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La défaite des valeurs nobles

La défaite des valeurs nobles
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Au lendemain de l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis, une angoisse m’anime. Celle de voir mon pays réaliser la même erreur… 


 

Quelques jours avant que 2016 nous ouvre ses portes, je lui avais écrit. Je lui avais demandé d’être plus clémente, plus tolérante, plus généreuse, plus radieuse que 2015. Je lui avais réclamé naïvement une once de paix, sans trop y croire. Je voulais voir une amélioration, un espoir, peut-être. En outre, j’aspirais à un début de solution au Moyen-Orient, notamment en Syrie, en Irak, une esquisse d’humanité dans nos quotidiens, surtout ne pas revivre d’évènement comme le 13 novembre, ou Charlie Hebdo, ici ou ailleurs. Naïveté quand tu nous tiens…

J’avais émis un dernier souhait. Alors même que Donald Trump n’était pas (encore) le candidat républicain, je signalais à dame 2016 ceci : « Lors de ta fin de mandat, 2016, tu auras un dernier droit en nommant un des hommes politiques les plus influents. Américain, ne choisis pas, je t’en prie, l’homme qui rêvait d’armes et de tromperie. Ne gâche pas tes derniers moments, on voudrait te fêter dignement. » Naïveté quand tu nous tiens… Encore et toujours. Cette fois, j’étais moins sceptique, plus serein, croyant qu’un personnage aussi grotesque n’aurait pas les clés de la Maison-Blanche, ne gouvernerait pas la première puissance mondiale.

Non. Impossible. Pas cet idiot qui s’amusait à jouer la comédie sur des rings de catch, pas ce clown qui s’exposait dans une télé-réalité ridicule… Pourtant, la démocratie a parlé, les urnes n’ont pas menti et le peuple américain a choisi. « Donald Trump elected U.S. President », j’ai bien lu, c’est lui. Non pas que je sois triste pour Hillary Clinton, non pas que j’apprécie Hillary Clinton, il y aurait beaucoup de choses à dire sur elle également. Mais, tout de même… C’est donc lui que nous verrons à chaque sommet ? Accompagné de sa xénophobie, son racisme, son sexisme, son islamophobie, son climato-sceptisme, son conservatisme, et l’entièreté de sa bêtise. J’en passe.

Oui, 2016, je voulais la fêter dignement. Finalement, elle nous plonge directement la tête dans 2017 quand le 45e président des États-Unis prendra sa fonction. Nous, français, voyons ça comme un écho, comme le miroir de ce qui pourrait nous arriver en mai 2017. Une Marine au pouvoir, pas n’importe laquelle, celle des Le Pen. Faut-il cela pour que nous nous apercevions que l’extrémisme de droite n’est pas une réponse, qu’il n’est pas envisageable, mais plutôt que nous nous rendions compte que ce n’est plus un fantasme pour certains et qu’il frappe bien à notre porte ? Va-t-on lui ouvrir ? J’ai de plus en plus de doutes…

« Le populisme est le plus dangereux des narcotiques, le plus puissant des opiums pour endormir et anéantir l’intelligence, la culture, la patience et l’effort conceptuel. » Michel Onfray

Serons nous assez intelligents pour dire « non » ?

 

Bernie Sanders, candidat à la primaire démocrate

Bernie Sanders, candidat à la primaire démocrate

 

Les Américains voulaient du changement, en avaient marre de cette classe politique bien-pensante au pouvoir qui ne changeait finalement pas grand chose, qui suivait cette ligne directrice que s’apprêtait à suivre Hillary Clinton. Le peuple demande du changement, dans un monde où les inégalités criantes ne suffisent plus pour comprendre qu’il y a un problème dans ce système politique et économique aussi inégalitaire. J’en veux aux démocrates. Aux démocrates qui n’ont jamais su estimer Bernie Sanders à sa juste valeur, et à la valeur noble qu’il défendait, celle du socialisme. Le vrai. L’écologie également, maillon essentiel de la politique telle qu’elle doit être faite aujourd’hui.

Ces valeurs-là n’ont, apparemment, pas leur place aux États-Unis, pas plus qu’en France jusqu’à preuve du contraire. La victoire de Donald Trump, c’est aussi, surtout, la défaite des valeurs nobles.

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Axel Bourcier

Étudiant à l'Académie ESJ et en Sociologie. Néo-lillois mais nantais avant tout. Grand sportif et adepte des débats relous sur la politique en fin de soirée...
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