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« Braquo », ultime saison : Caplan et son équipe rendent les armes

« Braquo », ultime saison : Caplan et son équipe rendent les armes
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Lancée en 2009 par Olivier Marchal, la création originale la plus froide de Canal Plus entame sa quatrième et dernière saison. Et après plusieurs années de (bons et loyaux ?) services, l’équipe d’Eddy Caplan tire sa révérence. Critique et bilan d’une série qui, au fil des saisons, s’est ensevelie dans une spirale de violence.


 

Caplan, Morlighem et Roxane se retrouvent aux prises avec le redoutable Baba Aroudj dont Morlighem a tué le fils lors d’une opération de police. Les trois policiers vont donc, une fois encore, devoir franchir la ligne jaune alors que l’Inspection Générale de la Police Nationale est à leurs trousses. Plus exposés, plus en danger : dans cette dernière descente, Caplan est plus que jamais en proie à ses démons…

 

★★★☆ – À voir

 

Quatre saisons, deux écritures

 

Braquo, c’est avant tout la figure d’Olivier Marchal, ancien inspecteur de police et désormais réalisateur de nombreux thrillers comme 36 Quai des Orfèvres ou MR73. En effet, qui mieux que lui pouvait montrer la réalité du monde policier ?

La série nous était donc présentée, au départ, comme le quotidien sombre et noir de quatre policiers de la sous-direction de la Police Judiciaire des Hauts de Seine. Pour venger leur collègue, Eddy, Roxane, Walter et Théo n’avaient pas hésité à dépasser la ligne jaune en commettant l’irréparable. Et une fois cette ligne dépassée, il est bien difficile de revenir en arrière et de sortir de cette spirale de violence.

Seulement, à la fin de la première saison, Olivier Marchal abandonne l’écriture de la série. Et c’est Abdel Raouf Dafri, scénariste, entre autres, du film de Jacques Audiard Un Prophète, qui reprend les commandes de Braquo. La critique déplore alors un changement dans le style de la série. Les quatre policiers n’ont plus à faire à de petits truands mais plutôt à de gros caïds de puissantes organisations. L’ennemi numéro un de Caplan, le terrible inspecteur Roland Vogel, devient, lui, un dangereux psychopathe, au point de tuer en fin de saison 2 le lieutenant Théo Wachevski (Nicolas Duvauchelle).

Ces nouvelles intrigues démarrèrent donc une véritable descente aux enfers. Les balles se succèdent et la violence se multiplie, laissant moins de place à une possible empathie pour les personnages principaux. Mais ce choix d’écriture est totalement expliqué par Abdel Raouf Dafri. Sur le site de Canal Plus, il déclare avoir décidé d’ « injecter un style et un délire qui font désormais partie de la marque de fabrique de la série » et ajoute que « de dépressifs et plaintifs, Eddy Caplan et les membres de son équipe deviennent agressifs et ultra-vindicatifs ».

Braquo a d’ailleurs obtenu un Emmy Award en 2012 à l’issue de la seconde saison, preuve que, malgré ses détracteurs, la nouvelle dynamique de la série plaît à un grand nombre de téléspectateurs.

 

Jean-Hugues Anglade interprète le commandant Eddy Caplan (crédits photo : Tibo et Anouchka / Capa Drama / Canal+)

Jean-Hugues Anglade interprète le commandant Eddy Caplan (crédits photo : Tibo et Anouchka / Capa Drama / Canal+)

 

« On est des flics, pas des tueurs »

 

Voilà comment résumer l’esprit de cette dernière saison. Prononcée par Eddy Caplan (Jean-Hugues Anglade), cette phrase restera parmi les plus célèbres « punchlines » de BraquoBien que difficile à croire au premier abord, ces quelques mots sont pourtant totalement véridiques. Car si la violence fait partie intégrante de la série, il ne s’agit plus de tuer pour tuer mais bien de faire la justice afin de se sortir une bonne fois pour toute de cette spirale infernale dans laquelle les protagonistes sont pris au piège.

Et tout au long de ces huit derniers épisodes, le téléspectateur voit donc en Caplan une sorte de frère qui tente de rendre à son équipe des valeurs simples que sont l’amour et la famille. Bref, les remettre sur le droit chemin de la vie duquel lui, il le sait, s’est bien trop écarté pour espérer obtenir une quelconque rédemption. Jean-Hugues Anglade considère d’ailleurs que cette ultime saison a été pour lui la plus complexe à tourner, tant son personnage avait atteint un point de non-retour. A travers ces huit nouveaux épisodes, on retrouve l’équipe du SDPJ 92 à Marseille où, après les Russes, c’est une guerre contre les mafias turque et marseillaise qui est engagée. La saison suit donc la même logique que la précédente mais, là encore, c’est la psychologie des personnages qui nous intéresse le plus.

Car le succès de la série tient surtout à ses trois interprètes. Outre Caplan, les personnages interprétés par Karole Rocher et Joseph Malerba nous inspirent tout de même une forme de compassion qui permet de comprendre comment l’équipe en est arrivée là.

 

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Karole Rocher interprète le lieutenant Roxane Delgado (crédits photo : Tibo et Anouchka / Capa Drama / Canal+)

 

Braquo est donc une série qui a su séduire les adeptes du genre policier, quels qu’ils soient. Comme pour toutes les créations originales de Canal Plus, on privilégie le marathon en visionnant les huit épisodes pour ne pas perdre le fil de l’histoire. Et dans un final qui conclut la série de la manière la plus prévisible pour les fans, on en vient à oublier le manque de crédibilité qu’on peut reprocher à plusieurs intrigues. Car c’est avec un peu d’émotion qu’on regarde Caplan, un flic, un vrai, tirer une dernière balle dans son blouson en cuir, fatigué, comme son propriétaire, de la noirceur de la vie.

Les épisodes 3 et 4 de Braquo seront diffusés ce lundi à 21h sur Cana Plus. L’intégrale de la saison peut d’ores et déjà être visionnée sur Canal Plus à La demande.

 

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Hortense Crépin

Étudiante en Droit à l'Université de Lille 2 et à l'Académie ESJ Lille.

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