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« Jack Reacher : Never Go Back » : Tom Cruise immortel

« Jack Reacher : Never Go Back » : Tom Cruise immortel
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Quatre ans après un délicieux premier volet, Tom Cruise de retour à l’écran pour la suite de Jack Reacher. Imparfait mais fascinant.


 

Jack Reacher est de retour, prêt à tout pour obtenir justice. Susan Turner, qui dirige son ancienne unité, est arrêtée pour trahison : Jack Reacher ne reculera devant rien pour prouver l’innocence de la jeune femme. Ensemble, ils sont décidés à faire éclater la vérité sur ce complot d’État.

 

★★☆☆ – À éviter

 

Deux hommes à terre, sur le parking d’un bar. A l’intérieur, un homme assis, seul, filmé de dos. Deux policiers débarquent, le menottent, relèvent son identité. Reacher, Jack. A mesure que celui-ci se tourne vers l’écran, se dévoile son vrai visage. Cruise, Tom. Lequel présage immédiatement la suite des évènements : un téléphone va sonner, et les deux policiers seront embarqués à sa place. Coupables de quelque chose, peu importe quoi. Victimes, surtout, d’avoir croisé la route d’un acteur passé maître dans l’art de coffrer les bad guys. Prophétie auto-réalisatrice ou véritable don de prémonition : un « dring » strident retentit, et les deux policiers sont arrêtés dans les secondes qui suivent. Sans même se battre, comme si l’inclinaison face à Tom Cruise était naturelle, évidente.

On pourrait croire que la scène d’ouverture de Jack Reacher : Never Go Back préfigure le reste du métrage ; sans doute est-ce d’ailleurs le cas (il s’agira de purifier l’Etat). Mais elle vaut surtout pour un objectif : mythifier, une fois de plus, Tom Cruise. Tout indique, dans l’acteur – corps, gestuelle, regard – comme dans la mise en scène – largeur, hauteur, cadrage des plans  – son élévation au rang d’icône populaire, figure presque christique et unique représentant d’un genre qu’il a lui-même créé : le Tom Cruise movie. Des cinq volets de Mission : Impossible (tournage du sixième au printemps) à Collateral en passant par La guerre des mondes, le Tom Cruise movie raconte à peu près toujours la même histoire. Celle de l’acteur lui-même, hébété de film en film, qui ne contrôle jamais la réalité des situations avec lesquelles il est en prise. Bon gré mal gré, Cruise est là, perdu, presque isolé au milieu d’actions toujours un temps en avance sur lui. Il suffit de regarder ce que dit cette scène inaugurale décrite plus haut : c’est un parfait trompe-l’oeil, l’emblème de ce que devraient être mais ne sont jamais les Tom Cruise movies.

Sur le fond, la suite de Jack Reacher est en demi-teinte, en deçà de l’original : moins finement orchestrée (McQuarrie manque à l’ouvrage), moins dense, plus étirée. Dans le sillage des thrillers paranoïaques des années 1970 – ambiance chape de plomb sur des institutions corrompues jusqu’à la moelle –, le film réussit son pari sur le registre de la traque familiale ; manque en revanche le coche sur l’actioner pur, genre qu’il n’étreint jamais totalement. Il manque une scène déterminante, une cascade ou une course-poursuite qui dénote, quelque chose d’exaltant et d’habituel dans les productions Cruise. Mais c’est, encore une fois, l’acteur Cruise qui emporte tout sur son passage, et empêche le long-métrage de basculer vers le ratage total.

 

« Tu ne te sens jamais seul ? » demande un personnage à Tom Cruise en fin de film. Réponse sans équivoque de l’intéressé par un sourire en coin. Jack Reacher : Never Go Back – film imparfait mais fasciné par son héros – pourrait s’arrêter là qu’il n’en serait que plus éloquent : l’acteur est un grand solitaire surplombant malgré lui la mêlée.

 

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Pablo Maillé

Rédacteur en chef
Rédacteur en chef. Étudiant à l'Académie ESJ Lille et en licence de science politique.
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