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Interview – Rencontre avec une franco-mexicaine

Interview – Rencontre avec une franco-mexicaine
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Zoé, franco-mexicaine de 18 ans, nous parle de Trump, de sa famille américaine, de ses proches au Mexique, ainsi que de ce qu’elle ressent par rapport aux attaques répétées du candidat républicain envers son pays maternel et, il y a quelques jours, sur la France. Rencontre.


 

En tant que franco-mexicaine ayant de la famille américaine, tu as sûrement eu vent des deux derniers sondages concernant l’élection présidentielle affichant pour la première fois Donald Trump en tête. Quel est ton opinion par rapport à ces résultats ?

Je garde quand même un peu de recul, parce que je pense que les sondages ne sont pas toujours représentatifs. Puis, je préfère me dire que c’est de passage, que c’est impulsif ou que c’est décidé sur un coup de tête – surtout avec ce qu’il s’est passé récemment dans l’actualité. J’espère que lors des élections, les gens changeront d’avis… J’essaye de voir le bon côté des choses et je ne pense pas que ce soit grave pour l’instant.

 

Selon toi, pour quelles raisons le discours de Trump séduit-il de nombreux Américains ?

Il y a plusieurs raisons. Déjà Obama, cela fait quelque temps qu’il est président puisqu’il a été élu deux fois. Puis il y a eu la crise, l’Obamacare… Car même si pour nous l’Obamacare semble positif, beaucoup d’Américains en ont été déçus. Ainsi, le bilan de sa présidence est en quelque sorte remise en cause. Et avec Hillary Clinton, ils ont le sentiment qu’elle est là pour assurer la même politique, telle une marionnette de Barack Obama ou même de Bill Clinton.

 

D’ailleurs, qu’en pense ta famille résidant aux États-Unis ? 

On va dire que c’est assez spécial. Je ne leur parle pas beaucoup de politique, parce que par rapport à nous, en France, ils ne sont pas très politisés. Mais j’ai la chance d’avoir une famille un minimum intéressée. En tout cas, pour la plupart, ils sont républicains. Donc ça peut en étonner certains.

 

Oui, car ils sont d’origine mexicaine…

Exactement. Mais il faut savoir qu’il y a beaucoup d’Américains d’origine hispanique qui sont attachés à ce parti. Ce sont des gens très catholiques qui tiennent beaucoup à certaines valeurs conservatrices. Du coup, c’est pour cela qu’ils se situent pour la plupart du côté des Républicains. Mais d’une manière générale, je dirais que ma famille est plutôt désintéressée et déçue, parce que Marco Rubio et Ted Cruz, des républicains plutôt modérés, ont assez vite été éjectés de la course.

 

Dans ce cas, les personnes d’origine hispanique et républicains modérés, comme ta famille, vers qui vont-ils se tourner en novembre prochain ?

Ils sont un peu perdus, puisqu’ils sont sans les valeurs auxquelles ils tenaient. En effet, ils se retrouvent face à un extrême, Donald Trump pour qui ils ne vont pas voter, pour sûr. Et de l’autre côté, il y a Hillary Clinton pour qui ils n’adhèrent pas. Et s’ils votent, ils vont devoir s’y résigner, s’y soumettre même. C’est alors possible qu’ils se tournent vers l’abstention…

 

Sur place, au Mexique, comment tout cela est-il perçu, notamment par tes proches ?

Diplomatiquement, le Mexique l’a mal pris, mais les États-Unis essayent de montrer que le discours de Donald Trump n’est pas celui de tout le pays. Cependant, le Mexique prend cela à cœur, puisque les Américains ne voient que l’immigration, qui leur parait être un fléau, alors qu’il existe des accords commerciaux qui les avantagent.

Concernant ma famille, elle se sent directement attaquée. Mais d’un autre côté, ils le prennent comme une grosse blague. Donald Trump dit qu’il va construire un mur, et qu’ensuite les Mexicains le financeront. À ce moment-là, on voit tous les Mexicains qui roulent des yeux. Ils pensent surtout que ce ne sont que des paroles en l’air pour qu’une majorité de la population, blanche américaine et chrétienne intégriste, y adhère. Disons que c’est un discours pour plaire aux masses et que les Mexicains n’y croient pas une seconde.

 

Après le Mexique, récemment le candidat républicain s’en est pris à la France. Il envisage même de complexifier la venue des Français sur le sol américain. Comment as-tu appréhendé cette nouvelle ?

En fait, j’ai appris la nouvelle par mon papa. C’était par téléphone. Et c’est vrai que je pensais que mon père se moquait de moi. Je me disais que c’était bizarre qu’à la fois le Mexique et la France soient attaqués, donc mes deux nationalités, je trouvais ça un peu… Enfin, j’avoue que je l’ai pris personnellement, parce que ça m’affecte dans tous les sens du terme. Jusque-là, ça ne touchait que mon côté mexicain, alors quand il a attaqué la France, j’étais confuse. Comment peut-on être aussi étroit d’esprit ?

Puis, le fait que son discours soit littéralement « si la France est attaquée par les terroristes, c’est la faute aux Français, donc on ne laissera plus rentrer les Français sur le sol américain »… C’est un sentiment d’exaspération qui m’a parcouru… Le fait que mes deux identités soient désormais un frein pour visiter les États-Unis est assez frustrant comme pensée. Oh, mais finalement, s’il est président, je ne compte pas y mettre les pieds !

 

Si tu avais Donald Trump en face de toi, que lui dirais-tu ?

J’hésite entre le regarder avec beaucoup de haine dans les yeux, ne rien lui dire et partir, ou lui sortir une grosse vacherie… Ou l’ignorer ; car en tant que personne, je n’aurais rien à lui dire. J’ai trop de choses en moi pour lui dire quoi que ce soit.

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Rodolphe Henrot

Ingénieur opiniâtre de 23 ans. Je me passionne pour la politique, les sciences et à l’actualité au sens large. Sans oublier mon intérêt pour la littérature.
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