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Bilan : les déceptions de l’Euro 2016

Bilan : les déceptions de l’Euro 2016
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Si l’Euro 2016 aura connu bien des surprises, c’est au détriment de sélections attendues, mais qui se sont totalement manquées lors de ce rendez-vous. Focus sur les contre-performances de l’Angleterre, de l’Espagne et de la Belgique.


 
Angleterre (éliminée en 1/8ème de finale)

 

Toujours placés mais jamais gagnants, les Anglais ont cette mauvaise habitude de ne jamais confirmer les attentes placées en eux lors de grands tournois internationaux. Un nouvelle fois cette année, on attendait des Three Lions conquérants et puissants offensivement, mais il n’en fut rien. Favoris de leur groupe C, les Anglais ont frôlé la correctionnelle. Lors d’un premier match de poule face à la Russie qui aura été marqué par les tristes affrontements entre supporters dans le centre de Marseille, l’Angleterre qui pensait tenir une première victoire se fait rejoindre à la toute dernière minute du temps additionnel et concède donc le nul (1-1). Un résultat pas si catastrophique en soi, sauf que le faible adversaire russe a profité de cette occasion pour décrocher son seul et unique point d’une compétition dans laquelle il aura clairement déçu. Pour le deuxième match contre les voisins gallois, ce sont cette fois-ci les Anglais qui se retrouvent miraculés au bout du temps additionnel, arrachant la victoire grâce à un but de Daniel Sturridge (2-1), alors qu’ils étaient menés 1-0 à la mi-temps. Le dernier match de poule l’opposant à la Slovaquie a donné lieu à un match nul et vierge (0-0), qualifiant les deux équipes pour le tour suivant.

 

L’adversaire se nomme Islande, et ne fait pas bien peur aux Britanniques qui se montrent confiants. Une confiance qui s’accroit avec un premier but de Wayne Rooney qui permet à l’Angleterre de mener 1-0. On annonce alors un match facile aux Three Lions, mais les évènements contraires vont s’enchaîner. L’Islande égalise puis prend l’avantage en quelques minutes, et les Anglais ne semblent pas réagir, sonnés et sans idée face à la belle défense islandaise. Après une heure de tentatives infructueuses, c’est la catastrophe : l’équipe d’Angleterre est éliminée dès les huitièmes de finale de l’Euro 2016 par l’Islande. Humiliés, les joueurs vont devenir les bouc-émissaires de la presse anglaise. Le tabloïd The Sun compare les joueurs à des « idiots » et qualifie la défaite de « pathétique », alors que The Times va encore plus loin en infligeant la cinglante et significative note de 0 à chaque joueur. Cet échec est considéré par The Telegraph comme la « pire humiliation » du football anglais. Cette défaite arrivant trois jours après l’annonce de la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne, les blagues sur un second Brexit coup sur coup sont légion. Dépassé tout au long de la compétition, le sélectionneur Roy Hodgson démissionne dès le coup de sifflet final.

 

Alors qu’on présentait la puissance offensive anglaise comme l’une des meilleures d’Europe, l’équipe n’a absolument pas brillé dans ce secteur au cours de cet Euro. Le duo d’attaque constitué de Jamie Vardy (Leicester) et Harry Kane (Tottenham), qui comptent à eux deux 49 buts sur la dernière saison de Premier League était particulièrement attendu, il a globalement déçu. Si Vardy a moins joué et a été plutôt bon (buteur contre le Pays de Galles), Kane n’a été que l’ombre de lui-même. Symbole d’une équipe en manque total de repères, c’est lui qu’on a vu tirer les coups de pied arrêtés, alors que c’est un joueur de grande taille, plus adroit de la tête qu’avec ses pieds. Sur l’aile gauche, Raheem Sterling a montré l’image d’un joueur extrêmement limité, dont la seule qualité était sa pointe de vitesse. Coupable de plusieurs erreurs fatales, le gardien Joe Hart n’a pas été exempt de tout reproche. On attendait beaucoup plus de Wayne Rooney, dans un rôle reculé mais pas vraiment efficace.
 

Espagne (éliminée en 1/8èmes de finale)

 

Certes, la sélection espagnole qui se présentait en France n’était pas la même que celle qui avait remporté les deux dernières éditions. Mais on attendait tout de même bien plus d’une sélection qui, bien qu’orpheline d’ex-cadres ayant pris leur retraite internationale (Xavi, David Villa ou Fernando Torres), allait disputer la compétition avec de grands noms tels que Sergio Ramos, Gerard Piqué, Andrés Iniesta ou encore Sergio Busquets, tous titulaires indiscutables au Real Madrid ou au FC Barcelone. Mais c’est un fait qu’il va désormais falloir accepter : la Roja n’a plus son ampleur d’antan. Déjà catastrophiques au Brésil, les Espagnols n’ont pas retenu la leçon, et quittent pour la deuxième fois consécutive un grand tournoi international prématurément. Pourtant, tout semblait bien parti après les deux premiers matchs de poule. Le premier bien qu’assez poussif face à la République Tchèque, vit l’Espagne finalement arracher la victoire dans les derniers instants grâce à Piqué. Lors du deuxième match face à la Turquie, on pensait avoir retrouvé l’équipe d’il y a quelques années, avec une Espagne souveraine que rien ne put arrêter ce soir-là, avec un score flatteur mais représentatif de la supériorité espagnole (3-0). Et puis vint ce fameux 21 juin à Bordeaux. L’Espagne affronte une Croatie déjà qualifiée, qui pouvait prendre la première place du groupe au nez et à la barbe de son adversaire du soir. Mais les Croates étaient résignés, car il fallait une victoire ce soir-là pour s’emparer de cette fameuse première place, et si l’Espagne surfait sur la même lancée que contre la Turquie, cela allait être bien difficile pour la sélection au damier. Cette tendance se confirma lorsque les ibériques ouvrirent le score dès l’entame du match. Jouant leur jeu sans aucune pression, les Espagnols gérent alors tranquillement leur avantage. Trop tranquillement ? C’est ce que l’on pensait lorsque les Croates égalisèrent juste avant la pause. Mais c’est alors que les hommes de Vicente Del Bosque déjouèrent, et que l’impensable se produit dans les derniers instants : Perisic et la Croatie venaient de marquer et de rafler la première place du groupe, devant une Espagne battue pour la première fois à l’Euro depuis 2004. Une défaite ô combien symbolique, qui marquait déjà les limites de cette équipe. Mais qu’importe, les Espagnols, bien que sonnés allaient toutefois rejoindre le second tour de l’Euro.

 

Le problème, c’est qu’en terminant première, l’Espagne se serait trouvé du « bon côté » du tableau, évitant ainsi l’Italie, l’Allemagne, la France ou encore l’Angleterre avant une hypothétique finale et s’offrant un chemin de croix jusqu’à cette troisième finale d’affilée. Mais ce but de Perisic a donc tout changé. Le deuxième du groupe D jouant face au leader du groupe E, c’est la redoutable Italie qui va se frotter à l’Espagne à Saint-Denis. Devant une équipe marquée par une solidité défensive époustouflante, les Espagnols ne trouvent pas la solution et leur fameux tiki taka (enchaînement de passes rapides) qui faisait leur force se montre cruellement impuissant. C’est même une Italie décomplexée qui domine, mais la Roja est alors sauvée par son gardien David De Gea puis par le poteau. Finalement, le but inévitable est marqué par Chiellini, et l’Espagne est à la mi-temps du match virtuellement éliminée. Lancés à l’assaut, les Ibériques se heurtent à une défense héroïque et à un Buffon des grands soirs. Pellè marque en contre à la dernière minute et vient enterrer les Castillans. L’Espagne est éliminée du tournoi, tombée contre plus forte mais aussi plus efficace qu’elle. Un dénouement incontestable, qui se transforme en sorte de « passation de pouvoir » entre un football offensif devenu stéréotypé, et une rigueur défensive italienne revenue à la mode lors de cet Euro.

 

Au niveau individuel, c’est toute l’équipe qui a failli. Si il fallait ressortir quelques joueurs du lot, on retiendrait le bon tournoi d’Andrés Iniesta, peut-être le seul à avoir conservé son niveau de l’âge d’or espagnol. Mais trop seul, il n’a pas pu porter son équipe vers les sommets. Devant, Morata auteur de trois buts s’est montré à son avantage et offre de belles garanties pour l’avenir. Dans les cages, David De Gea a été énorme contre l’Italie, mais il n’a pas pu empêcher les deux buts transalpins. C’est absolument tout ce qu’il y a de positif à retenir du séjour des Espagnols en France. Hormis Iniesta, le milieu de terrain a été complètement submergé, avec un Fàbregas qui n’est que l’ombre de lui-même, et un Busquets loin de son rendement au club. Nolito a le plus souvent été fantomatique devant. En défense, la paire Piqué – Ramos, souvent considérée comme l’une des meilleures au monde, a été souvent dépassée et prise de vitesse par les attaquants adverses. Très critiqué et fatigué, le sélectionneur Vicente Del Bosque a démissionné juste après la défaite contre l’Italie. Son successeur, toujours pas connu, aura fort à faire pour redonner à l’Espagne son rayonnement d’antan.

 

Belgique (éliminée en ¼ de finale)

 

À première vue, atteindre les quarts de finale pour une équipe qui disputait son premier Euro depuis 16 ans est plutôt une bonne performance. Le problème, c’est qu’il s’agit de la Belgique, numéro un an (très controversé) classement FIFA, ce qui signifierait théoriquement que cette sélection est la meilleure du monde. Théoriquement, car sur le terrain, c’est tout l’inverse qu’il s’est passé. Les Diables Rouges arrivaient pourtant avec des certitudes et des tops players à chaque poste jouant dans les plus grands clubs : De Bruyne (Manchester City), Hazard et Courtois (Chelsea) ou encore Fellaini (Manchester United). Dès leur premier match du groupe E, les Belges se sont fait surprendre par l’Italie (0-2), au terme d’un match haletant mais au cours duquel les hommes de Wilmots n’auront pas franchement brillé. Lors du deuxième match, ils n’avaient déjà plus le droit à l’erreur contre l’Irlande. Le message fut parfaitement reçu et la victoire nette et sans bavure (3-0) grâce à un doublé de Lukaku. Enfin, le troisième et dernier match contre la Suède fut très poussif, les Belges arrachant leur qualification grâce à un but somptueux de Nainggolan en fin de match. Deuxième de sa poule, la Belgique affrontait la Hongrie, première du groupe F en huitièmes de finale. Si les Hongrois se sont montrés plutôt séduisants en poule, le réveil belge aura été fatal, et l’addition salée : victoire 4-0 des coéquipiers d’un Hazard intenable ce soir-là. Même si le score final n’est pas vraiment représentatif du match (trois buts marqués dans le dernier quart d’heure), ce match aura eu pour mérite de mettre les Belges en confiance avant le quart de finale à disputer face au Pays De Galles.

 

À priori, rien d’insurmontable pour une équipe très (trop ?) sûre de sa force. En face, le Pays de Galles a arraché sa qualification au tour précédent face à la faible Irlande du Nord, et n’effraie personne dans le clan belge. Portés par un public massif (le match se joue à Lille), les Diables Rouges ouvrent le score dès le début du match suite à un frappe somptueuse du romain Naniggolan, déjà buteur face aux Suédois. On se dit alors que ce match sera une balade de santé pour les Belges, qui frôlent le 2-0 à plusieurs reprises face à des Gallois qui semblent tétanisés par l’enjeu. Néanmoins, portés par un gros milieu de terrain, les Gallois réagissent sur corner et égalisent. Le score est de 1-1 au retour des vestiaires, et c’est là que la chute de la Belgique commence. Pas vraiment mis en difficulté, Wilmots tente un coup de poker en sortant Yannick Ferreira Carrasco, remplacé par Marouane Fellaini. Un choix résolument défensif et vivement critiqué au pays après le match, le sélectionneur se privant alors d’un de ses meilleurs atouts offensifs. Même si les Belges dominent la seconde mi-temps, il leur manque alors ce joueur capable de créer la différence à n’importe quel moment. Et les joueurs d’outre-Quiévrain vont le payer cher, encaissant un but dix minutes plus tard, suite à une erreur défensive. Se ruant à l’assaut du but gallois sans réel plan de jeu, ils se font même punir quelques minutes avant le coup de sifflet final par un troisième but, douchant les espoirs de qualification belge. Une défaite logique et méritée, pour une équipe jeune qui a paru tétanisée par l’enjeu que ce match offrait.

 

Il devait surfer sur sa saison prometteuse en Premier League, mais Kevin De Bruyne, très discret, est passé complètement à côté de son Euro. Présente lors de deux matchs seulement sur les cinq disputée, l’attaque belge a été très discrète lors des autres rendez-vous, à l’image d’un Romelu Lukaku peu inspiré, et d’un Eden Hazard souvent moyen. Au milieu, Fellaini et Witsel n’ont pas été à la hauteur de l’évènement, au contraire d’un Nainggolan plutôt inspiré. Défensivement, l’équipe a énormément souffert de l’absence de son taulier Vincent Kompany, et n’a pas montré la solidité que l’on attendait d’elle. Le gardien Courtois n’a ainsi pas brillé comme il le fait chaque week-end en Angleterre. Mais le plus gros problème à n’en pas douter de cette sélection belge, c’est l’entraîneur Marc Wilmots. Vivement critiqué au coup d’envoi de la compétition, il a effectué de nombreux mauvais choix tactiques selon les principaux observateurs mais aussi au niveau du positionnement de ses hommes (De Bruyne perdu sur le terrain), qui auront été fatals à son équipe. Il a finalement été débarqué le 15 juillet, et son remplaçant n’est toujours pas connu. On lui souhaite de faire mieux que son prédécesseur, car cette génération belge est exceptionnelle, et pourrait avec un meilleur coach et plus d’expérience remporter enfin un titre international.

Photo d’illustration : lexpress.fr

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Elio Bono

Étudiant en 1ère année à Sciences Po Paris (campus de Poitiers). Grand amateur de politique française et internationale mais aussi d'économie et de sport

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