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Paris 2024 : une candidature participative

Paris 2024 : une candidature participative
Emmanuelle Mimoun

Alors que depuis plusieurs années, les villes candidates ou organisatrices de Jeux Olympiques se heurtent à une opposition croissante de la part des habitants concernés par les vastes chantiers que les Jeux impliquent, la candidature de Paris pour les Jeux d’été de 2024 propose une approche nouvelle, à travers un dispositif de concertation populaire, inédit dans l’histoire des Jeux.


 

Paris 2024 : une candidature citoyenne adossée à une plateforme de concertation inédite

 

Officiellement lancé au mois d’avril 2016, le dispositif de concertation populaire mis en place par le Comité de candidature Paris 2024 représente une initiative inédite dans l’histoire des Jeux Olympiques. En vigueur jusqu’à septembre, il permet à tous les Français de prendre pleinement part à la réflexion menée sur la candidature de la capitale. Des ateliers de concertation « classiques » sont organisés sur le terrain par le comité de candidature en étroite collaboration avec les collectivités locales, mais c’est surtout la plateforme numérique dédiée à la candidature (www.concertation.paris2024.org) qui représente une véritable innovation et démarque ainsi Paris de ses compétiteurs dans la course aux Jeux.

Sur cette plateforme, qui a l’ambition d’être une véritable caisse de résonance au service de l’initiative citoyenne, les internautes peuvent présenter leurs idées, réagir aux autres propositions, ou bien voter pour des initiatives existantes dans trois grands domaines : l’intégration du sport dans la société, le développement économique et territorial, les festivités relatives aux Jeux. Cet exercice a déjà donné lieu à des propositions aussi diverses qu’originales, comme la mise en œuvre d’une journée nationale du sport, la mobilisation des junior entreprises, ou bien l’organisation d’un saut parachutiste formant les anneaux olympiques dans le ciel parisien. Les propositions ayant recueilli le plus de voix favorables seront retenues à la fin de la concertation, en septembre 2016.

La plateforme numérique met aussi à la disposition des internautes un « kit de concertation », permettant à chacun d’organiser, s’il le souhaite, un atelier de concertation dans son quartier. Cette association entre le digital et le réel permet ainsi au dispositif de concertation de bénéficier d’une visibilité accrue – notamment à travers les réseaux sociaux – tout en restant au plus proche des préoccupations des citoyens concernés par le projet.

A ce titre, la candidature de Paris représente la première candidature véritablement participative de l’histoire des JO, en s’adaptant à un nouveau contexte dans lequel les exigences des citoyens en termes de représentativité, de transparence et de responsabilité (tant financière et qu’écologique) sont plus fortes que jamais.

 

La concertation populaire : un impératif à l’heure où la tenue de Jeux Olympiques devient un sujet de plus en plus polémique

 

La mise en œuvre du dispositif de concertation n’est pas anodine : depuis plusieurs années, les villes candidates ou organisatrices de Jeux Olympiques se heurtent à une opposition croissante de la part des citoyens concernés par les vastes chantiers que les Jeux impliquent.

L’impact du projet sur les finances publiques, la soutenabilité environnementale, les retombées économiques et urbanistiques des chantiers, la transparence dans la gestion des Jeux sont autant d’aspects qui soulèvent désormais de nombreux débats au sein de la société civile, qui peuvent parfois déboucher sur un retrait pur et simple de la candidature.

Ainsi, en novembre 2015, les habitants de Hambourg ont voté à 51,7% pour le retrait de la candidature de la cité hanséatique aux Jeux Olympiques de 2024, à travers un référendum organisé par la ville. Deux ans auparavant, les habitants de Munich avaient déjà quant à eux rejeté la proposition de la ville pour les JO d’hiver 2022. Parmi les villes toujours en lice (Paris, Rome, Budapest, Los Angeles), le sort de Rome reste en suspens à la suite de l’élection de la candidate du Mouvement 5 Etoiles Virginia Raggi à la mairie de la ville en juin dernier. Cette dernière a en effet clairement indiqué au cours de la campagne son opposition aux chantiers pharaoniques liés aux Jeux, dont le coût est estimé à 5 milliards d’Euros.

Enfin, Rio est peut-être la ville qui illustre le mieux la détérioration de l’opinion publique vis-à-vis des Jeux. En 2009, les cariocas avaient accueilli avec enthousiasme la sélection de la ville pour les Jeux Olympiques d’été 2016, les premiers sur le continent sud-américain. Néanmoins, début juillet 2016, ces derniers sont descendus par milliers dans les rues pour appeler au boycott des Jeux et réclamer plus d’investissements dans les services publics, sur fond d’une grave crise économique, politique et sociale.

Tout cela montre la nécessité d’associer les citoyens au plus près de la candidature olympique afin que celle-ci s’inscrive dans une démarche de développement urbain durable et recueille l’adhésion du plus grand nombre.

 

De la nécessité d’impliquer davantage la jeunesse

 

La concertation en cours met un accent fort sur la représentativité des différents territoires franciliens ainsi que des différentes parties prenantes au projet olympique (monde sportif, tissu associatif, mouvement sportif, collectivités, Etat…). Pour autant, il est nécessaire d’impliquer davantage les jeunes dans la construction du projet olympique, car les chantiers et investissements qui en découleront seront leur héritage.

Pour ce faire, une idée pourrait être de recruter des jeunes lycéens bénévoles comme « ambassadeurs de la concertation ». Ces derniers auront pour fonction de relayer les informations relatives à la concertation dans les établissements scolaires, d’organiser des ateliers thématiques au sein de leur établissement et de présenter des délégations d’étudiants en vue de participer aux ateliers organisés par le Comité de candidature.

En donnant une véritable dimension intergénérationnelle à sa candidature, Paris pourrait ainsi davantage marquer sa différence et faire revenir – un siècle plus tard – les Jeux Olympiques d’été dans la capitale.

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Emmanuelle Mimoun

Lycéenne en Terminale Economique et Sociale à Paris. Passionnée d'Histoire et d'actualité politique et économique.

Comments

  1. Alex le vert

    C’est intéressant de faire une candidature participative… Mais cela ne permettrait pas justement de légitimer la candidature de Paris à l’organisation des JO 2024 ? Le risque étant de masquer l’opposition croissante à la tenue de cet événement, en leur rappelant que s’ils ne sont pas contents, ils peuvent donner leur avis… Mais se faisant, ils légitimerait le processus de candidature « participative ».

    L’invisibilité ou la légitimation du projet, voilà le choix qu’on nous donne, alors que la question qui doit se poser devrait être : On organise ou on organise pas ces jeux ? Est-ce que c’est dans l’intérêt général qu’on fait ça ? Où vont aller l’argent et les retombées économiques ? (Certainement pas dans les poches de ceux qui en ont besoin…)

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