle n’échappe pas toujours aux travers des productions hollywoodiennes, elle a le mérite de mettre en lumière une héroïne et les thématiques qui vont avec. A l’heure où sa deuxième saison est en préparation, Supergirl ira-t-elle jusqu’à faire de l’ombre à son cousin ?

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Khâgneuse spé H/G. Mi-bretonne mi-parisienne. Amatrice de séries et amie des chats. Nez dans les bouquins et yeux sur un écran.

Comments

  1. David

    Bonjour,

    C’est Kal-El (véritable identité de Superman). Juste ça. Sinon très bonne analyse de la série.

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