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Too Close To Touch réinvente le post-hardcore

Too Close To Touch réinvente le post-hardcore
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Moins de deux ans après Nerve Endings, leur premier effort salué par la critique, le groupe originaire de Lexington, Kentucky poursuit sur sa lancée avec Haven’t Been Myself, un opus sombre et éloquent. Une odyssée au cœur de l’émotion dans la plus pure lignée de son prédécesseur. C’est oppressant, haletant, bouleversant. Critique.


 

★★★★★ – À écouter absolument

 

Ceux qui les ont découverts avec Nerve Endings se souviennent des grandes envolées lyrico-vocales de leur première production. Ils ne seront pas déçus par ce nouveau chapitre, inspiré à Keaton Pierce — le leader du groupe — par le décès de sa petite sœur, alors âgée d’à peine trois ans. Cette seconde création est à l’image de la tragédie qui l’enfante : brutale, criante, saccadée, à l’instar de la voix sanglotante de Pierce dans Eiley, le dernier morceau de l’œuvre nommé ainsi en hommage à sa sœur.

 

Les maîtres-mots d’un disque qui dénote : « introspection » et « interrogations »

 

Haven’t Been Myself, plus ténébreux encore que son tragique aîné, semble glisser sur le Styx à bord d’un radeau de fortune ; il ne coulera jamais, et c’est bien là la force du quintet américain qui magnifie la mélancolie. En ouverture de l’album, Sympathy est LE single : glaçant aux premiers abords, empreint d’une tension étouffante, le refrain, éthéré mais grave, déchire l’atmosphère d’une souffrance authentique. La voix de Keaton Pierce fait des merveilles et suscite l’empathie autant que l’émoi. Plus conventionnel, What I Wish I Could Forget n’en reste pas moins sublime, alternant les cleans et les screams.

 

 

Le groupe nous gratifie également de quelques ballades, comme The Art Of Eye Contact qui vibre au gré des claviers. On notera également des chansons plus agressives : Crooked Smile, au tempo rapide et à la mélodie entraînante, ou For Your Sake qui se révèle davantage progressive. En réalité, si certains morceaux ne frappent pas dès la première écoute, aucun n’est véritablement en deçà d’un opus qui fait plus que confirmer les attentes liées à son prédécesseur. Sur Twitter, Pierce affirmait même être déboussolé lors des enregistrements, parfois en pleurs, habité par le souvenir de cette douleur impérissable.

Justement, Eiley est le dernier bijou de ce disque. Entre questions rhétoriques et fatalité du sort, il sonne la complainte d’un homme meurtri par la perte d’un être cher. Pierce se pose alors en poète ébréché, arpentant les méandres de l’inéluctable à se demander pourquoi ; « pourquoi elle, et pourquoi pas moi ? ». La chanson est magnifique : rebelle et insolente, désespérée, elle est amour et passion. Cette onzième et dernière piste est une invitation aux larmes et à la mémoire. Avec ses mots, Pierce l’a rendue éternelle.

 

 

Si les membres de Too Close To Touch vivent manifestement dans le passé, leur musique, elle, respire la modernité. Né aux USA dans les années 1980, le « post-hardcore » reste étonnamment peu représenté en Europe, barré notamment par la multitude des genres. Des opus comme celui-ci ont pourtant tout pour conquérir le vieux continent : à mi-chemin entre ados tourmentés et idéalistes déçus, Keaton Pierce et ses musiciens convergent ensemble vers des lieux inexplorés. Là où se mêlent les sentiments les plus purs comme les plus angoissants. Là où s’opposent réalité et fiction dans un vacarme saisissant : celui d’une musique pas comme les autres.

 

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Clément Zagnoni

Étudiant en licence de sociologie, passionné de musique et de sports. Je donne de l'intérêt aux choses qui n'en ont pas...
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