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Présidentielle américaine : quatre débats pour le Bureau Ovale

Présidentielle américaine : quatre débats pour le Bureau Ovale

Voilà déjà vingt-six jours depuis le premier débat télévisé entre les deux candidats à la Maison Blanche. Passage emblématique d’une élection aux Etats-Unis, les débats ont donné aux deux camps une véritable occasion de faire pencher le vote des Américains. Mais entre vingt-six jours d’engagements et de réflexion, et vingt-six jours d’affaires privées et de scandales, un retour s’impose sur les quatre débats présidentiels.  


 

09/26: Premier débat et déjà l’Histoire

 

C’est l’Université Hofstra, dans l’État de New York, qui accueillait le 26 Septembre le premier des quatre débats présidentiels. La rencontre entre Donald Trump et Hillary Clinton a obtenu un record d’audience sans précédent, avec plus de 84 millions de téléspectateurs et une retransmission sur 13 chaînes de télévisions américaines. Un résultat qui détrône la performance de Jimmy Carter et Ronald Reagan, alors établie en 1980.

Pourtant le débat était quasiment à sens unique, la grande majorité des sondages et des experts désignent Hillary Clinton comme gagnante du premier round. Et ce n’est pas sans raison puisque Donald Trump est tombé dans les pièges tendus par la candidate Démocrate, sans réellement la mettre en danger. Lorsque le modérateur le questionnait sur ses allégations quant au lieu de naissance du président Obama, celui ci se perdait dans des approximations, et ce, pendant une bonne partie du débat.

Malgré sa défaite, Trump conserve la médiatisation qu’il entretient depuis sa candidature. Il n’hésitera pas à s’autoproclamer vainqueur du débat, à se plaindre de la qualité de son micro ou même à entamer une guerre avec une certaine miss Univers. À la fin du premier débat, la population américaine constate que seul l’un des deux candidats a convaincu qu’il possède la trempe d’un président. 

 

10/04: Débat entre colistiers, le débat des éternels seconds

 

L’Université Longwood, dans l’État de Virginie, accueillait le 4 Octobre un débat moins célèbre, celui des colistiers. Tim Kaine, le « running-mate » Démocrate a donc débattu avec Mike Pence, son homologue Républicain. Leurs noms vous sont inconnus ?  C’est simplement parce qu’ils sont tous deux considérés comme des choix « sans risques« , en d’autres termes, méconnus du grand public et qui ne risquent pas de faire de l’ombre à la tête de liste.

Le débat ne les a pas pour autant rendus célèbres, avec une audience de 51 millions de téléspectateurs, il obtient un peu plus de la moitié de l’audience du premier débat présidentiel. Mais c’est aussi le défaut majeur du débat entre colistiers, il n’est que la moitié d’un débat présidentiel. C’est à dire que les running-mates ne cherchent pas à se différencier de la tête de liste, et on assiste à un débat quasiment similaire au premier, à la seule différence qu’ici, on enlève le charisme d’un débat Trump-Clinton,

Alors que retenir d’un débat qui ne se distingue pas vraiment ? Avant tout la performance très habile de Mike Pence, celui ci réussit là où Trump a échoué lors du premier débat, c’est à dire en pointant les erreurs d’Hillary Clinton, sur le financement de sa fondation par exemple. Kaine n’a toutefois pas eu de mal à montrer les faiblesses du candidat Républicain. C’est le cas lorsqu’il rappelle que Trump pense que la prolifération nucléaire est « une bonne chose« . Le silence de Pence face à une telle citation, en dit beaucoup sur la fiabilité du programme Républicain. Au final, à peine terminé, le débat entre colistiers est très vite oublié.

 

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À gauche Tim Kaine, le colistier Démocrate et à droite Mike Pence, le colistier Républicain (David Goldman/AP photo)

 

10/09: Deuxième débat, l’escalade de la violence

 

L’Université Washington de Saint-Louis, dans l’État du Missouri, a accueilli le 9 Octobre le deuxième débat présidentiel. Celui ci était particulier, car il prenait la forme d’un « Town Hall meeting« , c’est à dire une assemblée où une partie des questions étaient posées par un panel d’Américains indécis.

Cette fois ci, Donald Trump ne réitère pas ses erreurs du premier débat, et joue tout naturellement la carte de la provocation. Et il ne faut pas se méprendre, cette stratégie est plus qu’efficace. Hillary Clinton a perdu de nombreux échanges, notamment lorsque elle proposait d’armer les rebelles kurdes afin de combattre l’Etat Islamique, ce à quoi le candidat Républicain ne s’est pas gardé de lui donner une leçon de Géopolitique, en lui rappelant qu’armer des rebelles s’est souvent avéré être une mauvaise idée.

Toutefois, ce n’est pas vraiment la prestation de Trump, mais plutôt la violence du débat qui a marquée les Américains. Si l’on met de côté que les candidats ne se sont pas salués au début, certaines questions étaient pourtant assez significatives. La première notamment: « Au regard de la violence du dernier débat, pensez-vous réellement être un modèle pour nos enfants ?« . Si les candidats préfèrent éviter la question, le problème est bien présent, il ne s’agit pas d’être meilleur que l’autre candidat, mais bien le meilleur pour être élu président.

 

Hillary Clinton,Donald Trump

Ambiance tendue lors du « Town Hall meeting » (Saul Loeb/AP)


 

 

10/19: Dernier débat pour confirmer ses positions

 

C’était donc à Las Vegas, le 19 Octobre dans l’Université du Nevada, que se clôturaient les débats présidentiels de 2016. À l’image de leur dernière rencontre, les deux candidats ne se sont pas salués. Mais contrairement à toutes attentes, le débat, bien que virulent, traite plus en profondeur les problèmes majeurs grâce au modérateur Chris Wallace; et permet ainsi aux deux candidats, pour une dernière fois dans leur campagne, de confirmer clairement leurs positions.

Hillary Clinton est ainsi la candidate expérimentée, elle veut représenter l’ensemble des américains et non pas les plus riches, et rester globalement dans la continuité de la politique d’Obama. Donald Trump est quant à lui l’outsider des élections, seul contre tous, il séduit une certaine partie de l’électorat par son franc-parler, ses remarques aberrantes et ses idées extrêmes. Deux candidats qui s’opposent sur l’ensemble des sujets, de l’avortement à l’immigration, en passant par la politique étrangère et la dette nationale. Cela se traduit concrètement dans le débat par une Hillary Clinton qui affirme que si Poutine soutient le candidat Républicain, c’est parce que celui ci est une « marionnette ». Et un Donald Trump qui indique qu’il n’est pas encore sûr d’accepter les résultats du 8 Novembre.

 

Au terme de quatre débats, il convient habituellement de désigner un vainqueur. Mais aujourd’hui, un seul constat s’impose, les grands perdants sont les Etats-Unis d’Amérique. Jamais une campagne présidentielle n’avait été aussi violente, et jamais les scandales n’ont eu un rôle aussi décisifs dans le choix des électeurs. Il ne reste plus qu’à espérer une chose : que le mandat, républicain ou démocrate, ne soit pas à l’image des élections. 

 

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Livio Bachelier

Hypokhâgne de 18 ans, passionné par les Relations Internationales et les U.S.A. avec pour objectif de travailler aux Nations Unies.

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