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Bilan : Les bonnes surprises de l’Euro 2016

Bilan : Les bonnes surprises de l’Euro 2016
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Après un mois de compétition, l’Euro 2016 a livré son dernier verdict désormais connu de tous, couronnant le Portugal. À défaut d’avoir été très spectaculaire, ce premier Championnat d’Europe à 24 nations aura été riche en surprises. Nous vous en présentons les trois principales : le Portugal, le Pays de Galles et l’Islande.


 

Portugal (champion d’Europe)

 

Il aura donc fallu attendre treize phases finales et plus de cinquante ans pour voir le Portugal soulever le trophée. Et que ce fut dur ! Malgré la victoire finale, cet Euro n’aura pas été de tout repos pour les Lusitaniens. Placés dans le groupe F, considéré par beaucoup comme le plus faible de la compétition, les hommes de Fernando Santos ne devaient faire qu’une bouchée de l’Autriche, de la Hongrie et de l’Islande. Mais rien ne s’est passé comme prévu pour un timide Portugal, auteur de trois nuls (1-1 ; 0-0 et 3-3) et qui n’a alors dû son salut qu’à la très controversée règle des meilleurs troisièmes, de laquelle il a bénéficié pour accéder aux huitièmes de finale. Lors du premier match de la phase éliminatoire, la Seleçao est opposée à d’épatants croates, qui arrivent en pleine confiance après avoir terminé premiers de leur groupe devant l’Espagne. Au cours d’un match très fermé (aucune frappe cadrée en 90 minutes, triste record dans un Euro), le Portugal s’impose au bout du suspense et de la prolongation grâce à Quaresma, entré en jeu. C’est également l’ancien joueur de Porto qui délivre son pays en quarts de finale en marquant le tir au but vainqueur contre la Pologne, achevant un match une nouvelle fois bien triste qui s’est soldé sur le score de 1-1. La demi-finale est elle maîtrisée contre de valeureux mais limités gallois (2-0), et l’apothéose est arrivée le 10 juillet au Stade de France, avec ce but d’Éder en prolongation, passant alors du statut de bouc-émissaire à légende nationale.

 

Mais si le parcours relativement facile du Portugal (aucun favori rencontré avant la finale, une seule victoire en 90 minutes sur toute la compétition) a attisé les critiques, son jeu a également été pointé du doigt. Peu spectaculaire et marqué par une très belle assise défensive, ce 4-3-3 mis en place par Fernando Santos n’est pas le plus beau à voir, mais il est diablement efficace. En effet, cette tactique visant à casser sans cesse le rythme du match de manière à « endormir » l’adversaire a fait ses preuves au cours de cette compétition et a donné raison à l’ex-sélectionneur de la Grèce.

 

Au niveau individuel, on retiendra le superbe tournoi de Pepe, impérial dans les duels aériens et qui, dans la lignée de sa saison avec le Real Madrid, s’impose comme l’un des meilleurs défenseurs du monde. La révélation de ce tournoi est également portugaise, et se nomme Renato Sanches. À seulement dix-huit ans, le jeune prodige qui jouera l’an prochain au Bayern Munich a éclaboussé le tournoi de sa classe et de sa densité physique. Bien que blessé en finale, Cristiano Ronaldo a été plutôt bon, à défaut de surnager comme attendu, et a sauvé son équipe contre la Hongrie grâce à un doublé salvateur. On ne manquera pas de souligner l’excellent tournoi d’un Nani retrouvé, de même que du gardien de but Rui Patricio, décisif à chaque match.

 

À défaut d’avoir été magnifique, le Portugal a enfin remporté un trophée et ouvert son palmarès. C’est peut-être le paradoxe de cette équipe, qui a enfin vaincu le signe indien alors que cette génération semblait moins bonne que celle du début des années 2000, mais qui n’avait rien remporté à l’échelle internationale. Un sacre donc mérité pour cette grande nation de football qui a connu des icônes telles que Figo, Eusebio et bien sûr Ronaldo, tous trois lauréats du Ballon d’Or.

 

Pays de Galles (demi-finaliste)

 

Pour son premier Euro, la sélection galloise a largement dépassé toutes les attentes. Portés par un Gareth Bale impressionnant et ayant pleinement assumé son rôle de star de l’équipe, les hommes de Chris Coleman ont atteint la demi-finale du tournoi, s’imposant comme la première force britannique. Pourtant, le groupe B dans lequel ils figuraient était ouvert, et les quatre équipes le formant (Angleterre, Russie, Slovaquie et donc Pays de Galles) avaient leur mot à dire. Les Gallois ont finalement déjoué les pronostiques en terminant premiers du groupe, grâce à deux belles victoires contre la Slovaquie (2-1) et la Russie (3-0), entrecoupées d’une défaite sur le fil contre les voisins anglais (2-1), lors d’un derby intense au parfum de Tournoi des VI Nations. Sur ces matchs de poule, Bale s’est montré décisif en inscrivant deux coups-francs importants, permettant d’ouvrir le score face aux Slovaques puis aux Anglais. C’est encore lui qui a débloqué un match fermé face à l’Irlande du Nord en huitièmes de finale, délivrant le centre qui a poussé le malheureux McAuley à marquer dans ses propres filets. Mais la plus belle prestation collective du Pays de Galles a eu lieu en quarts de finale à Lille face à la Belgique. Hyper confiants après leur victoire 4-0 au tour précédent contre la Hongrie, les Belges ne perdent pas de temps et ouvrent le score dès le quart d’heure de jeu. Menés, les Gallois ne se montrent pas abattus et recollent tout de suite, grâce à Williams, avant que l’avant-centre Robson-Kanu ne marque un but magnifique permettant à son pays de prendre l’avantage, devant une défense belge apathique. Un troisième but sera marqué en fin de match, scellant le score et officialisant l’incroyable exploit des Dragons. Malheureusement, la belle aventure s’arrêtera en demi-finale, face au futur champion portugais (0-2).

 

Si cette formidable sélection galloise épatait tous les observateurs, on avait peur que cette jeune équipe ne soit trop dépendante du madrilène Bale, qui avait porté son équipe en poules et en huitièmes. Lors du match face à la Belgique, le Pays de Galles s’est sublimé alors que son joueur vedette a pour se part livré un match quelconque. La preuve d’une force collective indéniable, et d’un talent bien présent.

 

D’autre joueurs gallois ont particulièrement brillé tout au long du tournoi, comme le milieu d’Arsenal, Aaron Ramsey. Étincelant notamment contre la Belgique, il aura été le chef d’orchestre d’un milieu de terrain conquérant, bien aidé par Allen et Ledley. Il a assisté impuissant à la déroute de son équipe face au Portugal, à laquelle il n’a pas pris part, purgeant sa suspension. La défense des Dragons a brillé lors de ce tournoi, emmenée par son capitaine Ashley Williams. Le buteur Robson-Kanu s’est quant à lui montré auteur de buts décisifs.

 

Le vent de fraîcheur apporté par cette sélection galloise et ses supporters aura en tout cas été très apprécié, et cette génération a les moyens de continuer sur cette lancée pour s’inscrire durablement comme l’une des meilleures du Vieux Continent.

 

Islande (quart de finaliste)

 

À l’instar des Gallois, les Islandais disputaient cette année leur toute première compétition internationale de football. En revanche, à l’inverse des Britanniques, l’Islande ne possédait dans son groupe aucun joueur n’ayant le talent ni la réputation de Gareth Bale ou Aaron Ramsey. Cela n’a pas empêché les Vikings de réaliser un tournoi pour le moins improbable. Tout a commencé face au futur champion portugais, lors de leur premier match dans le groupe F. Donnés largement perdants, les Islandais s’en sont sortis grâce à beaucoup de courage (et un peu de réussite) avec un très honorable nul 1-1. Ce fut également le score du second match de poule face à la Hongrie, avant la première victoire de la sélection contre l’Autriche, arrachée grâce à ce but à la dernière seconde marqué par Traustason et entraînant la fameuse joie incontrôlée du commentateur local, devenu une des stars de cet Euro. Terminant deuxième de ce groupe, les Islandais affrontent en huitièmes de finale l’Angleterre, deuxième également du groupe B. Menés rapidement suite à un pénalty de Rooney, les joueurs du coach Lagerbäck renversent rapidement la situation grâce à des buts de Sigursson et Sigthorsson puis tiennent héroïquement devant une équipe anglaise apathique et sans idées. La belle aventure s’arrête en quarts de finale avec un large défaite face à la France (2-5).

 

Organisés en un bloc bien compact autour de leur capitaine Gunnarsson et de la tour de contrôle Sigurdsson, les Islandais ont opté pour un style de jeu plutôt défensif, mais néanmoins efficace lorsqu’il s’agissait de se projeter vers l’avant.

 

C’est sans aucun doute l’un des plus grands exploits de l’histoire de l’Euro qu’ont réalisé les Islandais en France. Cette île de 300 000 habitants (dont 10 % étaient en France), qui ne compte que 100 footballeurs professionnels a occupé l’attention des médias internationaux durant trois semaines, qui se réjouissaient de ce superbe conte de fées. Car au-delà de la performance sportive de l’équipe, c’est tout le pays qui bénéficie alors d’un coup de projecteur aussi soudain qu’inattendu, à tel point que l’élection présidentielle prévue durant l’Euro a été reléguée au second plan, et que l’on a aperçu le président tout juste élu dans l’Hexagone suivre les matchs de son équipe. À priori rien d’anormal, sauf qu’il ne se trouvait pas en loge comme il en est coutume mais bien dans le kop islandais, au milieu des fans « lambda ». Un autre monde.

 

Bruyants et enthousiastes, ces fans de l’Islande et leur fameux « clapping » repris depuis par les Bleus auront fait, tout comme leur équipe, très bonne impression lors de premier Euro, et on aimerait vraiment les revoir à l’oeuvre très vite.

 

Malgré leurs profils à première vue bien différents, ces trois sélections ont un point commun. Il se situe au niveau de leur style de jeu, plutôt défensif (moins chez les Gallois) et visant à minimiser les risques offensifs. Cette victoire d’un football moins spectaculaire et plus défensif ouvre peut-être la porte à une nouvelle ère footballistique, qui pourrait succéder à celle basée sur la possession de balle, prônée entre autres par l’Espagne et l’Allemagne.

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Elio Bono

Étudiant en 1ère année à Sciences Po Paris (campus de Poitiers). Grand amateur de politique française et internationale mais aussi d'économie et de sport

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