Image Image Image Image Image Image Image Image Image Image
Scroll to top

Top

No Comments

Émigrer au Canada, la solution pour fuir Trump ?

Émigrer au Canada, la solution pour fuir Trump ?
Camille Baron

Pour de nombreux américains, l’élection de Donald Trump comme 45ème président des États-Unis est un bouleversement. Si la plupart l’acceptent, d’autres refusent de vivre quatre ans sous la présidence du milliardaire et envisagent d’émigrer au Canada.


 

Le 8 novembre, alors que Donald Trump était en avance dans les résultats et en bonne voie pour devenir le prochain président, un tweet du maire de Montréal a fait polémique : « Notre Bureau d’Intégration des Nouveaux Arrivants de Montréal sera ouvert exceptionnellement après vote Américain… ». Son message a été le plus lu par les médias lors de la nuit électorale et a été retweeté plus de 3500 fois.

tweet-denis-coderre

Ledit tweet de Denis Coderre.

 

Denis Coderre, devenu le maire le plus célèbre du pays, n’a pas été le seul à encourager les américains à partir. Des stars hollywoodiennes, impliquées dans la campagne de Clinton, ont elles aussi déclaré vouloir émigrer. Le Canada peut donc se préparer à accueillir les acteurs Bryan Cranston et Lena Dunham, et les chanteuses Cher et Barbra Streisand, entre autres.

Même avant l’élection, de nombreux américains avaient déclaré vouloir partir si Trump était élu. Après sa victoire aux primaires républicaines lors du Super Tuesday, la recherche Google « How can I move to Canada ? » (Comment est-ce que je peux partir au Canada?) depuis les États-Unis a augmenté de 350%.

Le même phénomène s’est produit le soir de l’élection, à mesure que la victoire du milliardaire était de plus en plus probable. Le site de l’immigration canadienne a ralenti pendant la nuit, jusqu’à crasher entre 4h et 5h du matin (heure française). Si l’on ne peut être sûr que ce soit à cause de l’élection, tous le laisse tout de même à penser.

crash-site

Capture d’écran du site de l’immigration canadienne le soir de l’élection.

 

Même son de cloche sur Twitter, où les internautes ont massivement utilisé le hashtag #MovingtoCanada juste après les résultats.

Le choix des américains de se tourner vers ce pays n’est pas étonnant. C’est un état voisin, les habitants parlent anglais et sont réputés pour bien accueillir les étrangers. Justin Trudeau, le Premier Ministre canadien, y est peut-être aussi pour quelque chose. Son charisme et son attitude « cool » lui valent parfois d’être comparé à Barack Obama. Enfin, le système de santé canadien est envié aux États-Unis, de nombreux américains n’étant pas couverts, même avec l’Obamacare – la création d’un système de santé par Obama que Trump voulait en plus supprimer, puis finalement amender.

Si la plupart ne partiront probablement pas, certains maintiennent leur résolution. John*, ingénieur en informatique en Pennsylvanie, vit aux États-Unis depuis 1993 et ne peut pas vivre sous une présidence Trump : « Je veux de la sécurité pour mes enfants, je ne veux pas qu’il y ait une arme dans chaque maison comme ici. » Ce père de famille ne s’attendait pas à un tel résultat, mais promet de revenir en Amérique après le mandat du milliardaire.

Carol*, étudiante dans l’Ohio est aussi de cet avis : « Trump a offensé toutes les minorités dans ce pays, donc je me sens en insécurité ici. Il y a des individus dangereux qui pensent que cette victoire leur permet d’être ouvertement racistes et sexistes. ». Bien décidée à partir, elle a demandé à l’immigration canadienne « comment on pouvait partir au Canada juste pour 4 ans »

Mais pour beaucoup, le problème est plus profond. Pour Jody*, propriétaire d’un spa à Tampa, un vrai changement politique est nécessaire : « Nous n’aidons pas les plus vulnérables, ceux qui ont des difficultés. Je n’aime ni Trump ni Clinton, je n’ai voté pour aucun des deux car aucun des deux n’est assez bien pour notre pays. » Une opinion partagée par beaucoup de ses concitoyens, puisque les deux candidats étaient les plus impopulaires de l’histoire. Dans quelques jours, Jody rencontrera un avocat pour continuer son processus d’immigration vers le Canada, entamé il y a trois ans : « Je ne reviendrai pas en Amérique. Je veux faire du Canada ma maison, ce pays semble être le seul endroit sûr pour vivre aujourd’hui. »

Contacté par mail, le Ministère de l’immigration Canadien n’a pas souhaité faire de commentaire sur une possible augmentation des demandes venant des États-Unis, mais encourage les ressortissants étrangers à consulter son outil « Venir au Canada ».

 

*Les prénoms ont été modifiés.

The following two tabs change content below.

Camille Baron

Étudiante en troisième année de l'académie ESJ Lille.

Submit a Comment