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Clément Schaeffer, le rêve américain

Clément Schaeffer, le rêve américain
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L’équipe de France de football américain junior prépare le championnat d’Europe 2017. Il sera organisé à Paris, l’été prochain. Malgré ses 20 000 licenciés, la FFFA (Fédération Française de Football Américain) a toujours du mal à rendre ce sport populaire. Malgré tout, les clubs jouent et forment d’excellents joueurs. Clément Schaeffer est un jeune footballeur américain de 18 ans. Originaire du Havre, il est coaché par Guillaume Marignan, ancien manager général de l’équipe de France et aujourd’hui coach des Salamandres du Havre.


 

Clément a fait connaissance avec le football américain il y a quatre ans. « J’ai débuté à 15 ans. J’étais trop jeune pour jouer en équipé alors j’ai fait du flag avec un ami qui m’avait fait connaître ce sport ». Avant de pratiquer le football américain, il a fait du tennis, de la gym et du kung-fu. Ce que Clément aime dans ce sport, c’est : « l’esprit de famille, qui rend ce sport pas commun, il y a vraiment quelque chose de différent. Il n’est pas individuel, tout le monde est important dans l’équipe ».

Il s’est très vite dirigé vers le poste de quaterback, car il « aime diriger et avoir la main sur le jeu ». Son rôle consiste à annoncer les jeux et lancer les ballons à ses receveurs ; en somme, il commande l’attaque et ne participe pas à la phase défensive. C’est un poste crucial au football américain qui nécessite beaucoup de travail. Pour son entraîneur Guillaume Marignan, « Clément a des qualités intrinsèques. Il a une capacité à faire de grandes choses. En plus, c’est un gros bosseur. Avant qu’il parte à Reims avec l’équipe de France, je l’ai fait s’entrainer deux fois par jour ».
Selon Clément, si le football américain ne marche pas aussi bien en France qu’aux Etats-Unis, c’est parce qu’en France « c’est une autre mentalité, un autre état d’esprit. Aux Etats-Unis, c’est une religion ». Il y a également selon lui « un souci de visibilité, les matchs ne sont pas diffusés à la télévision gratuitement ». En effet c’est la chaîne Qatari Be In Sport qui a les droits de la NFL. « Même si certains matchs internationaux passent sur Eurosport, ce n’est pas suffisant ».
Clément trouve cela étrange que des jeunes joueurs de « soccer » soient payés alors que les meilleurs joueurs du championnat élite (première division) ne touchent rien. Le souci est « le manque de reconnaissance » dont ce sport est victime. Une inégalité que Guillaume appelle « la discrimination sportive ». Pour lui le football américain n’est pas assez pris au sérieux par les mairies et les autres organismes. Les sports tels que le foot ou le basket bénéficient de plus de crédit alors « qu’il n’existe pas de hiérarchie des sports ! » s’indigne-t-il.

S’occuper d’un club de football américain n’est pas une tâche facile comme l’explique Guillaume Marignan : « Il y a un manque de structure. Pas assez d’entraîneurs diplômés ». Si bien que parfois des clubs mettent la clef sous la porte au bout de trois ans. Au Havre, le projet qu’il a porté va être mis en place. Une sorte de « mutualisation » de l’espace. Et la création d’un réel « lieux de vie, où les gens auront envie de venir » au stade Youri Gagarine. Une salle de musculation sera aussi installée pour tous les licenciés de tous les sports proposés au stade.
Les clubs de football américain sont dépendants des licences qu’ils signent, et ainsi doivent être le plus attractif possible pour gagner un minimum d’argent et un effectif. Les Salamandres du Havre organisent chaque année, depuis 1998, le Flag Océane, qui fut un temps la plus grande compétition de flag européenne. C’est une petite source de revenu pour le club et surtout l’occasion de créer une atmosphère de fête autour du football américain.

 

Equipe de France

 

Clément est désormais en équipe de France junior. Il y a 2 ans, il a participé à des détections qui ont débouché sur le « Junior Bowl », où 300 jeunes joueurs français sont réunis un week-end pour jouer sous les yeux des entraîneurs de l’Equipe de France, qui, à l’issue de ces deux jours ont sélectionné les meilleurs éléments.

En février dernier à Amiens puis en mi-juillet, à Reims, Clément et ses coéquipiers se réunissent lors de camps d’entrainements. Ils ont fait cet été un test physique qui mêlait agilité, vitesse et force noté sur 700 points « sous 40 degrés » précise-t-il, en souriant. Clément a dépassé les 500 points et il fait désormais parti du « club 500 ». Ils sont cinq en junior à y être parvenu, et Clément est le seul attaquant.

 

Clément et ses coéquipiers de l’équipe de France faisant partie du club 500 (photo FFFA),

Clément et ses coéquipiers de l’équipe de France faisant partie du club 500 (photo FFFA).

 

Ils joueront un match amical en octobre contre une équipe anglaise, puis de nouveau en décembre chez elle. Clément a de grandes chances de jouer. Le groupe sera de 43 à 53 joueurs, tous âgés de 15 à 18 ans.

Même s’il a été approché sur Facebook par un club canadien, Clément garde la tête sur les épaules. Il n’était pas question de partir à 17 ans au Canada. Son coach, furieux, a incendié la fédération canadienne, qui éthiquement et professionnellement n’était pas correcte. Clément finira ses études de génie mécanique au Havre et continuera à faire les beaux jours des Salamandres encore deux ans ; après, comme l’indique Guillaume : « il aura probablement la possibilité de vivre quelque chose d’incroyable. Pourquoi pas les Etats-Unis… »

Espérons-le !

Photo de UNE : Maxime le Pihif. 

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Léo Juanole

Étudiant en double cursus journalisme/ anglais à l'académie de l'ESJ et à Lille 3.

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