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Macron, ou la création politique de François Hollande

Macron, ou la création politique de François Hollande
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Le 12 août 2014, Emmanuel Macron est venu remplacer l’ancien Ministre de l’Économie, du Redressement productif et du Numérique Arnaud Montebourg. Un peu plus de deux ans après, il démissionne du gouvernement. A seulement 38 ans, celui qui estime que le clivage droite/gauche est aujourd’hui caduc et que la véritable division est celle qui existe entre les progressistes et les conservateurs semble connaître une popularité exponentielle. Ses idées libérales – dérégulation du marché du travail et plus grande flexibilité – ont-elles été efficaces ? Pourront-elles le mener à la victoire finale en 2017 ? Analyse d’un énarque (trop ?) ambitieux.


 

Le bilan politico-économique

 

La principale mesure économique d’Emmanuel Macron tient à la Loi qui porte son nom, renommée « projet de loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques » présentée en conseil des ministres en décembre 2014 et promulguée le 6 août 2015. Utilisation qui d’ailleurs avait rendu furieux un certain nombre de parlementaires et notamment les frondeurs. Ainsi, Pascal Cherki, député PS frondeur, s’était emporté le 15 juin 2015 en affirmant sur Twitter : « Le 49-3 en première lecture, après le débat, c’est : ‘cause toujours’. En deuxième lecture, le 49-3 au début du débat c’est ‘ferme ta gueule’ ». Ainsi, les propositions d’Emmanuel Macron n’ont pas toujours fait l’unanimité, même dans ses propres rangs.

Un an et deux mois et demi après, quelles ont été les effets de cette loi ? D’abord, la création de nouvelles lignes d’autocars a permis la formation de 1 500 emplois. Ensuite, la mise en place du travail le dimanche a accordé la possibilité aux commerces d’ouvrir douzes dimanches dans l’année et non cinq comme auparavant. Les méthodes utilisées par la commission en charge de la rédaction de ce projet de loi consistaient à comparer l’évolution de l’offre de transport dans toutes ses dimensions (trajets, réseaux, horaires, prix, concurrence avec les autres modes de transport).

Enfin, la Loi Macron a libéralisé les professions réglementées, réformé le permis de conduire et créé des zones touristiques internationales.

Malgré ces mesures, le Ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique n’a pas réussi à renverser la courbe du chômage : après le départ de Montebourg, la France comptait 3,415 millions de demandeurs d’emploi de catégorie A (c’est à dire des demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi) ; ils étaient 3,506 millions fin juillet 2016. Cependant, il est encore trop tôt pour tirer de véritables conclusions sur l’efficacité des mesures mises en œuvre.

 

Une nouvelle vague de mesures devait être présentée en janvier au Conseil des Ministres : la Loi Macron 2 intitulée « nouvelles opportunités économiques » (NOE)

Or, le projet de loi sur la transparence financière et le projet de loi travail portés respectivement par Michel Sapin et Myriam El Khomri ont éclipsé toute autre potentielle réforme législative de telle sorte que la Loi Macron 2 est mort-née. Cet événement aurait-il influencé son choix de quitter le gouvernement ?

 

Une révolution dans le monde politique depuis le début de la Vème République

 

Depuis le début de la Vème République, aucun candidat à la présidentielle ne s’est présenté sans au préalable se déclarer d’un parti politique. Or, Macron qui affirme être de gauche n’est encarté dans aucun parti car son objectif est celui de « rassembler largement autour de valeurs et d’actions qui dépassent le clivage entre la gauche et la droite ».

Depuis le début de la Vème République, aucun mouvement politique n’a décidé que sa première initiative serait d’aller questionner 100 000 personnes, pendant 2 mois, afin de réaliser un diagnostique du pays (La Grande Marche). Certes l’ex-ministre n’est pas encore candidat, mais jusqu’à quand ?

 

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Photo issue de la page Facebook En Marche

 

Macron Président de la République, ça donnerait quoi ?

 

Difficile d’esquisser un véritable programme politique. En effet, son portefeuille ministériel se limitait à l’économie et aux finances. Seulement. En ce sens, personne (peut être même lui-même ?) ne connaît clairement son programme politique s’il se présente à la présidentielle. Jusqu’à présent l’ancien banquier a toujours préservé l’ambiguïté à l’instar de son silence médiatique au sujet du burkini, qui pourtant a divisé l’ensemble de la classe politique française.

Mais déjà – ne serait-ce qu’en terme d’économie – on observe qu’il serait partisan d’une libéralisation de l’économie accompagnée d’un soutien particulier aux nouvelles économies du numérique. En revanche, le journaliste Marc Endeweld estime que « renvoyer Macron à ses très libérales positions économiques ou à son parcours de banquier, c’est ne pas comprendre la complexité du personnage ». Il est vrai qu’il s’était par exemple opposé à la déchéance de nationalité alors même que la droite libérale défendait cette révision constitutionnelle.

 

Parmi celles et ceux qui le soutiennent, on décompte approximativement 40 parlementaires (ce qui est relativement peu). De plus, l’ancien banquier d’affaire a tissé un grand nombre de liens avec le monde du patronat : Geoffroy Roux de Bézieux, vice-président du Medef ; Bernard Spitz, à la tête de la Fédération des Assurances ; Claude Bébéar, le fondateur d’AXA. En ce sens Emmanuel Macron n’est pas LE candidat choisi par le monde politique mais il est évident qu’il ne marche pas seul. 

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Sami Ayadi

Etudiant en 2ème année de droit à l'Université Toulouse I Capitole. Passionné par l'actualité politique, le droit, et les enjeux sociaux plus généralement.

Comments

  1. Anne S

    Attention…il est écrit plusieurs fois dans l’article que M. Macron était ministre de l’économie et des finances. C’est faux. Il était ministre de l’économie (de l’industrie et du numérique pour citer son titre en entier). Pour les finances, le ministre était et est M. Sapin.

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