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La relève du tennis masculin est en marche

La relève du tennis masculin est en marche
Alexandre Ravasi

Ils ont entre 19 et 23 ans, comptent actuellement parmi les 25 meilleurs joueurs mondiaux, possèdent au moins un titre à leur actif, et sont pétris de talent… Eux, ce sont les jeunes appelés à succéder aux Nadal, Federer et autre Djokovic au sommet de la hiérarchie mondiale dans quelques années. Les futurs ambassadeurs de leur sport, en quelque sorte. Voici le portrait de cinq membres de cette génération dorée, aux profils bien différents.


 

Dominic Thiem (23 ans, n°10*) : le plus prometteur 

 

Dominic Thiem fait d’ores et déjà partie du gratin du tennis mondial. En l’espace de deux ans, il s’est construit un palmarès bien étoffé : sept titres, dont quatre cette saison, de surcroît sur trois surfaces différentes que sont le dur, le gazon et la terre battue. C’est cependant sur cette dernière qu’il est le plus à l’aise, puisqu’il y a remporté cinq de ses sept titres, et atteint les demi-finales de l’un des quatre tournois les plus importants de l’année, Roland-Garros, en juin dernier. Résultat : il a atteint la 7e place mondiale à l’issue du prestigieux Grand Chelem parisien. Pour cela, ce puissant autrichien, qui se distingue par son revers à une main atypique, a dû enchainer les tournois à un rythme effréné : il est le seul joueur du top 20 à en avoir disputé 29 depuis le début de l’année, quand la moyenne des autres se situe à vingt compétitions cette saison. Une accumulation de fatigue qui pourrait se payer dans les semaines à venir… 

 

Nick Kyrgios (21 ans, n°14*) : le plus talentueux

 

Nick Kyrgios est un modèle de précocité. L’Aussie, connu pour ses fulgurances et son coup droit dévastateur, s’est fait un nom en 2014. Alors 144e mondial, il avait atteint les quarts de finale de Wimbledon après un succès mémorable sur Rafael Nadal. Résultat qui est à ce jour son meilleur en Grand Chelem, avec l’Open d’Australie 2015. Deux ans et dix victoires sur le top 10 plus tard, le voilà propulsé au 14e rang mondial. Sûr de sa force, il vient de glaner le 3e titre de son année et de sa jeune carrière le week-end dernier, à Tokyo. Toutefois, son talent, qui lui permettrait d’atteindre des sommets, est entaché par une attitude de « bad boy ». Kyrgios, qui a confié à plusieurs reprises qu’il « détestait le tennis », est souvent coupable de balancer certains échanges (voire des matchs entiers) et de s’accrocher violemment avec l’arbitre, au point de l’insulter. Mais la plus grosse polémique reste pendant son match contre Stan Wawrinka il y a un an, où il a lâché à l’encontre du Suisse : « Kokkinakis (son compatriote australien, ndlr) a couché avec ta copine mec, désolé de te le dire ». Pas joli joli…

 

Lucas Pouille (22 ans, n°16*) : le plus inattendu

 

Qui n’a pas entendu parler de Lucas Pouille en 2016 ? Le Nordiste est la véritable révélation de l’année. Peu d’observateurs auraient donné cher de sa peau au début de l’année, alors qu’il pointait à la 78e place mondiale. En l’espace de quelques mois, « la Pouille » de son surnom a connu une ascension fulgurante grâce notamment à son incroyable solidité mentale dans les grands rendez-vous. Après s’être révélé aux yeux du grand public lors de son quart de finale à Wimbledon, il a récidivé à l’US Open en août dernier en atteignant le même stade, au bout d’une victoire de grande classe sur Rafael Nadal. Et ce alors qu’il n’avait jamais passé le 2e tour en Grand Chelem auparavant… Dernier exploit en date : son premier titre, obtenu il y a tout juste deux semaines à l’occasion de l’Open de Moselle. En pleine progression et bénéficiant des conseils d’un certain Yannick Noah, il risque de faire les beaux jours du tennis français d’ici à quelques années.

 

Alexander Zverev (19 ans, n°20*) : le plus jeune

 

La pépite allemande n’en a pas fini de faire parler d’elle. Repéré il y a quelques années pour ses prédispositions, le champion du monde junior 2013 confirme pour le moment les espoirs placés en lui. Ne vous fiez pas à son look de jeune premier : le benjamin de la fratrie Zverev est un véritable tueur sur le court. Du haut de son mètre 98, il vient de remporter son premier titre à Saint Pétersbourg, après deux finales perdues. Et le même jour que Lucas Pouille ! Malgré tout, il manque pour l’instant de référence en Grand Chelem, ayant pour meilleur résultat un 3e tour. Entrainé par son père, il poursuit son ascension progressive, sans faire de bruit, en témoigne son passage de la 83e à la 20e place mondiale depuis le début de l’année, ou ses quatre victoires face à des membres du top 10. Il devrait encore passer un cap en 2017.

 

Bernard Tomic (23 ans, n°22*) : le plus inconstant 

 

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Bernard Tomic au 1er tour de l’Open d’Australie 2011.

Ca fait longtemps que Bernard Tomic navigue sur le circuit principal. Après avoir débarqué en 2008, il marque son premier coup d’éclat en atteignant les quarts de Wimbledon 2011, seulement battu par un Novak Djokovic en feu. Exploit qu’il n’a pas réédité depuis, même s’il a atteint les huitièmes de finale de l’Open d’Australie et de Wimbledon cette année. Autre particularité : l’Australien est le seul membre de cette liste à ne pas avoir encore remporté de tournoi cette année, alors qu’il en gagnait jusque-là un par saison depuis 2013. Trois titres donc, neuf victoires sur le top 10 à son actif, mais une carrière pour le moment en demi-teinte. Après son entrée fracassante dans le top 100 en 2011, il a stagné pendant quatre ans autour de la 50e place, avant de terminer l’année 2015 18e, et finir 22e aujourd’hui. Inconstant dans le jeu, Bernard Tomic l’est aussi par son tempérament. Il fait partie de cette génération dorée australienne pétrie de talent mais au caractère sulfureux, ce qui donne lieu à de nombreuses polémiques. La dernière en date le concernant, c’était fin août, à l’US Open, lorsqu’il a menacé un spectateur un peu trop virulent à son goût de « lui mettre ses couilles dans la bouche ». Comme Nick Kyrgios, son avenir dépendra surtout de la gestion sur le plan mental.

*classement ATP au 10/10/16

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