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S. Dutamby : « L’impression d’avoir fait quelque chose d’exceptionnel »

S. Dutamby : « L’impression d’avoir fait quelque chose d’exceptionnel »
Elena Cervelle

Stuart Dutamby, 22 ans, n’a commencé l’athlétisme que très récemment et il a déjà tout d’un grand. Champion d’Europe espoirs sur le relais 4x100m à Tallinn en 2015, médaillé d’argent des championnats d’Europe d’Amsterdam sur le 4x100m en 2016 et qualifié aux Jeux Olympiques de Rio avec ce même relais. Entretien avec le jeune sprinter français.


  • Peux-tu présenter ton parcours (âge de début de l’athlétisme, clubs, entraîneurs, où tu en es aujourd’hui).

J’ai débuté l’athlétisme en 2012, à l’âge de 18 ans, à Anvers, en Belgique. Mon premier entrainement, je m’y suis rendu grâce à Google Maps, car je ne savais pas dans quel club me rendre pour mes débuts. Willy Delbaere, mon premier entraîneur, était aux commandes d’un petit groupe de jeunes gens. Quelqu’un de passionné qui m’a appris les bases de l’athlétisme et qui a toujours été présent, au même titre que Jalile Boukhoubza, mon second entraîneur. Je le rencontre à mon arrivée au club du Lille Métropole Athlétisme. Celui-ci m’a permis d’évoluer davantage et d’intégrer en 2013 l’équipe de France junior, pour les championnats d’Europe de Rieti en Italie. Je rejoins l’INSEP pour la saison 2014/2015. J’obtiens mon premier titre avec l’équipe de France -23 ans sur 4x100m aux championnats d’Europe de Tallinn, en Estonie. La saison 2015/2016 me permet de franchir un cap important dans la vie d’un athlète. J’établis un nouveau record personnel sur 100m, lors des championnats de France élite, ou je prends la deuxième place. J’intègre le collectif relais de l’équipe de France A. Je suis médaillé sur 4x100m aux championnats d’Europe d’Amsterdam et je participe aux Jeux Olympiques de Rio.

 

  • Quel retour fais-tu sur ta saison ?

Une saison bien remplie, j’ai fait preuve d’une certaine rigueur (diététique, récupération, sommeil) afin d’atteindre tous mes objectifs. Je ne savais pas ce que je valais réellement en début de saison. J’ai passé toute la saison hivernale à l’entraînement, nous ne voulions pas gaspiller d’énergie en début de saison. Cela permet de se concentrer davantage sur la préparation, en prenant son temps et sans pression supplémentaire dans l’attente de pouvoir m’exprimer en outdoor, avec à la clé un résultat plus qu’acceptable.

 

  • Après ton record aux championnats de France le 25 juin, dans quel état d’esprit étais-tu ? (minimas pour les Championnats d’Europe, JO, vice-champion de France)

Un état d’esprit indescriptible. La pression est redescendue juste après l’annonce officielle de mon temps. Mes partenaires étaient avec moi, les membres du LMA (Lille Métropole Athlétisme) aussi.

 

  • Quel effet ça fait d’obtenir sa première médaille internationale à ce niveau en étant vice-champion d’Europe du 4*100m ?

On ne s’attend pas, en début de saison, à faire une médaille internationale. Je prends les choses étape par étape, la première étant de se qualifier pour ces championnats. Le reste est à construire le jour du championnat.

 

  • Qu’est-ce que ça fait de vivre ses premiers JO à 22 ans ? Et qu’est-ce que tu en retiens ?

Je suis comme tout athlète, je rêve littéralement des jeux, de fouler la piste, d’être entouré et d’affronter des athlètes que j’idolâtrais, quelques mois auparavant. C’est donc un sentiment incroyable, l’impression d’avoir fait quelque chose d’exceptionnel dans une vie d’homme, sans pour autant que cela soit un aboutissement. D’autres avant moi ont participé aux Jeux à seulement 20 ans (Jimmy Vicaut) ou bien plus jeune (Usain Bolt). C’est avant tout l’expérience d’une saison tout entière. Je retiens cette préparation, longue et éprouvante, tant physiquement que psychologiquement. Cette année et cette expérience particulière qui m’ont permis d’acquérir une rigueur d’esprit que je n’avais pas auparavant.

 

  • Comment tu as abordé ces JO ?

Avec autant de rigueur et de concentration que lors des autres championnats. Je ne change pas mon mode de fonctionnement, ni ma philosophie.

 

  • Vous êtes éliminés dès les séries : qu’est-ce qui se passe dans ta tête à ce moment-là ? Et maintenant avec le recul ?

Je suis extrêmement déçu, assurément et sans conteste ma plus grosse déception à ce jour. L’équipe était jeune, fougueuse et revancharde, à l’image de Jimmy (Vicaut) qui voulait faire mieux que sur l’épreuve individuelle (7ème de la finale du 100m). Seul le travail et la concentration, du début jusqu’à la fin des JO, permettent d’obtenir une place en finale. Le niveau ne laisse aucune marge d’erreur. Avec le recul, je suis toujours aussi déçu mais cet événement nous servira de leçon pour les années futures.

 

  • Quelle(s) différence(s) entre l’équipe de France espoir et l’équipe de France seniors ?

L’attente est beaucoup plus importante mais la façon de la gérer n’est pas différente. Le but n’est pas de satisfaire qui que ce soit, c’est d’être au meilleur de sa forme le jour de la compétition et d’exécuter sa course du mieux possible.

 

  • Est-ce que tu as l’intention de doubler 100-200m dans l’avenir ?

Beaucoup d’athlètes se spécialisent dans une seule discipline. L’année précédente j’ai choisi le 100m car mon entrainement ne correspondait absolument pas au 200m. Pour 2017, je reste dans l’optique de capitaliser sur mes acquis de la saison passée.

 

  • On te présente comme l’étoile montante du sprint français à l’image de Jimmy Vicaut ou Christophe Lemaître, comment le vis-tu ? Du quel te sens-tu le plus proche ?

C’est extrêmement flatteur et motivant. Mais je suis encore loin de leurs niveaux et de leurs expériences respectives. Je me sens bien évidemment plus proche de Jimmy, il est explosif et il s’est démarqué sur le 100m. Avec lui je peux témoigner de la puissance requise et nécessaire qu’il faut développer pour atteindre l’élite du haut niveau.

 

  • Quels sont tes objectifs pour cette saison ? Et sur le long terme ?

Cette nouvelle saison s’annonce tout aussi passionnante, avec les championnats du monde de Londres. Il y a aussi un objectif en relais avec les championnats du monde de relais. Les objectifs sur le long terme se définiront et se réaliseront par la réussite des objectifs fixés sur le court terme, étape par étape.

 

  • L’année dernière, tu devenais champion d’Europe du 4*100m espoirs, cette année vice-champion d’Europe du 4*100m, à quand une médaille en individuel ?

Lorsque j’aurai maîtrisé chaque aspect (départ, poussée, phase de transition, fin de course) qui compose ma course.

 

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Elena Cervelle

Etudiante en sciences politiques à Lille 2 et à l'Académie ESJ. Passionnée d'athlétisme et de tacos

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