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Les espagnols mécontents de l’élection de Mariano Rajoy

Les espagnols mécontents de l’élection de Mariano Rajoy
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Après plus de dix mois sans gouvernement, l’Espagne a enfin trouvé une solution … en réélisant Mariano Rajoy, qui était déjà Président du Conseil avant les élections du 20 décembre dernier, à la suite d’un débat d’investiture tendu.



Du 20 décembre 2015 au 29 octobre 2016. Voilà la période durant laquelle le Royaume d’Espagne s’est retrouvée sans gouvernement, laissant 46 millions d’habitants dans l’embarras. Dix mois au cours desquels aucun réel accord n’a été trouvé, avant que la décision finale ne soit donnée hier au Congrès des Députés de Madrid. Mariano Rajoy (PP, conservateur) est donc réélu à la tête de l’Espagne. Une investiture permise par le soutien des centristes de Ciudadanos, et surtout par une abstention du PSOE.

En Espagne, l’investiture d’un nouveau Président du Conseil se fait soit par un vote à la majorité absolue, soit deux jours plus tard par un vote à la majorité simple (celui du 27 octobre avait abouti à une courte défaite de Rajoy). C’est ce qui a permis à M.Rajoy d’être désigné Président du Conseil. Les responsables de chaque parti représenté au Congrès (quinze au total) viennent annoncer leurs intentions de vote pour annoncer et expliquer leurs intentions, puis le vote (nominatif et télévisé) se déroule. Chacun des 350 députés annonce publiquement son vote (ou son abstention).

 

Comme prévu, le PSOE a cédé

 

Et c’est donc cette abstention qui a été, comme prévu, choisie par les députés socialistes. C’est en effet ce qu’avait annoncé Antonio Hernando, le porte-parole du parti, en préambule du vote. Certains députés, fidèles à leurs convictions et à celles de leur ancien chef Pedro Sanchez, ont maintenu leur véto à l’investiture de Mariano Rajoy. Au nombre de quinze (sur quatre vingt dix siégeant au Congrès), ils risqueraient l’exclusion du parti ainsi qu’une amende. En effet, la plupart d’entre-eux ont décidé de s’abstenir, parfois par discipline comme ils tenaient à le préciser. Ce même Pedro Sanchez avait renoncé dans l’après-midi du samedi à son mandat de député, moins d’un mois après avoir été contraint à la démission de la tête du parti.

Le PP a donc bénéficié du soutien de Ciudadanos pour obtenir, exactement comme début septembre, 170 voix pour. Les 111 voix contre, d’Unidos Podemos et de partis régionaux minoritaires (plus les 15 du PSOE) n’ont pas suffi à empêcher l’investiture d’un Mariano Rajoy qui dévoilera son gouvernement jeudi prochain. En revanche et malgré son investiture, le nouveau Président du Conseil se retrouvera confronté à un Congrès qui ne lui est pas favorable (137 députés seulement), il devra donc se montrer convaincant pour faire passer ses futures lois.

 

Malgré cela, Rajoy ne fait pas l’unanimité

 

Malgré cette annonce, les citoyens espagnols ne sont pas forcément satisfaits de la réélection d’un homme qui n’aura jamais réussi à conquérir le coeur des électeurs. Sa personnalité froide, son implication dans des scandales de corruption ainsi que sa politique de rigueur extrême ou ses volontés très conservatrices lui sont entre autres reprochés.

En parallèle du vote d’investiture, une grande manifestation avait lieu à côté du Palais du Congrès. La Puerta del Sol, plus grande place madrilène, était remplie. Officiellement, 6 000 personnes ont manifesté, mais les organisateurs revendiquent plus de 150 000 participants, venus des quatre coins du pays pour entonner le slogan « No al golpe de la mafia », « contre le coup d’État de la mafia ».

Sur les même principes que le mouvement des « Indignés » en 2011, démarré le 15 mai de cette même année, cette manifestation s’est déroulée sous contrôle policier très strict. Plusieurs députés d’Unidos Podemos (seul grand parti qui n’a pas cédé à Rajoy) étaient présents de manière ponctuelle à cette manifestation. Le président du parti, Pablo Iglesias, n’a pas pu y prendre part, mais a fermement critiqué Mariano Rajoy, résumant son discours à la phrase « On ne change rien ».

À travers cette pique adressée au nouveau Président du Conseil, Iglesias montre son agacement à une société espagnole majoritairement conservatrice, comme en témoigne ce second mandat d’affilée que va commencer Rajoy. Néanmoins, beaucoup de spécialistes s’accordent à dire qu’à l’issue de ce mandat (en 2020), Podemos devrait gagner de plus en plus de terrain jusqu’à, pourquoi pas, être en mesure de gouverner. Même si beaucoup de choses peuvent se passer en quatre ans, une bonne partie de l’Espagne souhaiterait que cette prévision devienne réalité.

 

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Elio Bono

Étudiant en 1ère année à Sciences Po Paris (campus de Poitiers). Grand amateur de politique française et internationale mais aussi d'économie et de sport

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