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Tommy Birambeau, une plume contemporaine

Tommy Birambeau, une plume contemporaine
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C’est autour d’un jus d’abricot français que Tommy Birambeau, étudiant à Sciences Po Le Havre nous reçoit dans son bel appartement havrais. A 19 ans, il a déjà publié son premier recueil de poésie, Les Immortelles chez Mon Petit Editeur. Son deuxième recueil, Entropie, est toujours à la recherche d’éditeur. Radio Londres s’est intéressé à son parcours pour montrer que tous les jeunes ne sont pas des fanzouzes de Cyril Hanouna. Il y en a aussi qui aiment lire, et qui écrivent avec ambition.


 

Portrait d’un jeune poète

 

Né en banlieue parisienne, Tommy déménage à ses 11 ans à Marseille, non loin de la plage du Mont Rose. Là-bas il découvre la beauté de la mer Méditerranée et a fortiori du sud.

« J’ai désespérément essayé d’être croyant » lance-t-il, comme un aveu. Entre son père qui le pousse à lire des extraits des textes fondateurs religieux étant enfant et sa mère plus pragmatique, Tommy est partagé. Pour lui, Dieu n’est pas la question centrale de la religion. Il préfère l’analyser sociologiquement et affirmer qu’elle est « une vision positive de l’hallucination », sans doute pour se rassurer. Si Tommy croit en Dieu, il y croit pour caresser l’idée de l’irrationnel, mais refuse toute matérialisation de la croyance.

Les premiers livres que Tommy a lu sont les romans policiers d’Agatha Christie puis de Vargas, Dan Brown. Il reste perplexe quand il découvre L’étranger de Camus, pour lui le style est bon, mais l’histoire un peu moins. Plus tard, il découvrira la philosophie camusienne et l’appréciera à sa juste valeur. Houellebecq, conseillé par un de ses profs, l’intriguera tout d’abord par son manque de style, puis par son analyse sociologique incroyable et son sens de l’anticipation remarquable. Tommy cite comme influence Dagerman, qui aurait tout compris selon lui, Baudelaire et Rimbaud pour leur intemporalité, Aragon pour sa sincérité, et Antonin Artaud pour ses théories sur le théâtre.

Puis, quand on lui demande pourquoi écrit-il, il répond au tac au tac, « Je m’en estime capable alors j’écris », puis évoque la théorie d’organisation de la cité de Platon, où chaque individu doit remplir son rôle. Cependant il s’est vite rendu compte qu’il lui est difficile d’apprécier ce qu’il écrit, et que c’est la peur de la mort qui le pousse à écrire pour laisser une trace.

Mais pourquoi choisir la poésie comme support ? Selon Tommy, il faut aller au bout des choses, et la poésie permet de toucher du doigt ce qu’il y a de plus vrai. Inutile d’utiliser des alexandrins, ou autres artifices. Il faut aller à l’essentiel, la poésie permet de tout dire en quelques mots. C’est un travail spontané, qui repose sur la capture de l’instant présent. Son poème « Newton sur le divan » fût écrit dans le bus un soir de pluie  sur son iPhone en un quart d’heure. Ultra perfectionniste, Tommy Birambeau retravaille chacun de ses poèmes pendant des heures pour arriver à une cohérence, une clarté et une universalité qui rend son recueil de poésie prometteur.

 

Entropie, le recueil

 

L’entropie, pour nos lecteurs qui n’ont pas suivi de cursus scientifique c’est l’état de désordre d’un système. C’est une notion de sciences comme de philosophie. Tommy cite La Dernière Question d’Asimov, où le chaos est inévitable, d’où l’entropie qui arrive sans que les ordinateurs ultra puissants n’arrivent à dire si elle peut être évitée. C’est en grande partie à cause de ce fatalisme que Tommy décida d’écrire. Ainsi dans « Newton sur le divan », Birambeau dégage la beauté de la chute qu’est la fatalité. La chute est vraie, puisqu’elle arrivera, et à tout le monde, si bien qu’elle est universelle. Ce qui nous relie tous, c’est que nous allons mourir. Alors, il faudra se poser la question suivante : qu’ai-je tiré de ma vie ?

Le plus grand fatalisme aux yeux de Tommy c’est le temps, qu’on ne pourra jamais arrêter. Ainsi se veut-il indolent ; il dépasse et accepte la fatalité pour faire le beau, c’est-à dire écrire. Sa résignation ne le rend pas pour autant impuissant. Au contraire, la fatalité explique la violence, même si elle est lâche, inutile et qu’elle ne mène à rien.

Dans son recueil, Tommy écrit également à propos de la femme qu’il « caresse du bout des doigts » dans son universalité. On l’aime comme on aime la religion, et elle est mystique, comme une déesse. Son poème « Les yeux de Claire » a été écrit à Tunis, près d’un cimetière marin. Voyageur, Tommy a sillonné le monde, du Sri Lanka au Costa Rica en passant par la Thaïlande, la Tunisie, ou encore la Chine. « J’ai écrit la majorité de mes poèmes ailleurs » précise-t-il.

Quand Tommy Birambeau termine l’entretien, il souffle qu’en fait la poésie c’est « prendre les mots et leur faire dire autre chose ». Il explique avoir rendu hommage à Léo Ferré dans son poème « Des mots », car il partage la même idée que lui : les mots sont des armes. Et comme lui, il est aisé de remarquer qu’il les maîtrise à la perfection.

 

Tous ses poèmes sont en libre accès sur son Tumblr : http://horreuretextase.tumblr.com/

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Léo Juanole

Étudiant en double cursus journalisme/ anglais à l'académie de l'ESJ et à Lille 3.

Comments

  1. Jordan

    Article de très bonne facture, et très original. Continuez de nous faire découvrir des nouveaux talents avec autant de brio Léo Juanole !

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