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Affaire Kerviel : le retour en force de l’ex-trader

Affaire Kerviel : le retour en force de l’ex-trader
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Jérôme Kerviel est connu pour avoir fait perdre 5 milliards d’euros à la Société générale en misant frauduleusement des sommes folles. La banque l’accuse d’avoir misé en bourse des dizaines de milliards d’euros dans le dos de sa hiérarchie. A contrario, l’ex-trader juge que ses chefs l’ont encouragé et que la Société générale connaissait ses positions sur le marché. Analyse d’une affaire qui fait de nouveau la une de l’actualité. 


 

Un retournement judiciaire

 

Rappelons de prime abord que le 24 janvier 2008, la Société générale annonce une perte de 4,9 milliards d’euros dont le responsable est le trader Jérôme Kerviel. En juin 2010, il est condamné à 5 ans de prison dont 3 ans ferme et à 4,9 milliards d’euros de dommages et intérêts ; en appel, les juges confirment le jugement de première instance le 24 octobre 2012. Enfin en mars 2014, la Cour de cassation casse la décision relative aux 4,9 milliards d’euros mais confirme sa peine de prison.

Cependant à la suite du jugement, un élément nouveau vient complexifier l’affaire : Nathalie Leroy, la commandante de la brigade financière et enquêtrice dans l’affaire Kerviel, a affirmé avoir été « instrumentalisée » par la Société générale et s’être trompée dans son enquête. De plus, le site Mediapart a publié un enregistrement qui met en évidence la responsabilité de la banque : une des magistrates instruite du dossier (vice-procureur du parquet de Paris) confie que la banque connaissait les transactions et agissements du trader. Somme toute, Jérôme Kerviel a réclamé une révision de son procès et le Conseil des Prud’hommes saisi par l’ex-trader a condamné la Société générale à lui verser 455 000 euros de dommages et intérêts. Second coup de théâtre en appel puisque vendredi 17 juin, l’avocat général a requis le rejet de la demande de 4,9 milliards d’euros formulée par la Société générale.

 

Escroc ou bouc émissaire ? 

 

L’ancien dirigeant du marché à terme international de France (MATIF), Jacques Werren, considère que la Société générale ne pouvait pas ignorer les agissements de Jérôme Kerviel. La preuve en est, l’année précédant sa chute – c’est à dire en 2007 –, il remporte à la banque 1,4 milliards d’euros en prenant d’importants risques erga omnes. Pourtant, la banque n’avait pas réagi quant à ces prises de risques. De plus, un ex-employé de la Société générale, chargé du contrôle des activités de trading, a déclaré que les pertes formulées par la banque ne représentaient pas la réalité.

En revanche, Maître François Martineau n’hésite pas à le caractériser de « trafiquant d’apparences ». Son confrère Me Jean Veil parle d’un « rogue trader » (trader voyou). D’après la banque, les opérations fictives exécutées par Jérôme Kerviel constitue une « fraude », ces dernières n’étant pas été détectées par les services de contrôle. Les positions du trader étaient « visibles mais pas vues » selon Claire Dumas, la responsable des risques à la Société générale à l’époque des faits.

 

Jérôme Kerviel le 15 octobre 2015 devant le tribunal administratif de Paris. (© Romuald Meigneux/SIPA)

 

Des Jérôme Kerviel potentiels au sein des banques françaises ?

 

Thami Kabbaj, ancien trader, a expliqué que « nous sommes tous des Jérôme Kerviel en puissance ». La raison est simple : en situation d’incertitude, les courtiers sont soumis à des biais psychologiques. Ainsi, Jérôme Kerviel a affirmé ne pas avoir pris de vacance pendant 2 ans ce qui ne peut que renforcer la dimension psychologique dans le choix de ses positions. Aussi, les systèmes de contrôle des banques sont des contrôles essentiellement quantitatifs et mathématiques et même s’il y a un responsable de salle de marchés ou des contrôleurs, ces derniers ne sont pas formés à la psychologie, domaine incontournable dans le trading. Faudrait-il alors, dans une certaine mesure, une assistance psychologique ? 

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Sami Ayadi

Etudiant en 2ème année de droit à l'Université Toulouse I Capitole. Passionné par l'actualité politique, le droit, et les enjeux sociaux plus généralement.

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