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Les « Sept mercenaires » dégainent à nouveau leur colt

Les « Sept mercenaires » dégainent à nouveau leur colt
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Plus de 50 ans après la sortie de l’un des plus grands classiques du western américain, le réalisateur d’Equalizer, Antoine Fuqua, remet au goût du jour le célèbre film Les Sept Mercernaires. Critique.


 

A Rose Creek, le terrible Bart Bogue sème la terreur et souhaite racheter les terres des habitants. Pour mettre fin au despotisme de l’homme, ces derniers décident d‘engager sept chasseurs de primes…

 

★★★☆☆ – À voir

 

Rejouer un classique : un pari risqué

 

La version des Sept Mercenaires réalisée en 1960 par John Sturges avec en tête d’affiche Steve McQueen et Charles Bronson, est elle-même inspirée des Sept Samouraïs d’Akira Kurosawa, sorti six ans auparavant. Autant dire qu’en s’attaquant à ces deux monuments du cinéma mondial, Antoine Fuqua prenait un risque énorme. Car si la version japonaise originale est incontestablement un bijou cinématographique, la réussite du premier remake tient principalement du jeu de ses acteurs et de l’inoubliable bande originale signée Elmer Bernstein.

Ainsi, il y a de quoi pressentir une certaine déception lorsque le film démarre. Et pourtant. Les paysages de Louisiane et d’Arizona sont incontestablement et ce, dès les premières images, à couper le souffle. Les plans utilisés contribuent d’ailleurs à accentuer cette beauté. Quant à la bande-son, plutôt réussie, elle est signée James Horner, compositeur de Titanic. Néanmoins, on ne peut s’empêcher de détecter une véritable influence des films de Quentin Tarantino comme Django Unchained ou encore Les Huit Salopards : en témoigne l’affiche du film, quasiment identique sauf qu’ici, on ne compte pas huit mais sept personnages.

Enfin, les codes du western perdurent : les sept hommes dégainent leur colt à une vitesse folle avant de se lancer dans un ballet de tirs, ils montent à cheval à travers les vallées du Far West… Et c’est ce côté quelque peu teinté de clichés et hommage à la version des années 1960 que l’on peut déplorer car il nous laisse, de premier abord, croire à une simple copie du film de John Sturges.

 

Crédits : Sony Pictures

Crédits : Sony Pictures

 

Une union des peuples au service du peuple

 

L’une des principales forces du film repose sur les origines des sept personnages : asiatique, mexicain, irlandais, comanche… Si dans la version de 1960, ce sont des mercenaires blancs qui défendent un peuple mexicain, Antoine Fuqua fait aujourd’hui le choix, très pertinent, de présenter sept hommes différents venus défendre un peuple blanc. Et c’est sur cette union des peuples que repose le succès de cette nouvelle version. Le réalisateur se ferait presque porte-parole des difficultés de cohabitation que peuvent rencontrer certaines personnes en raison de leurs origines en transposant ce phénomène au Far West dans une Amérique pleine de préjugés.

La figure divine est d’ailleurs très présente tout au long du film. Celui-ci s’achève par une bataille épique d’une trentaine de minutes avec le clocher comme dernier refuge. Car c’est bien Dieu qui semble être le seul et dernier repère de ces sept hommes, comparables aux sept pêchés capitaux. Pourtant, tout au long de leur préparation à la confrontation finale, ils réalisent qu’ils se battent pour une chose bien plus importante que l’argent : la repentance et la vengeance des plus démunis.

 

Un véritable hold-up pour budget

 

Effets spéciaux, décors grandioses : le film aurait couté plus de 90 millions de dollars à produire mais semble déjà être rentabilisé. Pour son premier week-end d’exploitation au box-office américain, les recettes du film se sont élevées à plus de 36 millions de dollars. Le budget du film s’explique également par l’immense pléiade d’acteurs recrutés par Antoine Fuqua. On retrouve un Denzel Washington assez convaincant en meneur de la bande. La jeune Haley Bennet, véritable sosie de Jennifer Lawrence et seule femme au casting, parvient à convaincre les sept hommes et à nous convaincre par sa soif de vengeance. Enfin, Ethan Hawke, qui a supplié le réalisateur de l’engager sur le film, est quant à lui très à l’aise dans ses habits de cow-boy et livre sans doute la meilleure prestation parmi les sept hors-la-loi.

 

Ethan Hawke joue Goodnight Robicheaux, l’un des sept mercenaires. Crédits : Sony Pictures .

Ethan Hawke joue Goodnight Robicheaux, l’un des sept mercenaires. Crédits : Sony Pictures .

 

Les Sept Mercenaires est donc un film qui séduira les adeptes du genre. Les inconditionnels de la première version préfèreront, eux, s’abstenir. Mais Antoine Fuqua, même s’il s’inspire beaucoup, parfois trop, des westerns des années 2000, parvient tout de même à livrer un film servi par une pléiade d’acteurs plutôt convaincants.

 

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Hortense Crépin

Étudiante en Droit à l'Université de Lille 2 et à l'Académie ESJ Lille.

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