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La Corée du Nord s’autoproclame puissance nucléaire

La Corée du Nord s’autoproclame puissance nucléaire
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En Corée du Nord, il est bien connu que l’idéologie du Juche confère à son leader de nombreuses prédispositions. On peut ainsi parler du talent de Kim Jong-Il pour la littérature, puisqu’il aurait rédigé pas moins de 1 500 livres durant ses trois années d’études… Quant au dirigeant actuel, sans pour autant avoir eu recours à la moindre leçon de pilotage, le bien vénéré Kim Jong-Un se promènerait aussi facilement en avion qu’en vélo. Du moins, à en croire les vidéos de propagandes nord-coréennes… Malgré ces exploits qui peuvent nous laisser dubitatifs, une chose est sûre : par l’intermédiaire de ces deux leaders, la Corée du Nord s’est lancée depuis 2006 dans la course à l’armement atomique. Toutefois, la doctrine étalée par le régime coréen, mêlant info et intox, submerge la communauté internationale de doute et mène à se demander où en sont réellement les progressions établies par Pyongyang ? Peut-on à présent parler de « puissance nucléaire » ?


 

Yongbyon en pleine agitation

 

Complexe nucléaire de Yongbyon

Complexe nucléaire de Yongbyon (© DigitalGlobe)

Ce mardi 7 juin, un membre du département exécutif fédéral américain affirme la remise en route d’une usine de plutonium à Yongbyon, où se situe le Centre de Recherche scientifique Nucléaire. Ceci fait suite aux images satellite non-datées obtenues par l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA) et commentées par le directeur général Yukiya Amano : « les indices que nous avons obtenus sont ceux d’activités liées au réacteur de 5 mégawatts, l’expansion des infrastructures d’enrichissement et des activités liées au retraitement du plutonium ». Cette analyse ne peut se faire sans l’aide d’experts sur le terrain. Cependant, les clichés en possession de l’agence onusienne mettent en avant une activité soutenue autour de cette zone par « des mouvements de véhicules, de la vapeur, des rejets d’eau chaude et du transport de matériel », ajoute le patron de l’organisme.

Ces évènements surviennent seulement 5 mois après l’essai nucléaire effectué par la Corée du Nord, à savoir le quatrième depuis 2006 et le deuxième sous l’ère Kim III. Aux dires du régime, les tests du 6 janvier porteraient sur le lancement d’une bombe à hydrogène, bien plus puissante que la bombe A. De cette affirmation, spécialistes et hauts responsables occidentaux tendent au scepticisme, car l’énergie libérée semblait bien plus faible qu’une bombe H, mais supérieure à celle d’une bombe atomique. S’agissait-il alors d’une arme à fission améliorée ? Dans tous les cas, comment la Corée du Nord s’en est-elle emparée ?

 

Entre financements flous et aides pakistanaises

 

En France, pour les années 2014-2019, il a été voté par le Parlement que les dépenses allouées à la dissuasion avoisineraient les 20 milliards d’euros. Même si la dictature coréenne vient d’annoncer fin mars que le budget consacré à la défense sera de 15.8%, investir de telles sommes devrait lui paraître hors de portée. Effectivement, la République populaire démocratique de Corée (RPDC), frappée par une famine dans les années 90 causant la mort de près de 2 millions de sa population, en est sortie grandement affaiblie. À cela viennent s’ajouter son isolement et les nombreuses sanctions internationales qui lui sont infligées. Dans ces conditions, d’où vient cet argent ? En pleine immersion lors du tournage de The Propaganda Game, le réalisateur Álvaro Longoria s’est plusieurs fois posé la question, sans pour autant avoir trouvé ni la moindre réponse, ni un quelconque indice. Sûrement grâce aux trafics de drogue ou encore à l’exportation de travailleurs…

Pour l’aspect technique, ce développement s’est orchestré autour d’Abdul Qadeer Khan. Ce Pakistanais, soupçonné d’être à la tête d’un commerce mondial des technologies nucléaires par les Américains, se serait rendu des dizaines de fois en Corée du Nord entre 1990 et 2001. Et en aurait ainsi profité pour vendre des plans de centrifugeuses.

 

Des armes nucléaires, mais à quelles fins ?

 

Le 6 mai, au détour du Congrès du parti unique, dont le dernier remonte à plus de 30 ans, Kim Jong-Un a assuré que la Corée du Nord « [n’utilisera] jamais l’arme nucléaire si aucune force hostile et agressive ne viole [sa] souveraineté ». Au vu des tensions actuelles, ces propos se veulent apaisants. C’est sans oublier le but ultime qui émane de ces manœuvres : faire pression afin d’assoir son régime dictatorial. Même si la Corée du Nord s’autoproclame « puissance nucléaire responsable », ce statut lui est écarté par la Russie, les États-Unis et ses alliés. Mais surtout par la Chine, son ami de toujours.

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Rodolphe Henrot

Ingénieur opiniâtre de 23 ans. Je me passionne pour la politique, les sciences et à l’actualité au sens large. Sans oublier mon intérêt pour la littérature.
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