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Le gouvernement Valls, le mâle des femmes

Le gouvernement Valls, le mâle des femmes
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« En France, les femmes sont libres ». Manuel Valls nous l’assure dans sa réponse lundi au New York Times. Le journal américain avait publié quelques jours plus tôt des témoignages de femmes musulmanes européennes faisant part des discriminations qu’elles subissaient. Encore une fois le gouvernement  – et Valls lui même – n’ont pas tout compris à la condition des femmes en France.


 

En voulant contribuer au débat estival du burkini le New York Times a décidé de diffuser le témoignage des principales intéressées. Cette initiative n’a pas vraiment plu à Manuel Valls qui juge l’article avec sévérité : « Ce que je conteste avec la plus grande vigueur, c’est que la journaliste donne la parole à des femmes de confession musulmane en prétendant que leur voix serait étouffée, et ce, pour dresser le portrait d’une France qui les oppressent. (…) Par ailleurs, elle n’explique pas ce que sont les principes républicains : liberté, égalité, fraternité, et la laïcité à la française ». Le problème dans cette réponse très complète est l’axiome intangible donné par M. Valls : « En France les femmes sont libres ». Et bien non, pas vraiment.

Les femmes sont peut-être libres en ce qui concerne la loi mais la réalité ne leur est toujours pas favorable. Les femmes seraient libres si elles partaient dès leur naissance avec les mêmes chances et opportunités que leurs homologues masculins. Elles font face à des obstacles liés à leurs conditions féminines vaginales.

 

Et les exemples quotidiens sont multiples : la taxe tampons qui rend ce produit un bien de consommation secondaire et non de nécessité, étonnant quand on sait que les femmes représentent plus de la moitié de l’humanité; le plafond de verre, phénomène économique qui constitue un obstacle à l’évolution de certaines femmes dans le monde du travail, le  temps partiel ou encore harcèlement de rue sont des obstacles de tout les jours. La dernière étude en date commandée par Laurence Rossignol révèle que 40% des femmes de plus de 20 ans ont déjà subi une humiliation ou discrimination liée à leur sexe de plus qu’une femme sur deux déclarent avoir changé sa façon de s’habiller pour éviter le harcèlement. Dès lors, ce sexisme ambiant empêche la liberté égalitariste de s’installer.  

De même quand Valls décide de comparer Marianne aux femmes lors du meeting de rentrée du Parti socialiste : « Marianne elle a le sein nu parce qu’elle nourrit le peuple, elle n’est pas voilée parce qu’elle est libre ! C’est ça la République ! ». De nouveaux, il semble nécessaire de répondre à cet amalgame plutôt flagrant: déjà parce que Marianne est une allégorie de la République et ne représente pas les femmes, mais simplement l’ensemble des valeurs défendues par la République. Les valeurs justement, rappelons que la liberté est de mise dans notre devise. Elle permet ainsi aux femmes de décider de la manière de se vêtir. Ainsi,  ce n’est pas être libre que d’avoir le sein nu. Être libre pour une femme de la République française c’est notamment décider de couvrir ou pas cette partie de son corps. Au delà de cette dualité voilée ou nue, il est très réducteur de soumettre les femmes à cette seule alternative. Etre – ou ne pas être – une femme peut s’exprimer de mille manières différentes. C’est ça la liberté.

 

Il y a quelques mois déjà, le gouvernement faisait un couac en décidant de créer un ministère des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, avec à sa tête Laurence Rossignol. Accoler un ministère, qui a pour mission de prôner et de participer à la mise en pratique (et pas seulement légiférer) de l’égalité hommes-femmes, de l’enfance et des familles revient à réduire la femme au simple rôle maternel. Ce ministère conforte l’idée misogyne portée par la société que les femmes ne peuvent s’occuper que des affaires relevant du social et de l’enfance. A partir de là, il semble déjà compliqué d’œuvrer concrètement pour la parité réelle entre les hommes et les femmes.

Alors, non Monsieur Valls, les femmes en France ne sont (toujours) pas libres. Pas tant qu’elles seront cantonnées au rôle de mère ou qu’elles seront jugées selon des critères qui ne vous semblent pas corrects.

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Alizé Boissin

Etudiante bordelaise, aimant partager des cannelés et des idées avec la e-communauté

Comments

  1. Nihad

    Ni liberté acquise, ni égalité acquise…
    Super article ! merci Alizée !

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