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« Vicky », l’histoire d’ « une fille qui se libère »

« Vicky », l’histoire d’ « une fille qui se libère »
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Comment se faire un nom quand celui que l’on porte évoque déjà aux yeux de tous votre père ET votre frère ? Victoria Bedos, fille de Guy, acteur ; sœur de Nicolas, chroniqueur et scénariste, connaît ce sentiment comme personne. Avec Vicky, réalisé par Denis Imbert, elle nous livre une prestation énergique et nous raconte en quelque sorte sa propre histoire mais aussi l’histoire de toutes les filles qui, comme elle, cherchent à s’affirmer. Critique.


 

Victoire est la petite dernière d’une célèbre famille d’artistes. Sans véritable don apparent, l’enfant sage approche des 30 ans et décide enfin de s’émanciper en découvrant l’alcool, le sexe, et… sa voix.

 

★★★★☆ – À ne pas manquer

 

Dans la famille Bedos, je demande Victoria

 

Dans une chronique télé de 2011 réalisée devant son père Guy, Nicolas Bedos parodiait celui-ci en arguant : « D’abord ton nom, c’est le mien ! Je ne te le donne pas, je te le prête ! ». C’est là toute la difficulté de Victoire dans le film : comment réussir à être entendue par tous, et notamment par votre famille, quand votre nom est « sacré » ? Le personnage se décrit donc dans une de ses chansons comme un « bon petit soldat » qui dit toujours « ça va, ça va ». Après avoir annulé son mariage, et à presque 30 ans, Vicky décide donc de faire sa crise d’adolescence au grand dam de son père : tournée des bars, rencontres d’un soir : tout y passe !

 

Une autofiction

 

C’est par ce terme que la comédienne décrit le film qui comporterait autant de fiction que de réalité. Aux spectateurs, donc, de démêler le vrai du faux et de s’identifier plus encore à ce personnage. On ne peut, dès lors, que saluer les prestations de François Berléand et Chantal Lauby dans le rôle des parents de Vicky. Le premier est dépassé de voir son bébé chanter « Je couche le premier soir, certains trouvent ça bizarre ! », quand la seconde soutient sa fille et se félicite de la voir aller au devant des conventions et archétypes familiaux. Jonathan Cohen est aussi très convaincant dans son rôle de frère et ceux ayant déjà lu Nicolas Bedos y retrouveront certaines facettes du personnage. 

 

Thomas Brémond - LGM CINEMA / GAUMONT / NEXUS FACTORY

François Berléand et Jonathan Cohen interprètent le père et le frère de Vicky. Crédits : Thomas Brémond – LGM CINEMA / GAUMONT / NEXUS FACTORY

 

« Celui qui chante se sent grandir et sent sa force au bout des doigts »

 

Ces paroles de Michel Berger décriraient bien le rapport ambivalent de Vicky à la chanson car c’est grâce à elle que le personnage va pouvoir se libérer et se métamorphoser. Déjà en 2014 dans La Famille Bélier, dont elle était la scénariste, Victoria Bedos évoquait l’histoire d’une fille qui, comme Vicky, cherchait à sortir du carcan familial par la chanson. Là encore, elle est un remède, un antidote, un moyen d’exprimer haut et fort ce que cette ingénue n’arrive pas à montrer aux siens.

La bande originale du film est donc composée des chansons du groupe Vicky Banjo que la comédienne a formé il y a déjà quelques années avec Olivier Urvoy de Closmadeuc, qui joue son rôle dans le film. Le duo se décrit comme « rock and branque qui chante l’amour avec pudeur et le sexe sans tabou ». Ainsi, de « je suis alcoolique et c’est magique » à « j’aime faire l’amour, sans détour, j’aime faire l’amour » en passant par « laissez-moi tomber, laissez-moi pleurer », l’ensemble de l’album, sorti à l’occasion du film, nous décrit le parcours de Vicky avec des textes touchants, drôles et plein d’émotions.

 

Crédits : Thomas Brémond - LGM CINEMA / GAUMONT / NEXUS FACTORY

Vicky (Victoria Bedos) et Banjo (Olivier Urvoy de Closmadeuc). Crédits : Thomas Brémond – LGM CINEMA / GAUMONT / NEXUS FACTORY

 

Vicky, c’est nous

 

Denis Imbert, dont c’est le premier film, après avoir participé à la réalisation de la série Platane, signe ici une histoire remplie d’humour et de tendresse et se promet un bel avenir en tant que réalisateur de long-métrages, malgré quelques maladresses dans sa mise en scène.

Vicky est donc un film dans lequel Victoria Bedos a, comme son personnage, réussi à imposer son prénom au sein d’une famille où se faire une place n’était pas un pari gagné d’avance. Toutes les filles se retrouveront dans celle « qui se libère » pour devenir une femme car, quelque soit notre âge, on a toutes un peu de Vicky en nous…

 

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Hortense Crépin

Étudiante en Droit à l'Université de Lille 2 et à l'Académie ESJ Lille.

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