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Bilan controversé pour Ban Ki-moon

Bilan controversé pour Ban Ki-moon

Après dix ans au poste de plus haut fonctionnaire des Nations-Unies, l’actuel secrétaire général Ban Ki-moon va quitter ses fonctions ce 1er janvier 2017 au profit du Portugais Antonio Guterres . Mais alors que la fin de son second mandat approche, des critiques assez virulentes s’élèvent à l’égard du diplomate sud-coréen. 


 

Dix ans pour changer le monde

 

Ban Ki-moon devient officiellement le huitième secrétaire général des Nations unies le 1er Janvier 2007. Il succède alors à Kofi Annan, un secrétaire aux actions exceptionnelles, qui a notamment marqué la scène onusienne par son charisme. Mais tandis que son prédécesseur s’est illustré dans sa fonction, les nouveaux défis du XXIème siècle font déjà des objectifs de Ban Ki-moon une tâche délicate. 

L’une des plus grandes réussites du Sud-Coréen est certainement d’avoir mené à bien ces Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), qui arrivaient à échéance en 2015. Il estimait lui même que « la mobilisation mondiale en faveur des OMD est le mouvement de lutte contre la pauvreté le plus réussi de l’Histoire ». Un défi d’achevé qu’il veut réitérer à travers leur prolongement : les Objectifs de Développement Durable (ODD), réponse en 2030. 

Ban Ki-moon a aussi fait du changement climatique l’une de ses priorités. Sa première grande initiative fut l’organisation d’un sommet sur à ce sujet en 2007, lui-même suivi d’intenses négociations. En plus d’avoir accompagné la signature des Accords de Paris en 2015, Ban Ki-moon a surtout réussi à faire des problèmes environnementaux une priorité mondiale

 

Dix ans et pourtant tellement d’erreurs

 

En deux mandats, les défauts d’un secrétaire ainsi que ses erreurs, peuvent vite s’avérer être nombreux; ce à quoi les critiques ne sont que très rarement indulgentes. Dans un article finalement assez proche du réquisitoire, The Economist déplore le bilan de l’actuel secrétaire général. En pointant « le peu d’éloquence, l’obsession avec le protocole et le manque de spontanéité » dont il a fait preuve.

Et outre le journal Britannique, les nombreuses critiques à l’égard de Ban Ki-Moon sont plutôt légitimes. En dehors de son manque charisme, le sud-coréen a fait preuve de nombreuses maladresses qui ne jouent pas vraiment en sa faveur. Lors de sa première journée officielle de travail, alors interrogé sur l’exécution de Saddam Hussein, il adopte une position antagonique avec les principes des Nations Unies, en affirmant que « la peine capital reste la décision de chacun des pays membres ». Une réponse assez ironique de la part du secrétaire général d’une organisation qui qualifie la peine de mort de « pratique cruelle contraire au principe de dignité humaine ».

Les exemples ne manquent pas : il a récemment qualifié la présence marocaine au Sahara d’« occupation ». Et même si le sujet est assez ambiguë, une telle déclaration de la part d’un personnage qui se doit d’être neutre a eu pour conséquence le renvoi du personnel onusien du territoire Marocain et une détérioration sévère de leurs rapports.

 

Dix ans pour subir sa fonction

 

Si aujourd’hui le bilan de Ban Ki-moon fait l’objet de tant de controverses, c’est peut-être parce qu’il soulève un autre problème que la personnalité même du secrétaire général. Comment un homme qui est critiqué de manière aussi virulente a-t-il été désigné deux fois pour occuper ce poste ? Car il représente le choix de plusieurs pays, et ces mêmes pays défendent avant tout leurs propres intérêts. Alors lorsqu’il faut élire un secrétaire, on ne choisit pas celui qui représenterait le mieux les Nations Unies, mais bien celui qui convient le plus au états-membres, or les deux sont souvent différents.  

Ce fut le cas lors de la reconduction du second mandat de Boutres-Ghali; le seul véto Américain a suffi pour l’en empêcher, alors même que les quatorze autres membres du conseil étaient favorables. Et c’est là un problème qui exige que l’on repense l’organisation, car au regard des nombreuses confrontations au sein des Nations Unies, un secrétaire ne pourra jamais servir efficacement à la fois l’intérêt de l’organisation et des membres permanents qu’ils l’élisent.

Et en même temps, le fait qu’autant de manoeuvres diplomatiques soient requises pour élire un secrétaire qui convient à tous explique peut-être la paralysie bien trop récurrente des Nations Unies. Pour qu’un secrétaire général puisse lutter efficacement contre les menaces modernes, il faut que tous les états-membres le soutiennent, or c’est loin d’être souvent le cas. 

 

Le huitième secrétaire général présente un bilan qui envie bien trop celui de ses prédécesseurs. Entre défauts criants et maladresses répétées, les quelques victoires de Ban Ki-moon ne placent pas la barre vraiment très haute pour António Guterres, successeur désigné du Sud-Coréen. Encore faudrait-il que celui ci possède les qualités nécessaires à la fonction : une neutralité irréprochable et un leadership qui permet de mobiliser tous les États-membres vers un objectif commun. Des qualités qui relèvent aujourd’hui quasiment de l’exploit.

 

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Livio Bachelier

Hypokhâgne de 18 ans, passionné par les Relations Internationales et les U.S.A. avec pour objectif de travailler aux Nations Unies.

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